Jour 12 – mon métier, mon amour

8F86BA08-D329-4551-9521-4BDAB9D5883ADouze jours que je n’ai pas passé mon portail… douze jours que je n’ai pas vu le monde extérieur… difficile à croire. Aujourd’hui je me sens fatiguée… fatiguée de mener de front l’école des enfants, mes élèves et la vie de la maison.

Le rythme est dense, voire très dense. Se lever tôt, profiter de ces heures matinales (quand les enfants dorment encore) pour préparer mes cours, répondre aux très nombreux mails de mes élèves et de leurs parents… voir qu’ils commencent à déprimer, que certains ont besoin d’un réconfort, que d’autres sont dans le doute… lire leurs textes, avoir la boule au ventre… et prendre le temps de répondre à chacun d’eux, trouver les mots justes, adapter au mieux pour chacun (et savoir que ce sera nécessairement imparfaits). Et s’inquiéter de l’écart qu’on creuse entre ceux qui ont de la « chance » et ceux qui étaient déjà très fragiles et qu’on fragilise encore plus… avoir conscience qu’on creuse les inégalités sociales… voilà la triste réalité… et puis entendre qu’on ne travaille pas parce qu’on n’est pas dans nos classes… écœurée, découragée, désespérée… parce que dans le questionnaire qu’on a dû remplir il y a quelques jours, notre ministère demandait ce qui était le plus dur : non ce ne sont pas les élèves, non ce n’est pas la gestion de la classe, c’est l’absence de reconnaissance hiérarchique et salariale, l’absence de connaissance de notre métier qui engendre toutes ces petites phrases méprisantes « oh bientôt les vacances »… parce qu’être enseignant ce n’est pas ça, être enseignant ce n’est pas « que » faire cours dans sa classe… c’est penser à une progression, c’est choisir des thématiques qui vont plaire, c’est créer des supports et puis c’est surtout penser que Y est plus faible donc qu’il aura besoin de revoir ce point, c’est savoir que X a besoin d’un mot gentil en entrant dans la classe, c’est savoir que Z s’ennuie rapidement et qu’il a besoin d’activités supplémentaires, c’est penser à faire un compliment à A qui est mal dans sa peau, c’est savoir sur chaque élève un petit détail qui lui permettra d’avancer et de sortir de cours avec quelque chose « en plus », savoir qu’ils auront tous une petite graine différente en sortant de mon cours… donc non je ne ramasse pas, je sème. C’est ça enseigner ! Ce n’est pas seulement « être » dans une classe ! c’est trouver une manière collective d’apporter individuellement un savoir, une compétence, une connaissance, c’est permettre à chacun de se construire, de grandir, de pousser !

