L’aube sera grandiose. Anne-Laure Bondoux.

L'aube sera grandioseD’Anne-Laure Bondoux, je connaissais Tant que nous sommes vivants que j’avais beaucoup aimé (et que je conseille chaque année à mes élèves), alors quand j’ai commencé à voir des publications sur ce roman, j’ai été tout de suite très attirée. La couverture magnifique m’a encore plus donné envie et la 4e de couverture a achevé de me séduire.

« Malgré les souffrances qu’il lui avait infligées, elle voulait encore croire en des jours meilleurs, et en cette aube grandiose qu’il faisait naître avec des mots. » (p.227)

Ce roman, c’est avant tout une histoire de famille, celle de Titania qui raconte à sa fille Nine, l’histoire de sa famille. Alors que c’est le soir de la fête du Lycée, Titania emmène sa fille dans sa voiture jusqu’à une cabane à l’allure abandonnée au bord d’un lac dans la forêt. Titania a décidé de lui raconter son passé, un passé qu’elle a jusqu’à présent bien caché. C’est alors que commence une nuit de discussion mère-fille, une nuit de confidences, une nuit de révélations… et quand l’aube se lèvera, ce sera une nouvelle vie. Titania raconte donc son enfance, évoque son père et sa mère mais aussi ses frères, Orion et Octobre. Et les chapitres sont ponctués de dessins, très jolis. Cette histoire est fascinante, chaque chapitre se lit avec bonheur, chaque rebondissement est un délice, le suspens monte petit à petit. J’ai trouvé la fin très poétique et positive, un élan vers l’avenir, une fin solaire où un vent de liberté et de fraîcheur se fait sentir… Les personnages sont très attachants et tendres : la mère et la fille, face à face, ces révélations, ces interrogations, ces incompréhensions… une nuit si particulière fascinante et émouvante.

La pluie, avant qu’elle tombe. Jonathan Coe

Deuxième lecture pour le mois anglais… et deuxième belle découverte. De Jonathan Coe je n’ai lu que Le Testament anglais qui ne m’a laissé aucun souvenir mais voilà j’ai décidé de redonner une chance à cet auteur et j’ai eu raison.

La pluie, avant qu'elle tombeLe titre est très énigmatique mais très poétique, il est expliqué plusieurs fois dans le roman et j’aime quand les titres évoquent un passage du roman. La Pluie, avant qu’elle tombe raconte le parcours de 3 femmes ou plutôt devrais-je dire le parcours. Ca commence doucement et puis ça va crescendo. Gill apprend la mort de Rosamond, une vielle tante qu’elle n’a pas vu souvent. Mais voilà que Rosamond a laissé des cassettes enregistrées pour une mystérieuse Imogen… Après l’avoir cherché et avoir déposé des annonces dans les journaux, Gill ne la trouve pas, elle décide alors d’écouter les cassettes. C’est alors que la voix de Rosamond intervient : à partir de photographies qu’elle décrit, elle raconte ses souvenirs, ses quarante dernières années et elle remonte le passé d’Imogen : sa mère Théa et sa grand-mère. On suit alors avec passion et intérêt la vie de ses femmes, de ses trois générations : trois femmes tourmentées par la difficulté d’aimer, leur rôle de mères de famille… Jonathan Coe pose alors la question de ce qu’on laisse aux générations suivantes, la question de l’incidence de nos vies sur la génération suivante : y a-t-il un lien entre les générations ? y a-t-il une logique entre les destins de femmes issues d’une même famille ?

Ce roman est écrit avec beaucoup de délicatesse, de subtilité et de tendresse avec une progression parfaite vers la révélation finale. On entre, avec élégance, dans la vie intime de ces femmes et les derniers chapitres sont passionnants. J’ai donc renoué avec Jonathan Coe.

