Watership Down. Richard Adams

Watership Down (2)Voici un roman étonnant, une fable, un conte, une épopée… c’est beaucoup de choses en fait ce roman. C’est un roman où les animaux sont les héros, ce n’est pas forcément les romans que je préfère et auxquels j’adhère le plus, j’aime mieux le réalisme en littérature cependant je me suis laissée gagner par ce côté enfantin et ce conte.

Deux frères, le valeureux Hazel et le surprenant Fyver décident de fuir leur garenne menacée, ils sont suivis d’une poignée de lapins. Débute alors un trajet semé d’embûches pour trouver une nouvelle plaine plus accueillante, que de difficultés ! Et puis il faudra ensuite trouver des hases pour peupler cette nouvelle garenne. C’est donc une véritable épopée qui commence : que de dangers pour ces lapins, les renards, la pluie et les ruisseaux, les rapaces, les hommes… Ce récit met en avant la persévérance, la solidarité et le courage qu’il faut pour poursuivre son chemin. Une belle leçon donnée par ces lapins !

« La troupe était devenue plus méfiante, plus maligne ; les lapins savaient ce qu’ils voulaient, se comprenaient et travaillaient dans un esprit de solidarité. Plus de disputes. Ils s’étaient rapprochés les uns des autres, s’appréciant désormais avec moins de retenue, et comptaient davantage sur les compétences de chacun. Ils avaient conscience que leur survie dépendait entièrement de leur cohésion, et ils étaient bien décidés à ne rien gâcher de leurs atouts. « 

Watership Down, Richard Adams, Monsieur Toussaint Louverture (sept. 2016)

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une. Raphaëlle Giordano

Voici le genre de roman que je ne lis que très rarement (je crois que je ne pourrais pas d’ailleurs), pour moi c’est le vrai roman de gare, idéal pour un long voyage ou une après-midi sur la plage.

Ta 2e vie commence...L’histoire est très simple (voire pauvre) : Camille, trente-huit, a tout pour être heureuse mais pourtant elle est minée par les tracas quotidiens, l’impression de ne pas vivre la vie qu’elle désire, une légère déprime récurrente… Jusqu’à ce qu’elle rencontre Claude Dupontel, routinologue et oui ! Il va alors lui proposer un accompagnement pour l’aider  à retrouver le sourire et un épanouissement personnel. La partie romanesque a manqué pour moi d’envergure et d’ambition. Les « rebondissements » sont trop faciles et prévisibles et l’histoire n’est qu’un embryon d’intrigue. Il faut davantage penser ce roman en terme de livre de développement personnel.

C’est cet aspect qui m’a parfois dérangé : cette impression de lire un manuel théorique. les mots importants sont en gras suivis d’une explication qui est en réalité une définition. Je n’ai pas aimé la typographie : ces passages en gras pour les conseils de vie importants mais aussi les citations (comme s’il fallait se justifier), pas besoin de mettre en évidence ces éléments, le lecteur est assez grand pour percevoir l’essentiel !

« Il va falloir aussi apprendre à poser vos limites et à les exposer à votre entourage, poursuivit Claude. […] Encore faut-il ne pas confondre empathie sèche et empathie mouillée ! Avec l’empathie mouillée, vous prenez à votre charge le pathos de l’autre, vous absorbez ses émotions négatives et vous finissez par aller mal, vous aussi ! Avec l’empathie sèche, vous arrivez à entendre et compatir avec les problèmes de votre entourage, sans pour autant vous laisser contaminer par son humeur brutal. Cette sorte de bouclier de protection est très utile pour ne pas se laisser aspirer. » (p. 81)

Le thème m’a fait sourire : le problème de la routine… problème auquel nous sommes tous confrontés, pas toujours évident de s’en débarrasser (et puis ça peut être aussi confortable et rassurant). C’est là qu’est l’effet « manuel », des conseils donnés dans lequel j’ai perdu le romanesque.Ce qu’il faut retenir (et c’est une sage leçon) ce sont quelques unes des clés et astuces données pour repenser sa vie, sortir de sa morosité et de ses petites déprimes : voir le bon côté des choses, sourire, penser positif et oser sa vie et non la rêver.