❤ ❤ ❤ à mes élèves qui me manquent, à mon métier que j’adore plus que tout

Janvier – Février 2020

Parce que les mois passent trop vite cette année, ce sera deux en un / matin givré et brouillard / « tu peux dormir dans mon lit maman, comme ça le matin je ne viens pas te réveiller dans ton lit » oh le rusé ❤ / crêpes, soirée pizza et réservation du ski… on partira ensemble en février / « Le vers de terre c’est pas un animal c’est un reptile »/ derniers jours de vacances / crémaillère dont on se souviendra longtemps / la bêtise des cubes/ celui qui vidait le lave-vaisselle et écopait d’une semaine alité / Reprise « oh non c’est pas le matin! » / le petit bonheur de la sortie scolaire / la douceur du vendredi soir / avancer mon pavé / ce rythme si doux / « maman attends j’écris un livre! » / mon grand un peu triste en ce moment / enchaîner les rendez-vous parents avec mes 6e / cette maman qui essaie de me convaincre qu’être insolent est « normal » / semaine remplie et week-end chargé / sortir les jeux de société / courir en forêt / cette fichue liste de choses à faire qui ne diminue jamais / « Mais la recré ça sert à quoi ? c’est pas le principe de l’école. L’école c’est le travail. » la parole de mon sage ❤ / ces élèves si peu intéressés par leur scolarité / commissions éducatives et autres réjouissances / ces parents défaillants qui assument ne pas vouloir s’occuper de leurs enfants / mes 4e2 qui ne maîtrisent pas leur langue / me remettre tant en cause, est-ce leur accorder trop d’importance ? / ce sentiment d’être submergée / et quand mon petit annonce au dîner « moi j’aime les filles surtout quand elles sont nues »… / tous les playmobils sortis / son envie de travailler et ses progrès incroyables / un mercredi sans sortir / mes classes qui me dépriment / sortie en maternelle / vacances, valises, voyage… / « Nous on va en montagne et en montagne il y a des loups mais les loups y mangent pas les humains, ils mangent que les chaperons » ❤ mon petit qui cherche à se rassurer / celui qui m’étonnait à lire les panneaux sur l’autoroute / rechausser les skis / chaque année, j’aime de plus en plus / les après-midi à randonner / une magnifique région découverte / le tour de traîneau… plus de peur que de mal / le pays des cascades « c’est la meilleure chose que j’ai jamais faite » / une petite auberge / une étoile et un piou-piou / mon grand qui adore le ski / quitter la montagne et retrouver la pluie / ses 4 ans / mon grand qui veut rester petit / gâteau dinosaure, figurine et « martiz » / une semaine sans eux / lire, travailler, ranger, nettoyer, oublier de manger, oublier les heures… / lire au lit / le bon dîner étoilé ❤ / soirée en amoureux à Castorama / les retrouver / rentrée / prendre le temps de faire des jeux de société, de cuisiner avec eux et espérer pouvoir garder ce rythme / la fuite du toit /  « maman, on peut aller en Australie ? » mon A. et ses rêves d’ailleurs / s’occuper du jardin en espérant en profiter aux beaux jours…

D’après une idée de Moka

L’heure du bilan… TOP 2019

DSC06661Et voilà une année de lecture se termine et l’heure des comptes a sonné. Cette année, j’ai moins lu que les années précédents. Il y a eu parfois des jours sans que je touche à un livre, ça m’a souvent manqué mais mon esprit n’était pas disponible pour lire. Entre le déménagement et les travaux, l’été où je lis habituellement beaucoup, ne m’a pas laissé beaucoup de répit. En répertoriant tous les titres lus cette année, je me suis rendue compte de deux choses. D’une part, j’ai lu davantage de bande dessinée et cela me plaît de plus en plus : Et puis Colette de Sarah Henrionnet et Mathou, un coup de cœur mais aussi Simone de Beauvoir. Une jeune fille qui dérange , un retour sur mon coup de cœur de l’an passé, également lu – et aimé – mais non chroniqué la série des Lulus. D’autre part, et c’est mon deuxième constat, j’ai lu beaucoup de romans pour mes élèves, gros retour de la littérature ado avec une dizaine de titres et quelques très jolies découvertes (j’y reviendrais après). Je me suis assez éloignée de mes lectures traditionnelles, peu de littérature américaine, assez peu aussi de lecture anglaise… plus de contemporain et de lecture française, et quatre romans autour de la seconde guerre mondiale (cette période me fascine et m’effraie tout autant, je lis très peu sur cette thématique car je suis mal à l’aise).

Cette année, 43 livres lus, une dizaine de moins que d’habitude… pas grave, je ne cours pas après la quantité de lectures. Mes coups de cœur sont assez évidents à établir, 10 livres que je pourrais conseiller à tout le monde et que j’ai commencé à offrir autour de moi !

Commençons par la littérature pour la jeunesse puisque j’en parlais juste avant : Léon de Léon Walter Tillage, roman autobiographique (très court) racontant la ségrégation raciale, aucune haine, aucune rancœur, un constat froid et glacial des injustices raciales aux Etats-Unis… à lire, à relire, à faire lire à nos enfants (j’ai commencé par mes 3e. Même ceux qui ne lisent jamais (ou font semblant) ont lus et ont été marqué par l’injustice et l’acceptation de cette injustice, ils ont été frappé de voir que le jeune Léon refuse de céder à la violence et préfère se « battre » autrement, quitte à mettre sa vie en danger)

Ensuite Frères d’exil de Kochka, petit roman également mais tellement beau… l’immigration, le réchauffement climatique, les transmissions entre générations… un roman sombre et lumineux… mes 6e vont beaucoup le lire ! Hâte d’en discuter avec eux.

