Christmas Pudding. Nancy Mitford

christmas puddingMa lecture de décembre qui s’est quelque peu éternisée… J’avais prévu de me lire un petit livre de Noël (ou deux, ambitieuse que je suis ou inconsciente) pour me plonger dans l’ambiance. Commencé avant les fêtes, je l’ai terminé bien après et depuis je n’ai pas trouvé le temps de rédiger mon billet.

Mon rythme de lecture ne m’a pas permis d’apprécier comme il se doit ce roman. J’ai de manière trop disparate, je n’aime pas ça. Je n’arrive pas à me plonger dans l’histoire et à accrocher le fil de l’intrigue, j’aime être plongée et absorbée dans une lecture. Bon j’aurais dû m’en douter avant de me lancer dans cette lecture alors que j’ai trois milliards d’autres choses commencées… Cependant malgré l’intrigue qui n’a donc pas su me convaincre (encore une fois, c’est de ma faute), j’ai apprécié l’humour et j’ai beaucoup ri ! Presque dès le début d’ailleurs avec l’histoire de la médaille de baptême recyclé par le parrain, quel avare mais également car la petite est en danger… Ironie grinçante qu’on retrouve à plusieurs reprises dans le roman ! Les personnages, tous de la bourgeoisie anglaises, sont donc ridicules, des êtres oisifs épris d’égoïsme. On suit  donc e petit groupe de jeunes mondains durant quelques semaines, reclus à la campagne, en plein hiver et dont la seule occupation est de boire du champagne, de s’imaginer tomber amoureux et de se moquer les uns des autres.

Un roman assez féroce et bien sarcastique dont voici un petit extrait  :

IMG_7288« Quand j’étais jeune, dit Sally, avant de rencontrer Walter, voyez-vous, je m’étais fixé un prix au-delà duquel j’étais disposée à passer sur le caractère ennuyeux de quelqu’un. Autant que je m’en souvienne c’était vingt-cinq mille livres par an. Cependant, rien ne s’étant présenté qui dépassât douze mille, j’ai donc épousé Walter.

– Vous avez toujours eu un point de vue tellement pragmatique, dit Amabelle d’un ton admirateur. Si j’avais une fille je lui disais : « Marie-toi par amour si tu peux, cela ne durera pas, mais c’est une expérience intéressante et c’est un bon début dans la vie. Après, lorsque tu te marieras pour l’argent, pour l’amour du ciel, que ce soi pour beaucoup d’argent. Il n’existe aucune autre raison valable de se marier. » (p. 139)

Le Roman Comique. Scarron

le roman comiqueAutant le dire tout de suite, je ne serais jamais allée seule vers ce roman. Pourtant il m’a assez surprise. J’ai pris plaisir à le lire. Il faut tout de même reconnaître des longueurs notamment lors des nouvelles espagnoles, nouvelles enchâssées dans l’esprit du Don Quichotte. Pendant ma lecture, j’ai souvent pensé à Rabelais (pourtant lecture très ancienne), mes souvenirs seraient trop imprécis pour me dire le lien que j’y ai vu, le côté « banquet ; soûlerie ; tripot », l’aspect grivois. Il y va aussi de Molière pour l’évocation de la « charrette » de la troupe de théâtre qui arrive au Mans (comment ne pas avoir en tête certaines scènes du film d’Ariane Mouchkine) et puis les nombreuses scènes de farce (coup de bâton, chutes en tout genre, pieds coincés dans un pot de chambre). Le rythme est assez haletant, les rebondissements s’enchaînent, c’est complètement improbables (notamment en terme de hasard et de retours des personnages).

Le Destin, la Rancune, Mademoiselle de l’Etoile et Mademoiselle de la Caverne forment les principaux comédies de la troupe de comédiens ambulants que l’on suit. Ils errent sur la route et fréquentent de nombreuses hôtelleries dans lesquelles ils vivent de nombreuses aventures. A cela s’ajoutent donc des récits secondaires pris en charge par certaines personnages comme Ragotin ou Inézilla. Ragotin c’est le petit drôle, un « assez mauvais poète », celui à qui il arrive des « disgrâces » et dont tout le monde rit. C’est le double ridicule du personnage principal, le Destin.