Tous ces conseils de psychologie positive sont donc associés à un roman (malheureusement pas assez romanesque à mon goût) mais cela constitue un ouvrage idéal pour les vacances, il a le mérite de rappeler qu’en souriant et en s’accablant pas de tout, la vie est plus facile et plus belle.

Le Quinconce. Charles Palliser

IMG_0644 J’ai commencé ce roman tout en sachant que je n’avais pas la suite sous la main, je n’aime pas cette sensation et j’espérais bien que la fin ne soit pas trop abrupte… Réponse en fin d’article 😉

Dès le début j’ai été conquise par l’atmosphère, l’Angleterre, le XIXe siècle, un petit village perdu… Comment aurais-pu résister ? L’intrigue démarre tout de suite.

Le jeune John Huffam est élevé modestement par sa mère mais surtout celle-ci semble le tenir à l’écart de la société. Entouré de sa mère et de sa nourrice, l’intransigeante FullSizeRenderBisett, Johnnie n’a presque aucun contact avec des enfants de son âge. Un jour, désobéissant aux ordres maternelles, il rencontre Henrietta, la fille des châtelains du domaine voisin Hougham. Tout démarre, événements étranges, personnages troublants, quête de la vérité ! John comprend que son lignage (dont sa mère refusait de parler) est lié à celui de ces châtelains. Sa mère semble terrorisée et ne préfère pas trop fouiller le passé par crainte que l' »ennemi » ne s’en mêle. Têtu et effronté, John décide tout de même de continuer à fouiller son passé, il part à la quête de son identité !

« Le passé excitait de plus en plus ma curiosité. D’où venais-je ? Où ma mère avait-elle vécu ? Elle abhorrait les questions que je lui posais à ce propos, et jamais elle ne m’avait mis au fait de rien, sinon de ceci, qu’elle avait grandi à Londres. » (p. 82)

IMG_0680Le Quinconce est une fresque familiale dans laquelle je n’ai lu que le premier tome. Dans ce tome, les jalons de l’intrigue sont posés. L’intrigue se noue et peu d’éléments sont dénoués mais on sent qu’il y a des indices pour la suite. L’intrigue sera complexe à n’en pas douter. Maintenant grand dilemme pour moi : est-ce que je commande la suite ou est-ce que je laisse mon imagination travailler ?

Le Quinconce, Tome I, Charles Palliser, éditions Libretto, janvier 2015

Rencontre, J. De Romilly

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Comment parler de ce roman ? Un récit court, des personnages peu nombreux, une intrigue simple…. et pourtant je me suis sentie bercée par les mots de Jacqueline de Romilly, par le calme de ce roman, par cette quête amoureuse.

Il s’agit bien de cela, Rencontre est l’histoire d’une quête amoureuse. Anne, veuve âgée de trente-quatre ans, croise Paul, son ancien amour au jardin du Luxembourg. Tout part de cette rencontre ou plutôt de ce regard échangé : est-ce bien lui ? une certitude puis le doute mais vite il faut le retrouver. C’est le début de la quête : recherche de Paul au jardin puis retour dans le passé pour retrouver les amis communs ayant pu maintenir des contacts avec lui, ensuite suivre sa trace en Belgique et laisser des messages. Il faut retrouver cet amour oublié (peut-être pour le faire revivre) mais n’est-ce pas plutôt la recherche d’un amour perdu et idéalisé ou tout simplement la recherche de l’amour ?

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Finir ma lecture avec une tasse de Vanille des Îles de Mariage Frères

Cette lecture fut agréable malgré un léger bémol : j’aurais aimé davantage de passion chez Anne et surtout je n’ai pas trouvé l’atmosphère que j’y cherchais (et que j’avais espéré en voyant la couverture). Rencontre demeure néanmoins un roman aux mots simples mais fins, j’ai aimé cette fraîcheur dans le ton et cette simplicité dans l’approche des personnages.

« Car les hasards de l’histoire peuvent être bons ou bien mauvais, mais ils sont là pour être acceptés. Ils sont ce qui arrive. Ils sont ce qui vous échoit. Ah ! bien sûr, il peut se faire que l’on veuille les forcer : on veut choisir et diriger. » (p. 241)