Pour rester sur cette thématique de l’immigration, j’ai découvert (merci maman) une splendeur d’écriture et de roman : Marche ou rêve de Luc Fivet ! C’est une toute petite édition (Le Ver à soie) qui publie ce roman mais il faut le commander et le lire… c’est beau, c’est dur, c’est réaliste, c’est la vie de migrants, la traversée, le périple, l’arrivée en France, la survie, la peur, la faim, les espoirs, la quête d’une dignité… ❤ ❤ ❤

Revenons à l’autobiographie avec Une femme à Berlin, journal glacial et glaçant de la vie d’une femme lors de la chute de Berlin après la seconde guerre mondiale. Un récit bouleversant auquel j’ai souvent repensé. Autobiographie encore mais très différente avec La promesse de l’aube de Romain Gary, la découverte d’une plume, d’un lien maternel très fort, exclusif et certainement excessive et puis un magnifique roman illustré par Joan Sfar. Un pur plaisir de lecture… Décidément le genre autobiographie m’a peu quitté cette année, puisqu’à l’automne j’ai été subjugué par Lambeaux de Charles Juliet… magnifique, poétique, intimiste, doux, puissant ❤

Avec Le Roi chocolat de Thierry Montoriol, j’ai plongé dans le monde du cacao et l’histoire de l’invention du Banania. Roman autobiographique, documentaire sur fond de trame historique… un savoureux mélange que j’ai dévoré et qui m’a surprise, un roman haletant aux multiples rebondissements.Né d’aucune femme de Franck Bouysse m’a permis de découvrir cette plume qui raconte une histoire forte et dure, une histoire qui remue, une histoire noire où la folie des hommes est racontée…

Avec De Pierre et d’os, de Bérengère Cournut j’ai arpenté la banquise, frôlé des icebergs, cotoyé les Inuits, observé les harpengs des neiges et les phoques… un roman dans lequel j’ai aimé l’alliance de documentation et de romanesque.

Enfin celui que je n’oublierai jamais car ce fut certainement mes plus belles heures de lectures de 2019, c’est Le garçon de Marcus Malte ! Ah si j’avais pu rester avec lui ❤ ❤ ❤ ce fut mon coup de cœur absolu, je suis amoureuse de ce roman, j’ai ressenti tellement de choses en le lisant et puis surtout cette écriture qui m’a transportée, impressionnée, bouleversée ❤ ❤ <3, j’envoyais sans cesse des photos de passage à mes collègues ! Je vous laisse lire mon avis mais ce roman, je l’aime d’amour et je n’oublierai pas de sitôt cette sensation lors de sa lecture.

Pour 2020, il ne me reste qu’à vous souhaiter de vivre de telles émotions à travers les livres, de voyager sur des terres lointaines depuis son canapé, de découvrir des destins incroyables, de naviguer sur des plumes fabuleuses…. Belle année 2020 ❤ ❤ ❤ et merci d’être là, de commenter, de lire silencieusement, de suivre tranquillement ce petit blog.

 

 

 

Quand le père Noël apporte des livres… PAL

Au pied du sapin, il y avait des livres. J’en ai toujours offert à mes enfants, mais des amis  chéris ❤ leur en offrent, mes parents, mes frères… une histoire de famille en fait. En revanche, moi peu de monde m’en offre. Mon mari et ma très chère Romanza. Sûrement que personne n’ose de peur de tomber sur un doublon… pas grave, je suis très heureuse des choix qui ont été fait pour moi.

