Une journée d’automne. Wallace Stegner

DSC06605Petit roman parfait en ce moment ! J’ai adoré le lire en quelques heures, un vrai délice et un privilège qui ne m’arrive que rarement. Ce n’est pas la lecture inoubliable mais ce fut un très joli moment de lecture.

Margaret, mariée à Alec, accueille, après la mort de leur père, sa sœur, sa cadette de quelques années Elspeth dans leur magnifique ferme de l’Iowa. Toutes deux sont très différentes : Margaret est très attachée aux conventions, aux respects des traditions, à la convenance. Elle s’occupe de son foyer avec délice et dévouement et prend soin de son époux Alec, fermier émouvant et tendre. Ils forment un couple attachant. Lorsqu’Elspeth quitta l’Ecosse pour venir s’installer avec eux, elle ne comprend pas trop la rigueur de sa sœur. Elle aime se promener dans la nature, elle aime rire et prendre la vie avec légèreté, s’émerveillant de tout et de rien.

Une journée d’automne c’est donc cette journée où tout bascule, où les relations dans ce trio évoluent, où les apparences doivent être sauvées, où l’avenir est modifié… une journée qui suivit à bouleverser la paisible vie campagnarde cependant personne ne doit être au courant et le secret devra être préservé coûte que coûte. Après l’irréparable, chacune se transforment, se décharnent, vieillissent prématurément ravagée par le pêché et par la froideur de son âme… cependant la fin est touchante et pleine d’espoir. L’écriture de Wallace Stegner est douce. Les personnages sont d’une sérennité incroyable, d’une maîtrise d’eux-même que j’ai trouvé tellement admirable. Pas de pathos, pas d’envolée lyrique, pas d’effusion… mais un récit âpre et bref, une virtualité qu’on pourrait comparer aux nouvelles de Maupassant.

Bravo aux éditions Gallmeister d’avoir édité ce premier roman de Wallace Stegner écrit en 1937. Première fois que je lis un roman des éditions Gallmeister : les couvertures sont toutes plus belles les unes que les autres et j’ai apprécié le format et le papier qui est très agréable, j’ai beaucoup aimé la typographie. Une édition qu’il est fort confortable de lire !

Christmas Pudding. Nancy Mitford

christmas puddingMa lecture de décembre qui s’est quelque peu éternisée… J’avais prévu de me lire un petit livre de Noël (ou deux, ambitieuse que je suis ou inconsciente) pour me plonger dans l’ambiance. Commencé avant les fêtes, je l’ai terminé bien après et depuis je n’ai pas trouvé le temps de rédiger mon billet.

Mon rythme de lecture ne m’a pas permis d’apprécier comme il se doit ce roman. J’ai de manière trop disparate, je n’aime pas ça. Je n’arrive pas à me plonger dans l’histoire et à accrocher le fil de l’intrigue, j’aime être plongée et absorbée dans une lecture. Bon j’aurais dû m’en douter avant de me lancer dans cette lecture alors que j’ai trois milliards d’autres choses commencées… Cependant malgré l’intrigue qui n’a donc pas su me convaincre (encore une fois, c’est de ma faute), j’ai apprécié l’humour et j’ai beaucoup ri ! Presque dès le début d’ailleurs avec l’histoire de la médaille de baptême recyclé par le parrain, quel avare mais également car la petite est en danger… Ironie grinçante qu’on retrouve à plusieurs reprises dans le roman ! Les personnages, tous de la bourgeoisie anglaises, sont donc ridicules, des êtres oisifs épris d’égoïsme. On suit  donc e petit groupe de jeunes mondains durant quelques semaines, reclus à la campagne, en plein hiver et dont la seule occupation est de boire du champagne, de s’imaginer tomber amoureux et de se moquer les uns des autres.

Un roman assez féroce et bien sarcastique dont voici un petit extrait  :

IMG_7288« Quand j’étais jeune, dit Sally, avant de rencontrer Walter, voyez-vous, je m’étais fixé un prix au-delà duquel j’étais disposée à passer sur le caractère ennuyeux de quelqu’un. Autant que je m’en souvienne c’était vingt-cinq mille livres par an. Cependant, rien ne s’étant présenté qui dépassât douze mille, j’ai donc épousé Walter.

– Vous avez toujours eu un point de vue tellement pragmatique, dit Amabelle d’un ton admirateur. Si j’avais une fille je lui disais : « Marie-toi par amour si tu peux, cela ne durera pas, mais c’est une expérience intéressante et c’est un bon début dans la vie. Après, lorsque tu te marieras pour l’argent, pour l’amour du ciel, que ce soi pour beaucoup d’argent. Il n’existe aucune autre raison valable de se marier. » (p. 139)

La couleur du lait. Nell Leyshon

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J’ai la chance, en cette fin d’année, de découvrir de jolis titres. J’ai quasiment lu d’une traite ce court roman qui m’a séduite et tenue en haleine jusqu’au bout (même si j’avais pressenti quelques éléments).

D’abord étonnée par le style, des phrases courtes, souvent nominales, une syntaxe souvent fautives, des dialogues sans mise en forme, des majuscules absentes… mais très rapidement j’ai adhère à l’histoire et j’en ai oublié le style. C’est celui de mary « écris de [sa] propre main […] en l’an de grâce mille huit cent trente et un, [… elle a] quinze ans [… et elle va nous] raconter les choses telles qu’elles sont arrivées. » (p. 9). Alors elle décrit les événements tels qu’elle les a vécu, perçu, compris avec franchise et naïveté. Elle se livre à une confession, le récit tragique d’une courte vie débutée entre un père violent et vénal et une mère indifférente. Seul son grand-père (rejeté par la famille) témoigne de l’intérêt pour mary. Avec sa patte folle, Mary travaille moins vite que ses sœurs à la ferme, alors son père décide de l’engager chez le pasteur Graham.

Je ne dirais rien de plus de peur de dévoiler quelque chose… mais j’ai aimé cette Mary, forte et fragile, franche et sans tabou, un personnage attachant et singulier. Elle dit les choses telles qu’elle les voit ou les pense, sans se préoccuper des convenances ou des circonstances… Chez le pasteur, Mary découvre une toute autre vie très éloignée du travail physique de la ferme. J’ai aimé cette lecture d’une douceur amère, d’une simplicité naïve et d’une franchise. Mon cœur s’est serré au fur et à mesure… assurément un coup de cœur que je vous recommande chaudement !