Scarron intervient de nombreuses fois dans son récit, tantôt ironique, tantôt commentateur, tantôt moqueur… c’est assez drôle et assez moderne. Voici pour ce roman inachavé, Scarron n’a pas eu le temps d’écrire/ de publier la troisième partie.

Le Roman Comique, Scarron, Folio (1985)

Cyrano de Bergerac. Edmond Rostand

Cyrano C’est une relation particulière qui m’unit à cette pièce. Première pièce que j’ai vu à la Comédie Française (en 2006), pièce que j’ai vu avant de l’avoir lu (rare pour moi), pièce que j’ai adoré dès le lever du rideau et qui ne cesse de me ravir.

Mes souvenirs et mes émotions de la mise en scène de Denis Podalydès sont encore intacts, une vraie claque ce jour-là : la beauté des lieux, des décors somptueux et magistraux (ah cette épicerie de Ragueneau !), la voix d’Eric Ruf et puis évidemment le texte d’Edmond Rostand. Je suis sortie époustouflée et émerveillée. Je me suis précipitée sur la pièce que j’ai lu et relu depuis. C’est donc avec enthousiasme que je me suis lancée cette année dans son étude avec mes 4e.

Je me vais pas m’étendre sur l’intrigue bien connue. Cette pièce est un mélange de saveurs: de l’humour, de l’impertinence, de la sensibilité, de la magnanimité. Cyrano est un personnage haut en couleur n’hésitant pas à rire de lui pour ne pas laisser les autres le faire, son panache le rend touchant mais c’est aussi une manière de masquer sa fragilité. Cyrano est aussi un homme de fer, protecteur des cadets et surtout du baron Christian puisque sa chère cousine Roxane lui a demandé de veiller sur lui. Une tragique complicité se noue entre les deux hommes, Cyrano devenant le prête-voix du beau Christian aimé et amoureux de la précieuse Roxane. Roxane n’est pas l’héroïne « fade » qu’on pourrait croire, précieuse, noble elle possède aussi un caractère fort et déterminé. Ainsi dans l’acte IV elle est éblouissante et étonnante en s’affirmant.Cyrano lecture

Evidemment Cyrano de Bergerac c’est aussi des morceaux de bravoure, on ne peut pas ne pas penser à la tirade du nez « Ah non ! C’est un peu court, jeune homme ! On pouvait dire… Oh! Dieu… bien des choses en sommes… » (I, 4) ou encore à la célèbre joute verbale « A la fin de l’envoi, je touche. »  Je pourrai encore citer la scène du balcon (III, 7) et évidemment la scène finale avec ces feuilles qui tombent, une scène que je trouve particulièrement poétique, douce et épurée pour achever la pièce.

Vous l’aurez compris, Cyrano est MA pièce coup de cœur. A la fois tragique et comique, je ne m’en lasse pas. Cette pièce fut un triomphe immédiat et d’ailleurs le demeure encore, savourez ces belles actions, ces nobles sentiments et ses amours malheureuses le tout allié à une langue pleine de drôlesse !

Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, édition Larousse, 2017

Vacances anglaises, J. Connolly

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Que de légèreté et d’humour anglais dans cette comédie déjantée ! J’ai beaucoup souri et ri des situations cocasses ou des nombreux quiproquos. Une petite pépite d’humour noir ! Joseph Connoly a une écriture particulière pour le traitement des dialogues : du discours direct suivi d’un discours indirect libre qui permet d’avoir accès à la véritable pensée des personnages, la plupart du temps en contraste absolu avec le discours de façade qu’ils viennent de tenir ; des pensées sans filtre assez sarcastiques, un ton piquant et cynique, savoureux mélange !!