Commençons par mes enfants. Mon aîné, 6 ans et demi, commence à lire. Cependant il n’est pas encore un lecteur autonome, il avait très envie d’un Atlas (si vous avez une autre référence je suis preneuse, son anniversaire sera dans un peu plus de 3 mois). Il aime beaucoup les éditions Milan et a déjà pas mal de leurs documentaires, donc on poursuit cette collection. Il avait repéré le livre Animaux en danger à la librairie, il était donc ravi. Il adore les animaux et s’inquiète beaucoup de la disparition de certains animaux. On a commencé à le lire, c’est un magnifique album, très bien documenté, j’apprends beaucoup de choses. Mon frère lui a offert un somptueux album Os court! : graphisme magnifique, dans la couverture se cache un squelette, on découvert les os à travers une intrigue policière (j’ai feuilleté uniquement pour le moment). Mon mari lui avait choisi Edilson, somptueux <3, il aime leur lire de longs albums. Les graphismes sont splendides ! Quant à moi j’avais trouvé au salon de Montreuil la bande dessinée sur Les Emotions, assez originale puisqu’une page documentaire est insérée après plusieurs planches. Ensuite il a eu quelques romans à lire « seul »… on découvrira L’école des dinos, je pense que ça correspond totalement à son niveau de lecture actuelle. Il  a reconnu le graphisme du garçon du criait « Au loup! », une lecture avec une baleine pour héroïne La Baleine et L’escargote (on a commencé hier soir deux pages) et enfin un roman qu’il ne lira pas tout de suite seul Les Ecoles du bout du monde. Voilà on a de quoi occuper nos soirées pour quelques temps !

Pour mon petit (3 ans et demi, 4 ans dans deux mois), j’ai eu plus de difficultés. Il a les mêmes goûts que son frère, il repique tous les livres que mon aîné a toujours manipulé avec soin. Du coup, un pile moins remplie sous le sapin. Tout d’abord le documentaire Le livre extraordinaire des animaux en danger. Ce sont de grands documentaires, les pages sont magnifiques, ils ont déjà trois titres de cette collection (@littleurban) et ils les regardent très souvent. Petit aperçu du style en image, à peine le paquet ouvert, il le regardait. Ma mère lui avait choisi deux albums au Salon de Montreuil (pas encore lus mais le graphisme est très joli) : Prends ma patte, petite loutre de Jane Chapman et La nuit de Pinpin d’He Zhihong.  Un classique, déjà lu deux fois pour le moment, Le Bain de Berk de Julien Béziat, qu’il rit lors de la chute ! Et enfin, on a lu trois/quatre pages hier soir, Où l’Océan rencontre le Ciel ❤ de The Fan Brothers… j’ai craqué sur les graphismes, somptueux !  Un petit garçon qui part à la recherche de son grand-père. On a déjà le Fabuleux voyage du bateau-cerf des mêmes auteurs… faudrait que je vous présente les deux, vous aimeriez ?

Et maintenant les miens ! Quatre très jolis romans, quatre couvertures magnifiques, quatre titres qui m’emportent vers un autre monde. Tout d’abord une plongée dans la mythologie avec Circé de Madeleine Miller, une demi-déesse, une femme, une sorcière… une figure envoûtante ! Ensuite ma chère littérature anglaise, je retrouverais Thomas Hardy avec Le maire de Casterbridge, la 4e de couverture a l’air très tentante -je ne connaissais pas ce titre. Ensuite un roman dont j’entends beaucoup parler A crier dans les ruines d’Alexandra Koszelyk une histoire d’amour ? réaliste ? sur Tchernobyl… hâte de découvrir ! Enfin départ pour le grand nord, la banquise très exactement avec De Pierre et d’os de Bérengère Cournut, une auteur que je découvrirais et une couverture tellement attirante !

PAL Noel

Ma PAL et celle des enfants ont donc augmenté, mais on va profiter des vacances pour prendre le temps de lire et de voyager au milieu des livres, des intrigues et des univers ! La promesse et la perspective de jolies heures à venir ❤ ❤ Vous connaissez quelques titres dont j’ai parlé ? Vous voulez que je vous en présente un en particulier sur le blog ?

