Mari et femme. Wilkie Collins

Mari et femmeJe termine un roman que j’ai commencé il y a presque un mois… bon 752 pages tout de même… j’ai un petit faible pour Wilkie Collins mais je dois reconnaître que ce n’est pas le meilleur… l’intrigue démarre rapidement, tout de suite on est embarqué. J’ai vite voulu savoir le sort des personnages… mais il y a des longueurs. L’intrigue aurait sûrement gagné à être densifiée. Malgré tout c’est un roman très agréable à lire et le côté enquête policière fonctionne très bien (notamment tau début du roman, on perd un peu cet aspect au fur et à mesure).

Fille d’une épouse déchue et abandonnée, Anne Silvester est élevée par la meilleure amie de sa mère, et devient la préceptrice de Blanche. Blanche et Anne s’aiment comme des sœurs et sont inséparables jusqu’au moment où la chance semble enfin sourire à Anne. Celle-ci s’attache au beau Geoffrey Delamayn, jeune athlète aussi séduisant qu’arrogant. Malheureusement, Geoffrey est aussi un homme de peu de paroles. Il lui promet le mariage mais n’a aucune intention d’honorer sa promesse. Il souhaite plutôt s’unir à Mrs Glenarm, une riche veuve. Collins met en cause la législation des mariages en Ecosse qui pénalise et fragilise grandement les femmes. En effet, cette législation défavorable mas aussi l’absence de scrupules de Geoffrey, ses mensonges et ses tromperies entraînent Anne dans le désespoir. Seule la vérité pourrait lui permettre de retrouver sa dignité… encore une fois Geoffrey, personnage bien sombre et bien malintentionné, ne compte pas se laisser faire. Anne trouvera peut-être une aide (bien inattendue) en la personne d’Hester Dethridge, personnage énigmatique qui pourrait se révéler une surprenante alliée, incarnation de l’impossibilité de la femme à échapper à un mauvais mari…

Mari et femme 1L’intrigue est donc bien ficelée, les thématiques intéressants mais il m’a manqué un petit quelque chose pour être totalement enthousiastes, peut-être une intrigue trop étirée ou trop de personnages secondaires mais sûrement aussi des personnages féminins, les héroïnes, Anne et Blanche, qui, bien que réfléchies et tenaces,  manquent de saveur, de force, de personnalité… C’est bien dommage, j’aurais aimé un personnage féminin, fort ou qui s’affirme, une grande héroïne féminin, un caractère bien trempé…

Le dimanche des mères. Graham Swift

Dimanche des mères1Le dimanche des mères, c’est la journée où les domestiques sont libres afin de pouvoir rendre visite à leur famille. C’est cette unique journée que raconte Graham Swift mais une journée particulière pour l’héroïne. Le 30 mars 1924, Jane, comme toutes les autres domestiques, est en congé. Mr et Mrs Niven la passeront sans elle. Jane, femme de chambre, a décidé de rejoindre son amant Paul. Mais Graham Swift ne raconte pas seulement la vie amoureuse de Jane. C’est une journée magnifique, un temps extraordinaire, une journée où la vie semble suspendue, c’est du moins de ce que j’ai ressenti lorsque Jane, notamment, décrit ses déambulations dans la maison vide, la liberté que lui offre cette unique journée où elle n’est plus une femme de chambre mais seulement une femme, une journée où elle aspire à une quête de liberté. Une journée qui lui offrira es portes de la liberté, une liberté qui avec sa passion des livres  » pour garçons »… car oui, Jane aime lire les romans d’aventures, des romans qu’elle emprunte à Mr Niven et qui alimente son imaginaire.

Le roman raconte cette unique journée, remémorée par Jane soixante ans plus tard dans ses moindres détails. C’est une journée qui la marquera à vie puisqu’elle marquera le début et la fin d’une nouvelle vie pour la jeune femme. Sa personnalité, ses désirs et ses passions se dessineront.

« La paix. Il en était ainsi chaque jour, mais la vérité banale du quotidien était encore plus vraie aujourd’hui que n’importe quand : jamais il n’y avait eu un jour comme celui-ci, jamais il ne pourrait revenir. » (p. 50)

Dimanche des mères2On ressent dans ce court roman une intensité dramatique, les émotions et les événements sont condensés en une journée, l’espace de quelques heures finalement mais quelques heures qui changeront à tout jamais le destin de Jane. L’écriture est gracieuse et sensuelle, le roman est lumineux (le soleil inonde la campagne anglaise) et Graham Swift décrit avec finesse et délicatesse les sentiments et les émotions de Jane. Il évoque également le plaisir de la lecture et celui de l’écriture.