Fugitive parce que reine. Violaine Huisman

Fugitive parce que reineJe ne sais pas pourquoi j’ai choisi ce roman, sûrement parce que je l’ai beaucoup vu sur les réseaux sociaux, certainement parce que je trouve le titre splendide et énigmatique. Les premières sont décevantes… j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, à en saisir le sens, la fameuse intention de l’auteure me venait pas à moi. Et puis au fil des pages, petit à petit je me suis laissée embarquer, tout doucement et presque sans que je m’en rende compte pour finir par avoir une gorge serrée d’émotions à la dernière ligne.

Violaine Huisman raconte son enfance mais surtout dresse le portrait de sa mère, une mère maniaco-dépressive, une mère plein de fêlures et de défaillance cependant elle est une mère aimante et c’est ce que retient la narratrice. Une mère consciente de ses faiblesses, elle lit Dolto, pourtant elle ne peut s’empêcher d’être ce qu’elle est, passant des gifles, des cris, des pleurs aux bisous et aux déclarations, elle est instable et imprévisible. Ce roman autobiographique raconte cette relation mère-fille, une relation bien que compliquée et qu’imparfaite, qui m’empêche pas cette mère d’être une reine aux yeux de ses filles. J’ai aimé l’évocation de cette vie mouvementée, chaotique et surtout les réflexions autour de la question des classes sociales. J’ai trouvé que cela revenait très souvent. Violaine Huisman tente aussi de raconter la vie de sa mère, l’enfance meurtrie  de sa mère, elle-même auprès d’une mère cruelle et indifférente, son internement en hôpital psychiatrique où elle ne reçoit aucune visite, même pas celle de sa mère : comment se construire alors comme adulte ? Catherine s’accrochera aux hommes avec ce besoin constant et vital d’être aimée. Dans ce parcours heurté et chaotique, l’amour est omniprésent. J’ai trouvé que les dernières pages montraient parfaitement ce lien fusionnel entre cette mère et ses deux filles. Ces dernières pages sont très touchantes et très belles, une déclaration pour cette mère qui a essayé de faire du mieux qu’elle pouvait.

« Quand elle se retrouvait à table avec ces personnalités de l’intelligentsia parisienne, elle répétait les noms qu’elle avait entendu papa prononcer sans discrimination de grandeur ou de célérité. » (p.106)

« Fugitive comme un astre derrière un nuage, elle reparaît moins vite, éteinte mais pas tout à fait perdue. Ce n’est pas son heure. Il faut encore lutter. » (p.142)

Les dames de Kimoto. Sawako Ariyoshi

La dame de Kimoto 1Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de littérature asiatique et plus spécifiquement japonaise. D’habitude je trouve leurs mots crus, parfois secs mais là ce fut tout le contraire. Sawako Ariyoshi use de mots doux et de délicatesse dans son expression. Elle insiste sur de nombreuses valeurs pour montrer l’importance de la tradition nippone dans l’éducation des filles (puisque le roman se concentre autour des personnages féminins).

Les dames de Kimoto raconte l’histoire de trois générations de femmes japonaises issues de cette famille ancienne et aisée. J’ai beaucoup aimé la relation entre Hana et sa grand-mère Toyono, cette grand-mère dévouée à sa petite fille mais surtout qui cherche à lui apprendre tous les codes, toutes les superstitions, tous les rites, toutes les coutumes nippones pour en faire une femme japonaise parfaite. Le mariage de Hana l’éloigne de sa grand-mère mais elle n’oublie jamais tout ce que la vieille femme a appris et tout ce qu’elle lui doit. Hana devra ensuite vivre dans la famille de son mari et élever ses enfants, notamment sa fille Fumio. A une époque charnière du Japon, à l’aube de la première guerre mondiale, Fumio refuse le rôle de femme soumise de sa mère. Fumio est une jeune fille brillante et rétive à l’apprentissage des arts traditionnels. Elle choisit ses études et milite pour la libération des femmes se mariant avec l’homme de son choix. Hana souffre de cette fille mais elle renoue et retrouve de l’apaisement avec sa petite-fille Hanako. Décidément les relations grand-mère petite-fille m’ont attendries.

La dame de Kimoto 2Ce roman retrace donc l’évolution de la condition féminine, du Japon traditionnel de l’ère Meiji de la fin du XIXe siècle jusqu’après la seconde guerre mondiale à travers la figure centrale de Hana. Une belle saga familiale nippone.