 

Novembre

voir la tour Eiffel scintiller en rentrant de l’école / la petite fraîcheur qui s’installe / tout premiers flocons / crémaillère pendue / balade versaillaise, fou-rire, boue et la petite bande à trotinette /  quitter Le garçon et être un peu triste / réfléchir à mon anniversaire / les mots de l’inspecteur « vous n’êtes pas professeur de brevet mais de français » / les entendre dire « oh c’est Mme… la meilleure prof du monde » / son spectacle du vendredi soir / les post-it qu’il me vole pour écrire des petits mots ❤ / mes 6e 3 et tous leurs soucis / mercredi migraine / mon fils qui prend soin de moi / nos activités artistiques du mercredi / ce samedi au collège / mes 4e2 désopilants… « mais madame comment elle fait pour écrire « je brûle et me noie », quand on se noie, le papier est mouillé »… ce niveau si inquiétant / commencer à penser « cadeau » / rêver d’avoir du temps / mercredi sportif et artistique / pas assez lire / savoir qu’il me reste tant de choses à faire / Joyeux anniversaire Soën ❤ / celui qui offrait tous ses dessins à son « petit Soën » / leurs listes de Noël / ma folle excitation du salon du livre jeunesse / retrouver ma maman à Montreuil / être raisonnable / dîner avec mes parents / leurs yeux qui pétillent / commencer à cacher les »cadeaux » / savoir que le plus beau reste à venir ❤ ❤ ❤

Tourner la page.

IMG_8151Il y a des annonces douloureuses, vendredi les résultats de l’agrégation interne sont tombés. Les enfants au bain, j’ai quelques instants pour ouvrir l’ordinateur. La boule au ventre j’ai regardé, mon nom n’apparaît pas… Et voilà c’est donc terminé, l’aventure s’arrête là… quelques larmes sur mon visage… les garçons qui jouent dans le bain et leurs rires… mon grand qui remarque mon visage triste… je lui explique… le voilà qui pleure, qui pleure… et sa petite phrase qui exprime toute sa peine « mais maman tu n’es pas venue avec nous au zoo pour travailler et tu as raté, tu as vraiment raté tout »… oh là là ce coup de couteau dans le cœur… oui mon fils j’ai raté des week-end avec vous pour travailler, j’ai raté des instants précieux pour me plonger dans mon projet… et aujourd’hui j’ai raté. Et cet échec douloureux qui me renvoie à d’autres douloureux, à ces années d’école où j’adorais travailler mais où je n’étais pas « forte », où il me manquait « ce » quelque chose…

Ce matin j’ai mis toutes mes affaires d’agrégation dans un carton, sans regarder, sans trier, sans jeter… mettre en carton, tourner la page… advienne que pourra de ce carton. Ce week-end, j’y ai peu pensé (car nous avions beaucoup de choses à faire) mais j’ai une petite douleur au cœur. Un petit vide aussi très certainement car depuis 9 mois, je travaille de manière quotidienne, je porte ce projet tous les jours. J’ai aimé cette énergie, cette impulsion, cette stimulation. J’ai aimé sentir mon cerveau bouillonner, j’ai aimé sentir que je progressais, j’ai aimé sentir que « ça » revenait… forcement il m’a manqué quelque chose. Je resterais sur ces notes sans explication, sans savoir ce qu’il m’a manqué, ce que j’aurais pu faire, ce que j’aurais pu ou dû écrire… évidement qu’il m’a manqué des connaissances, évidement je n’ai pu que lire et relire les œuvres, évidement je n’ai pu lire qu’une oeuvre critique par auteur, évidement je n’ai pu faire qu’un devoir sur chaque oeuvre au programme… Mais j’ai deux enfants en bas âge et ma semaine leur est consacrée, j’ai un mari formidable qui s’en est occupé tous les week-ends depuis septembre, qui les a emmené partout pour me laisser seule dans l’appartement afin que je me concentre au maximum. J’ai fait au maximum de ce que je pouvais, seule avec mes cahiers et mes œuvres. Sûrement qu’il m’a manqué une épaule, des professeurs à écouter, des camarades d’agrégation avec qui échanger. J’aurais certainement pu faire mieux mais je travaille 18h au collège avec un emploi du temps « gruyère »… pas de demi-journée libre, des heures de cours et autant (ou presque) d’heures de trous… le doute demeure, qu’aurais-je pu faire de plus ? que m’a-t-il réellement manqué ? L’agrégation est un véritable défi, un défi à soi-même parce qu’il faut tenir le coup physiquement et psychologiquement, c’est dur, épuisant, éprouvant mais au moins j’ai tenté.

