De Pierre et d’os. Bérengère Cournut

De pierre et d'osVoici un roman qui m’a happée… Le dépaysement est absolu. J’ai voyagé au pays des Inuits, j’ai dormi dans des igloos, j’ai regardé la nuit sans fin et j’ai marché sur la banquise dans le froid piquant et la pénombre des jours d’hiver. Grâce à cette plongée chez le peuple Inuit, j’ai découvert quelques coutumes et traditions et surtout cette omniprésence des esprits.

J’ai suivi avec passion le parcours de Uqsuralik, jeune femme Inuit qui, alors que la banquise se brise, se retrouve séparée de sa famille. Livrée à elle-même, elle va devoir survivre afin de rencontrer d’autres êtres vivants. L’entraide et la solidarité occupent une place primordiale sur la banquise. Les saisons se succèdent, on passe de l’iceberg à la toundra, tour à tour, Uqsuralik cohabite avec d’autres tribus, mais au fil de ses rencontres, elle poursuit sa quête intérieure. Peu à peu elle se perfectionne dans ses techniques de chasse, apprend les traditions chamaniques, se découvre ses désirs de maternité. Je ne connaissais rien des chasseurs nomades de l’Arctique, leurs conditions de vie est fascinante. Proche de la nature, associée avec elle, ils subissent de plein fouée les conditions climatiques, le réchauffement et les modifications de la nature sont évoqués très discrètement. Ce n’est pas le sujet du roman, le centre du roman c’est cette vaillante héroïne. Uqsuralik chasse le phoque dans les fjords, quette le renard sauvage ou l’ours, cueille des baies dans la toundra mais il faut aussi construire un abri et lisser les peaux pour s’en faire des habits. C’est aussi une belle plume que j’ai découverte, une plume de conteuse, une plume de poétesse car le roman est parsemé de différents chants chamaniques.

Ce roman est aussi un très bel objet. Je ne connaissais pas les éditions Tripode mais je suis séduite. La couverture est magnifique, les tonalités correspondent parfaitement à ce que j’imagine de l’histoire et surtout ce recueil est assorti d’un dossier photo en noir et blanc sur les Inuits.Un récit emprunt d’écologie, de spiritualité et de féminité.

Watership Down. Richard Adams

Watership Down (2)Voici un roman étonnant, une fable, un conte, une épopée… c’est beaucoup de choses en fait ce roman. C’est un roman où les animaux sont les héros, ce n’est pas forcément les romans que je préfère et auxquels j’adhère le plus, j’aime mieux le réalisme en littérature cependant je me suis laissée gagner par ce côté enfantin et ce conte.

Deux frères, le valeureux Hazel et le surprenant Fyver décident de fuir leur garenne menacée, ils sont suivis d’une poignée de lapins. Débute alors un trajet semé d’embûches pour trouver une nouvelle plaine plus accueillante, que de difficultés ! Et puis il faudra ensuite trouver des hases pour peupler cette nouvelle garenne. C’est donc une véritable épopée qui commence : que de dangers pour ces lapins, les renards, la pluie et les ruisseaux, les rapaces, les hommes… Ce récit met en avant la persévérance, la solidarité et le courage qu’il faut pour poursuivre son chemin. Une belle leçon donnée par ces lapins !

« La troupe était devenue plus méfiante, plus maligne ; les lapins savaient ce qu’ils voulaient, se comprenaient et travaillaient dans un esprit de solidarité. Plus de disputes. Ils s’étaient rapprochés les uns des autres, s’appréciant désormais avec moins de retenue, et comptaient davantage sur les compétences de chacun. Ils avaient conscience que leur survie dépendait entièrement de leur cohésion, et ils étaient bien décidés à ne rien gâcher de leurs atouts. « 

Watership Down, Richard Adams, Monsieur Toussaint Louverture (sept. 2016)

Les albums de mon grand

Mon grand a toujours lu, il a toujours aimé écouter des histoires ou se poser seul avec ses livres. En ce moment il aime beaucoup ses documentaires mais le soir, j’insiste on lit une histoire « pour pouvoir faire de jolis rêves après ». Il demande souvent de lui lire une histoire, il choisit alors seul dans sa bibliothèque mais il aime que je choisisse aussi. Il essaye de négocier « deux histoires » et dans ce cas, il me propose souvent « une toute petite » et « une grande ». Alors voilà la grande et la petite histoire qu’il a sélectionné :

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Satanés Lapins de Ciara Flood : M. Ours aime sa solitude et sa tranquillité mais voilà qu’une famille de lapins s’installe juste en face de chez lui. J’aime beaucoup les illustrations de cet album aux couleurs douces et surtout le message : on ne peut vivre qu’avec les autres et c’est bien plus agréable de partager. Le récit est tendre, drôle et évoque des valeurs essentielles à transmettre :  l’amitié, la solidarité et le partage. Mon grand adore la dernière page de cet album (que je ne montrerai évidemment pas), pour lui, elle incarne le bonheur absolu !

Son deuxième album (qu’il connaît par cœur à force de l’avoir lu et relu) fonctionne sur la répétition : Tout en haut de Mario Ramos. Il a celui-ci depuis ses 2 ans (à peu près) FullSizeRendersfdsmais il ne s’en lasse pas ! Il fait un peu parti de nos indispensables qu’on a emmené avec nous à chaque vacances. Il riait tellement si petit, maintenant il participe et fait tous les bruitages (son petit frère rit à son tour à la lecture de cet album).

L’intrigue est simplissime : le crocodile, la girafe et d’autres animaux tentent de grimper une pente verticale. Ils montent les uns sur les autres pour atteindre le FullSizeRenderfsdsommet, puis arrive le singe… Les illustrations sont colorées et fonctionnent parfaitement ! J’aime cet album parce que ça fait parti de ceux qu’il peut « lire » seul à son frère et qu’il « met en scène » avec ses figurines.

Tout en haut, Mario Ramos, Ecole des Loisirs

Satanés Lapins, Ciara Flood, Albums Circonflexe, fév. 2016