« Depuis plus de vingt ans,sa vie et celle de Hana ne faisaient qu’un. Mais à présent, elles ne seraient plus jamais unies, pas même dans le tombeau familial. Hana se sentait étroitement liée à sa grand-mère. La conscience de leur commun destin féminin les rapprochait plus que jamais. » (p.25)

La neuvième heure. Alice Mc Dermott

La neuvième heureUn mois pour lire ce roman… la rentrée est passée par là et je déteste prendre autant de temps pour lire un roman. J’ai le sentiment que ça me fait passer à côté d’une partie de l’histoire. Je me sens beaucoup moins dans un livre quand c’est comme ça, je m’attache moins aux personnages parce que je me sens plus éloignée. Ce fut malheureusement le cas avec cette lecture.

A Brooklyn, dans le quartier irlandais, au début du XXe siècle, Annie, une jeune immigrée enceinte, trouve en rentrant chez elle le corps de son mari qui s’est suicidé. Ainsi début le roman d’Alice McDermott. Venue prendre la relève des pompiers, sœur Saint-Sauveur, épuisée par une journée à faire l’aumône, s’occupe de la jeune femme. Très vite, les sœurs se mobiliser pour aider cette jeune femme à subvenir à ses besoins. Tandis que les sœurs s’occupent de sa fille Sally, Annie travaille dans la blanchisserie du convent. L’enfant grandit dans ce couvent, son éducation est religieuse et soeur Jeanne veille à lui enseigner la vision optimiste de la foi.

La partie que j’ai préféré c’est lorsque Sally, jeune femme, commence à accompagner les sœurs, sœur Lucy et sœur Jeanne, au chevet des malades misérables.  Une plongée alors dans les petites maisons des immigrés et dans leur vie difficile. Les descriptions se font alors très réalistes et les maux décrits sont durs.

Entre l’agrégation, le collège, les enfants et la maison, je pense que mon rythme de lecture va sacrement diminuer. Je vais me concentrer sur mes lectures pour le boulot ou des lectures très courtes.

Nina par hasard. Michèle Lesbre

Nina par hasardEncore une relecture… je ne sais pas pourquoi j’ai choisi celui-ci dans ma bibliothèque. Une envie de retrouver cette plume qui m’avait marquée il y a quelques années et que je n’ai presque plus relu depuis. Michèle Lesbre, pour moi, c’est d’abord une écriture toute en retenue et en souplesse. Rien ne vient heurter les phrases ou l’intrigue. Il y a une forme de sérénité et de poésie dans sa plume mais aussi une mélancolie, on perçoit de la tristesse et entre les lignes on perçoit quelques drames.

Nina est apprentie coiffeuse à Roubaix. Pour l’anniversaire de sa mère, elle a décidé de trouver Le cadeau. Cette recherche est l’occasion de penser à sa mère, ouvrière dans une usine de textile. Nina repense aussi aux collègues de sa mère, à l’usine et ses conditions de travail, aux luttes pour la survie (le côté social du roman)… et puis elle repense à son père, aux amants de sa mère, aux dimanches dansants. Nina vit en vase clos avec sa mère, une relation à deux interrompue de temps à autre par un amant. Nina aimerait exister davantage, mais que faire pour exister davantage aux yeux  de sa mère? C’est pour cela qu’elle profite de ce premier jour de congé pour trouver LE cadeau qui les réunira le temps d’un week-end. Le week-end à la mer est alors une possibilité d’évasion, d’ailleurs mais il faudra faire avec les aléas de la vie : la blessure de Louise à l’usine, le patron Delplat et sa coupe traditionnelle du vendredi…

« Dans une pièce de Tchekhov, il y a une fille prénommée Nina. Elle rêve d’être comédienne, mais surtout elle rêve d’autre chose, d’un ailleurs, de ce qui pourrait donner du sens à sa vie. Un personnage vraiment magnifique. […]

Le lendemain matin, alors que ma mère et moi tentions, chacune assise à un bout de la table, de nous réveiller, j’ai eu envie de savoir pourquoi ils m’avaient donné ce prénom, mon père et elle. Connaissait-elle cette pièce de théâtre ? Je ne le pensais pas.

