Circé. Madeleine Miller

Madeleine Miller propose dans ce roman un voyage au cœur de la mythologie. De Circé, je ne connaissais pas grand chose, hormis lorsqu’elle transforme les compagnons d’Ulysse dans L’Odyssée. Cette lecture fut donc une belle découverte. J’ai donc appris la naissance de Circé, fille de Persé et d’Hélios, son enfance est plutôt difficile, ignorée par son père, moquée par ses frères et sœurs, elle ne trouve pas sa place, elle ne sait pas réellement qui elle est. Et puis la rencontre avec Promethée lui permet de découvrir les pharmaka : « Ces fleurs jaunes qui poussent grâce ai sang versé par Chronos et qui changent toute créature en son moi véritable. » (p. 93). Ce don pour les potions et la sorcellerie devient salvatrice.

Dans ce roman qui est un véritable voyage littéraire, on rencontre Jason, Médée, celle qui deviendra la terrifiante Scylla. Un des chapitres que j’ai particulièrement aimé ce fut celui avec le Minotaure, le fils de Minos. La relation entre Dédale et Circé est longuement évoquée, c’est un des personnages récurrents de la vie de Circé. Au fils des rencontres avec les mortels ou des oppositions avec les dieux et déesses, notamment Athéna, Circé améliore ses potions et s’isole sur son île d’Aeaea.

« Laissez-moi vous expliquer ce que la sorcellerie n’est pas : ce n’est pas un pouvoir divin, qui vient en un clin d’œil, d’une simple pensée. Elle nécessite d’agit, de manipuler, de planifier, rechercher, fouiller, sécher, couper et moudre, bouillir, parler et chanter. et même après toutes ces étapes elle peut échouer, ce qui n’arrive pas aux dieux. » (p. 124)

Les pages que j’ai adorées c’est toutes celles concernant Ulysse, la deuxième partie du roman est extraordinaire. L’arrivée d’Ulysse, les premiers jours passés avec lui, ses récits… ce sont des pages tellement agréables. J’ai découvert cette histoire du point de vue de Circé (puisque c’est elle la narratrice), elle l’observe, le regarde, elle est fascinée par lui, elle apprend de lui, elle grandit. On découvre Circé, femme, maîtresse, épouse. Je ne dis rien de plus mais tout ce qui suit le départ d’Ulysse m’a totalement surprise. Ulysse n’est apparu sous un autre jour, ce fut un ravissement de lire ça et puis Télégonos, sa relation avec lui, Télémaque, Pénélope… quel plaisir de croiser tous ces personnages !

Harry Potter à l’école des Sorciers. J.K Rowling

Harry PotterIl est temps d’avouer : je n’ai jamais lu Harry Potter… enfin je n’avais jamais lu Harry Potter jusqu’à la semaine dernière. J’ai vu quelques films donc bien évidemment je connaissais et l’univers et l’histoire (d’autant que les élèves m’en parlent souvent). Donc en ce mois anglais, il me fallait combler cette lacune culturelle et littéraire.

Je suis bien contente de ma lecture. Je ne dirais pas un mot de l’histoire : tout le monde connaît ce roman aux aventures ensorcelantes. Ce qui m’a séduite c’est plutôt tout l’univers que J. K Rowling a créé dès ce premier roman. Poudlard semble déjà tout pensé. Alors bien sûr c’est fantastique mais ça paraît presque réaliste dans la description de cette école de magie. Je comprends la puissance d’attraction que ce texte peut avoir sur les ado: cette école, ces codes, ces « maisons », les parties de quidditch, les pouvoirs magiques… tous l’univers de la magie est agréable et envoûtant (du choix du matériel scolaire à l’achat du balai) et puis les personnages sont déjà tous bien définis avec des personnalités bien marqués : l’érudit Hermione mais non moins forte, le craintif mais fidèle Ron, Harry évidemment mais tous, que ce soit Hagrid, le Pr McGonagall, Rogue… Ca m’a impressionné que tout soit déjà « posé » (j’espère que vous comprenez ce que je veux dire). Autre point, c’est un roman qui présente de nombreuses valeurs : la fidélité, l’amitié, la loyauté mais pas seulement le respect des règles, le courage, la solidarité. Enfin dernier point que je voudrais aborder, c’est l’écriture : j’ai trouvé que ce n’était pas si enfantin, ni si simple… il y a du vocabulaire, des tournures de phrases complexes, de l’ironie, des sous-entendus, de l’humour… un texte travaillé avec des personnages intéressants et un univers envoûtant… et voilà je comprends le succès ! Je ne vais pas m’entendre plus car tout a déjà été dit mais ça fait plaisir de combler de telles lacunes !

Swap 2019

IMG_0750Chaque année, avec ma chère et tendre Romanza du blog Près de la plume,  nous organisons notre SWAP de rentrée, d’automne, de vacances… bref en septembre et octobre on s’organise un petit rendez-vous pour venir nous rebooster en cette période souvent difficile. On parvient à se retrouver un petit créneau similaire pour ouvrir nos paquets. Auparavant on avait défini un thème, cette année, c’était La littérature, au-delà de la réalité… les contes, les récits merveilleux ou fantastiques… toute littérature qui se risque à développer un univers bien particulier.