Maintenant je crois qu’il faut savoir passer à autre chose (et ce petit article, très, trop, personnel, m’aide. Poser les mots, poser sa peine, poser ses regrets). De ces longs mois studieux, il faut aussi retenir le positif : une année où mon cerveau a repris vie, une année où j’ai adoré lire les Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir (que je continuerai à lire), une année où Scarron m’a surprise (mon second coup de cœur), une année où je me suis astreinte à une somme de travail conséquente (et ça, même si ça n’a pas payé, je peux sûrement en être fière). Maintenant il faut tourner la page donc du repos, les lectures que je souhaite (et sans culpabiliser) et profiter des enfants, du temps en famille et des mes heures de « trous » où je pourrais traîner en salle des prof sans rien faire !

 

Mes coups de cœur 2018

Voici une année bien particulière. Je ne pensais pas avoir autant lu, 52 livres, ça faisait longtemps que je n’avais pas autant lu. Sans compter que j’ai plusieurs fois ceux pour l’agrégation. Cependant depuis la reprise de septembre, j’ai nettement diminuer mon rythme de lecture, à peine un livre par mois afin de me concentrer sur mon objectif. J’ai adoré mon été et mon rythme très intense de lecture mais aussi mes découvertes en lecture jeunesse. J’ai cependant hâte de reprendre des lectures non imposées et de lire sans compter mon temps !

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L’année 2018 avait commencé par un coup de cœur avec le magnifique Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh, une plongée dans une famille Verdeleine, un doux souvenir de lecture ! Ce fut ensuite Point Cardinal de Leonor de Recondo qui avait su me séduire. Deuxième lecture de Leonor de Recondo et deuxième coup de cœur, décidément elle a une écriture qui me touche. Et puis il y eut une révélation avec Aucun de nous ne reviendra de Charlotte Delbo. Offert par ma maman après avoir assisté à une lecture de cette oeuvre, ce fut une lecture douloureuse mais nécessaire, un témoignage saisissant et des lignes qui restent gravées à tout jamais. Cette année, j’ai lu plusieurs histoires dans lesquelles les personnages s’éloignent de la civilisation et vivent reculés, Les enfants de Noé de Jean Joubert en littérature jeunesse ou encore plus récemment Dans la forêt de Jean Hegland, même si ce dernier m’a fortement marqué, j’ai envie dans ce bilan d’évoquer Sukkwan island de David Vann, deuxième lecture de cet auteur, toujours ce saisissement, cette lourdeur pour une lecture glaçante, à découvrir ! Mes lectures de l’été m’ont fortement enthousiasmées, une sélection plus contemporaine qu’habituellement avec deux coups de cœur : La gouvernante suédoise de Marie Sizun, une douce histoire de famille et de secret. Deuxième lecture estivale, Les garçons de l’été de Rebecca Lighieri, même si la fin m’a semblé trop exagérée, j’ai adoré cette lecture immersion.

Enfin je ne pouvais achever ce bilan sans mon grand coup de cœur de cette année pour Simone de Beauvoir, j’ai lu et relu et re-relu Mémoires d’une jeune fille rangée. J’aime l’écriture de Simone, sa manière de raconter, à la fois simple et douce. Je ne sais pas trop comment expliquer, j’aime l’univers qu’elle décrit, la « fabrique des filles », sa volonté d’émancipation et de libéralisation de son milieu, ce parcours vers sa vocation. J’ai envie de lire le reste de son oeuvre et j’ai commencé avec une Une mort très douce ainsi que quelques lignes de La Force des choses, le reste sera pour 2019.

A lire du bilan, je note que beaucoup de mes coups de cœur sont de plumes féminines, on verra si la tendance se confirme l’an prochain ! En attendant un petit rappel de mes Coup de cœur 2017.