– Au fait, pourquoi m’avoir appelée Nina ? ai-je demandé.

– […] Ecoute ma chérie, je n’en sais rien du tout, c’est arrivé comme ça, par hasard. Il ne te plaît pas ce prénom ? (p.81)

Après cette relecture, j’ai envie de poursuivre avec La Petite trotteuse et Un lac immense et blanc qui sont sur mes étagères et que j’avais lu dans la foulée, et puis il me faudrait découvrir Le Canapé rouge… bref j’ai encore de jolis instants de lecture qui m’attendent, reste à trouver le temps !

Nina par hasard. Michèle Lesbre. Editions Sabine Weispeser (au passage, j’adore cette édition, les pages sont d’un blanc lumineux, c’est épuré, la forme carrée est parfaite ! C’est toujours un délice de lire dans cette édition.)

Les filles de l’ouragan. Joyce Maynard

 Voici un joli petit roman bien agréable à lire traitant d’un thème que j’affectionne : les liens familiaux. Ruth Plank et Dana Dickerson sont nées le même jour, le 4 juillet 1950, dans un petit bourg de deux familles différentes. Ruth Plank est la cinquième fille d’un couple de fermiers. Dana est le second enfant d’un couple d’artistes. A priori, tout les oppose, pourtant la mère de Ruth, année après année, maintient le lien entre les deux familles, entre les deux « sœurs d’anniversaire ».

Les filles de l'ouragan

Ruth est mon personnage préféré : physiquement très différente de ses sœurs plus âgées, elle s’intéresse à la terre (contrairement à ses sœurs) et surtout à l’art. Elle dessine, griffonne partout. J’ai aimé le lien qu’elle noue avec son père, un lien de complicité (les baignades dans l’étang) et de partage sur la gestion de la ferme et des plantations. On sent qu’il s’agit de sa préférée et qu’il souhaite lui transmettre l’amour de sa terre, ce que Ruth a en elle aussi. Avec sa mère, c’est plus compliqué. Elle se sent mal à l’aise, pas à sa place, incomprise. Elle voudrait que sa mère la câline, lui coiffe les cheveux avec tendresse mais elle sent une distance et n’ose être elle-même avec sa mère.

Dana ne se sent pas proche du tout de ses parents, faut dire que c’est une famille assez désunie et instable. George, le père, est un farfelu. Sa mère, Val, est une artiste. Le couple déménage sans cesse et n’offre pas un cadre rassurant ni protecteur à ses enfants. D’ailleurs, Ray, l’aîné, que Dana admire et qui représente le seul membre de la famille dont elle se sent proche, quitte le foyer familial rapidement.

J’ai aimé ces histoires de famille. Joyce Maynard alterne un chapitre sur Ruth, un chapitre sur Dana. On suit leur enfance jusqu’à l’âge adulte et même si j’avais compris le secret bien avant sa révélation, cela ne m’a pas gâché ma lecture (il faut dire que j’avais encore des doutes concernant une partie du secret). Joyce Maynard égraine moultes indices au fil de sa narration qui traite des différents sujets : l’agriculture moderne vs l’agriculture traditionnelle et notamment la culture des fraises (lisez ce roman en mangeant des fraises, j’en salivais !), la guerre du Vietnam, l’homosexualité…

Je dois dire que c’est assez perturbant comme secret mais j’ai aimé que l’auteur arrive à maintenir une harmonie. Les vies parallèles de Ruth et Dana se croisent et se frôlent, chacun rencontre des difficultés mais le ton et l’atmosphère demeurent paisibles, un calme règne dans ce roman. Je n’ai pas ressenti d’urgence, de révolte exagérée… les émotions sont canalisées et c’est très agréable à lire. Une lecture idéale pour le printemps (sans oublier le bol de fraises !)