Mercredi dernier, après de multiples rebondissements de créneaux, nous avons finalement trouvé un petit moment d’ouverture simultanée. Dès l’ouverture du paquet, je suis heureuse. Elle soigne ces emballages ❤ et tout est fait avec amour. Un mot m’attendait, il me guidait dans l’ouverture des différents paquets, sur chacun d’eux un verbe inscrit qui menait à un autre… j’ai adoré !

Au fur et à mesure, ce ne fut que joie. La sélection des ouvrages est PARFAITE ! Quant aux différents petits cadeaux, de la tisane, du chocolat, une tasse trop mignonne, des carnets, des marques-pages, une bougie, un joli magnet et du masking tape rose pailletée, c’était parfait aussi ! Un brin girly et de quoi profitez de cette saison automnale ! Et oui la saison des plaids, des tisanes, des bougies et des lectures au coin du feu va commencer ! j’ai hâte de passer de douces soirées à lire! Parlons donc des livres : j’ose avouer, je n’ai jamais lu Harry Potter, j’ai vu quelques unes des adaptations mais je n’ai jamais lu le roman. Honte à moi, mais bientôt j’aurais comblé cette lacune. Vient ensuite la dystopique La servante écarlate de Margaret Atwood. J’avais commencé la série et puis je m’étais dit que j’aimerais mieux lire d’abord! Ce sera bientôt chose faite. Je trouve l’édition, Robert Laffont, très agréable en plus. Ensuite un conte qui m’a l’air tout doux Une petite princesse de Frances Hodgson Burnett, une princesse qui devient une servante misérable. Et enfin La passe-miroir, les fiancés de l’hiver de Christelle Dabos. Cela semble être un coup de cœur général, j’espère à mon tour plonger dans ce roman ! Alors elle n’est pas belle cette sélection ? Il n’est pas parfait ce colis ?

 

Les Brumes de l’apparence, F. Deghelt

Les brumes de l'apparence 2

Ce roman est une belle découverte même si j’ai un petit bémol concernant la fin que j’ai trouvée trop rapide et trop facile. J’aurais voulu en savoir davantage sur l’avenir de cette maison hantée et savoir ce qu’il en advenait. Mais tout le reste j’ai adoré ! J’ai éprouvé un réel plaisir à lire même lorsque ce n’était que quelques pages.

L’héroïne, Gabrielle, mène une vie de parisienne bien réglée avec des certitudes. Tout va comme lui échapper lorsque, à la veille de ses quarante ans, elle hérite d’un bout de terre au milieu de nulle part, un bout de terre avec une forêt, une masure en ruine et une rivière chantante. Pour elle, la campagne c’est impossible et invivable. Il faut tout vendre néanmoins c’est sans compter sur la réputation de cette terre appelée dans le village la forêt des sorciers. Ce lieu étrange va envoûter Gabrielle mais également tout ce qu’elle va découvrir sur sa famille et sur elle-même. Sorciers, malédictions, magie, coupeur de feu, médium… tant de phénomènes bouleversants que Gabrielle va devoir appréhender menant à une remise en question de toutes ses « croyances » et plus largement de sa vie.

Les brumes de l'apparence1C’est un roman intriguant aux portes qui claquent toutes seules et aux murs dégoulinants de sang… un genre de roman que je lis assez peu mais je reconnais que ce monde m’a charmée et que cette lecture fut agréable (malgré les frissons ressentis lorsque les personnages étaient dans la maison hantée par le Maléfique !). Un moment apprécié !

 « J’attends l’ondine, la musique, la fée qui soulèverait le rideau de branches d’un saule pleureur. Je me penche au-dessus de l’eau, tends une main qui effleure le miroir glacé. Je bois, me mouille le visage. Quoi ? Personne n’achèterait ce paradis en croyant aux sordides racontars de ces villageois trop couards? » (p.46)

Un bûcher sous la neige, Susan Fletcher

Un bûcher sous la neige

Ma dernière lecture de 2015 fut une petite déception. J’avais envie d’un livre hivernal, sur ce point ce roman ne m’a pas déçu. L’hiver est là, la neige est abondante et le froid est rude. C’est davantage l’intrigue qui ne m’a pas emballée. Je ne suis pas entrée dedans.

Nous sommes dans les Highlands au XVIIe siècle. Corrag, une jeune fille accusée de sorcellerie croupit dans un cachot en attendant d’être brûlée sur un bûcher. Elle reçoit les visites du pasteur Charles Leslie qui l’interroge sur les massacres du clan MacDonald à Glencoe dont elle a été témoin (fait réel dont l’auteur s’est inspiré). Ce récit de Corrag est entrecoupée de brèves lettres du pasteur à sa femme. Dans ces lettres, on voit qu’il évolue, la « sorcière » devient peu à peu à ses yeux une jeune femme épris de liberté et de connaissances en botanique.

Voilà dur d’en écrire plus… je retiendrai de ce roman les pages où Corrag décrit la nature et son lien avec l’hiver qui est « sa » saison.

« Il y a des gens qui parlent du destin. Moi, je n’utilise pas ce mot. Je pense que nous avons des choix à faire. Je pense que c’est nous qui traçons le chemin de notre vie et qu’il ne faut pas mettre tous nos espoirs dans les songes et les étoiles. Peut-être pourtant que les songes et les étoiles peuvent nous guider. Et la voix du cœur est forte. Toujours.

L’écouter, voilà mon conseil. » (p. 189)