DSC07478Pour résumer brièvement : Elisabeth et Howard Street sont un couple aisé voisins de Dotty et Brian qui, eux, rencontrent de grosses difficultés financières mais Dotty désire mener la vie d’Elisabeth quoiqu’il arrive. C’est pour cela qu’elle réserve la même semaine, dans la même bourgade anglaise qu’Elisabeth et pense-t-elle dans le même grand hôtel. Ce sera sans compter sur Brian qui louera finalement une caravane. Tout ce petit monde installé,  les mensonges s’enchaînent de toute part. Howard prétexte un excès de travail pour rester avec l’objet de ses désirs, Zouzou. Elisabeth emmène alors une amie Melody, mère célibataire et sa fille Dawn à la place de son mari. Pour Elisabeth, tout va bien, elle enchaîne session de shopping, massage et coupes de champagne. Dotty, elle, multiplie les mensonges pour cacher sa situation. Brian se morfond. A cela s’ajoute une galerie de personnages croisés dans l’hôtel : John et Lulu, un jaloux fou et une femme ravissante ; un dragueur professionnel, Miles ; Colin, l’adolescent à la testostérone en émoi. On suit aussi les aventures de Katie (la fille d’Elisabeth et de Howard) en vacances à Chigago, une fille libérée et puis Norman, l’employé de Howard, un brin amoureux et fauché. Dans ce roman, chaque personnage trompe l’autre. Désirs, libido, adultère, tromperies… un cocktail où les péripéties et les rebondissements affluent. Ce roman pourrait paraître déprimant puisque tous les rapports humains présentés sont fondés sur le mensonge et le sexe mais que c’est drôle !

Un exemple de dialogue avec le discours de façade et celui pensé :

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« -Oh Elisabeth, j’ai oublié de te dire – Colin nous rejoint dans une demi-heure, quelque chose comme ça – ça ne pose pas de problème, j’espère ? Il avait sa leçon de guitare, alors je lui ai laissé un mot.

– Bien sûr que ça ne pose pas de problème, fit Elisatbeth avec enthousiasme. Cela fait des siècles que nous n’avons pas vu Colin – n’est-ce pas Howard ? » Tu aurais pu peut-être me prévenir avant Dotty, tu ne crois pas ? Je veux dire, j’aime beaucoup Colin – ne te méprends pas – mais j’ai déjà dressé la table (et de manière assez somptueuse, je dois dire) pour six, et maintenant il va falloir que je foute tout ça en l’air pour mettre un couvert de plus. » (p. 29)

Fifi Brindacier, Astrid Lindgren

Fifi Brindacier

Un roman jeunesse pour mon week end… Fifi Brindacier, vous connaissez bien évidemment de nom cette jeune fille aux « cheveux roux comme des carottes », au nez « parsemé de tâches de rousseur » et aux « souliers deux fois trop grands pour elle » (p. 13-14) ! J’ai lu ces aventures avec plaisir (que je connaissais partiellement grâce à un dessin animé que je regardais parfois petite). Evidemment c’est une lecture facile et rapide puisqu’elle est destinée à des enfants. L’humour ne manque pas, ne serait ce que dans le nom de sa maison « Drôlederepos » ou dans toutes les péripéties extravagantes de Fifi. Celle-ci est orpheline, vit seule dans une grande maison, ne va pas à l’école et loge son cheval dans sa maison : vous l’aurez compris, elle se moque des règles et des convenances. Fifi est une héroïne qui réussit tout, pleine de créativité et d’inventivité mais qui manque aussi d’un peu de savoir-vivre puisque son éducation n’a pas été achevée. Ce qui m’a gêné dans ma lecture, c’est que les chapitres sont une succession d’épisodes (visite au cirque, matinée à l’école, rencontre avec des voleurs, invitation à prendre le thé…), j’aurais aimé un fil conducteur, une intrigue qui se déroule sur plusieurs chapitres afin que le suspens soit davantage créé. En revanche pour des enfants je pense que c’est parfait, ils peuvent lire à leurs rythmes ces aventures et retrouver avec joie leur héroïne un brin espiègle.