Les filles de l’ouragan, Joyce Maynard, 10/18 (mai 2013)

Aquarium. David Vann

AquariumPar où débuter ? Ce roman m’a surprise… je ne savais pas à quoi m’attendre et au fil des pages, je craignais d’en découvrir plus… une lecture en apnée un peu angoissante.

Ça commence tout doucement à l’aquarium. Des allées sombres, une petite fille qui connaît tous les poissons, un monde métaphorique qui fait écho à son univers mais qui lui offre aussi une bulle d’oxygène, de quoi s’échapper de son quotidien. Une jeune adolescente, Caitlin, douze ans, se réfugie à l’aquarium tous les soirs après l’école en attendant que sa mère vienne la chercher après son travail. Elle admire les profondeurs marines et connaît le moindre de ses habitants. C’est là qu’elle rencontre un vieil homme qui partage sa passion et bientôt ses discussions.L’homme révèle son identité, lorsque la mère de Caitlin découvre cela, le récit bascule d’une façon inattendue, pour moi… J’ai trouvé qu’à ce moment -là, le personnage de la mère prend une tout autre dimension, elle se révèle également mais d’une façon cruelle, violente. J’ai eu du mal à éprouver de l’empathie pour cette mère ou même de la compassion tant ce qu’elle fait subir à sa fille m’a semblé violent… (même si ce qu’elle a subi l’est tout autant).

Aquarium lectureJ’attendais le dénouement avec impatience… après une telle montée en violence et un tel drame, comment le roman pouvait s’achever ? Je n’avais aucune envie que le drame continue tellement je me sentais mal à l’aise et en même temps une fin heureuse me semblait inenvisageable… Comment imaginer un apaisement des tensions et qu’une vie « ordinaire » puisse reprendre après de tels actes et de telles révélations ? Mais une fois de plus j’ai été surprise, l’auteur trouve une parade… un entre-deux où une forme de « paix » est rétablie. Et pour nous aussi, lecteur, je suis sortie « soulagée » mais pas indemne de cette fresque familiale.

Et puis dernier élément que j’ai aimé de ce roman, c’est l’amour, un amour juvénile… une page de douceur et de sensualité… pudeur, grâce, désir… de belles lignes sur un amour qui vient adoucir le drame et guérir ou plutôt apaiser les blessures du passé…

« La vraie vie ressemblait davantage à l’océan, où n’importe quel prédateur pouvait surgir d’un instant à ‘autre. » (p. 56)

Une lecture surprenante, glaçante, marquante… et un billet totalement décousu 😉

David Vann, Aquarium, Gallmeister, octobre 2016

Ca aussi, ça passera. Milena Busquets

ça aussi ça passera

Voici un  étonnant roman. Il traite du deuil mais aussi de l’amour, de l’amitié le tout avec une certaine forme de superficialité et d’insouciance (dû peut-être à la période des vacances dans laquelle le roman se déroule).

Après le décès de sa mère, Blanca quitte Barcelone pour rejoindre sa maison familiale située à Cadaquès. Elle ne part pas seule mais emmène ses deux enfants (plutôt logique), ses deux ex-maris (un peu étrange tout de même) ainsi que ses meilleures amies. Cherchant le réconfort et l’apaisement dans ce lieu empreint de souvenirs, elle se remémore sa mère, premier et dernier amour de sa vie, mais aussi (et beaucoup) ses relations avec les hommes fondés sur le coup de foudre et donc vouées à l’échec. Entre sieste dans un hamac, soirée alcoolisée (sans compter quelques joints) et balade sous le soleil, Blanca tente de se reconstruire mais cela lui semble douloureux et long.

Milena Busquets évoque ici la relation mère-fille et à travers les souvenirs se dessine le portrait de la mère, une mère libre et exigeante, une mère à la fois admirée et détestée. Un roman que j’ai lu facilement malgré le sujet pesant (mais contre balancé aussi par de nombreuses scènes de sexe). L’ensemble m’a semblé trop frivole et j’ai trouvé le personnage de Blanca peu attachant. Une lecture en demi-teinte donc.