« L’île au trésor, Jans ? Pourquoi diable voulez-vous lire ça ? Voyons, c’est pour les garçons ? […] Celui lui était parfaitement égal. Des bouquins pour garçons, des récits d’aventures. Des bouquins pour garçons, des récits d’aventures. Cela lui était parfaitement égal de ne pas lire des livres pour filles, quels qu’ils soient. Aventure. Ce mot surgissait souvent de la page, il lui faisait signe : « aventure ». (p.94)

Christmas Pudding. Nancy Mitford

christmas puddingMa lecture de décembre qui s’est quelque peu éternisée… J’avais prévu de me lire un petit livre de Noël (ou deux, ambitieuse que je suis ou inconsciente) pour me plonger dans l’ambiance. Commencé avant les fêtes, je l’ai terminé bien après et depuis je n’ai pas trouvé le temps de rédiger mon billet.

Mon rythme de lecture ne m’a pas permis d’apprécier comme il se doit ce roman. J’ai de manière trop disparate, je n’aime pas ça. Je n’arrive pas à me plonger dans l’histoire et à accrocher le fil de l’intrigue, j’aime être plongée et absorbée dans une lecture. Bon j’aurais dû m’en douter avant de me lancer dans cette lecture alors que j’ai trois milliards d’autres choses commencées… Cependant malgré l’intrigue qui n’a donc pas su me convaincre (encore une fois, c’est de ma faute), j’ai apprécié l’humour et j’ai beaucoup ri ! Presque dès le début d’ailleurs avec l’histoire de la médaille de baptême recyclé par le parrain, quel avare mais également car la petite est en danger… Ironie grinçante qu’on retrouve à plusieurs reprises dans le roman ! Les personnages, tous de la bourgeoisie anglaises, sont donc ridicules, des êtres oisifs épris d’égoïsme. On suit  donc e petit groupe de jeunes mondains durant quelques semaines, reclus à la campagne, en plein hiver et dont la seule occupation est de boire du champagne, de s’imaginer tomber amoureux et de se moquer les uns des autres.

Un roman assez féroce et bien sarcastique dont voici un petit extrait  :

IMG_7288« Quand j’étais jeune, dit Sally, avant de rencontrer Walter, voyez-vous, je m’étais fixé un prix au-delà duquel j’étais disposée à passer sur le caractère ennuyeux de quelqu’un. Autant que je m’en souvienne c’était vingt-cinq mille livres par an. Cependant, rien ne s’étant présenté qui dépassât douze mille, j’ai donc épousé Walter.

– Vous avez toujours eu un point de vue tellement pragmatique, dit Amabelle d’un ton admirateur. Si j’avais une fille je lui disais : « Marie-toi par amour si tu peux, cela ne durera pas, mais c’est une expérience intéressante et c’est un bon début dans la vie. Après, lorsque tu te marieras pour l’argent, pour l’amour du ciel, que ce soi pour beaucoup d’argent. Il n’existe aucune autre raison valable de se marier. » (p. 139)

Richard III. William Shakespeare

Richard IIIBon… Shakespeare et moi c’est compliqué… cette lecture me l’a encore prouvée. Je ne sais pas pourquoi mais le texte accroche, je comprends sans comprendre pourtant j’admire.

Richard III est une tragédie cruelle qui met en scène le pouvoir, un pouvoir tyrannique et sanguinaire. Il m’a sûrement manqué tout un pan historique pour comprendre certaines allusions ou certains passages.

Cette tragédie historique est très loin de nos pièces classiques, ni unité de temps, ni unité de lieu, de très nombreux personnages, un va-et-vient constant et aucune bienséance : les meurtres ont lieu sur scène, le sang gicle, la cruauté est présente à presque toutes les scènes. Ce que j’ai apprécié c’est le personnalité de Richard III. Comparé à un « chien carnassier », à un « lévrier », il incarne le mal, celui qui a soif de pouvoir et qui ne reculera à rien pour atteindre la couronne quitte à tuer, quitte à trahir, quitte à mentir. Mais Richard III assume, nombreuses sont les répliques où il énonce ses intentions, son hypocrisie, sa noirceur… Il a conscient de ce qu’il est et il a conscience de ses actes et il l’annonce dès le début « Je suis déterminé à être un scélérat, et à haït les frivoles plaisir du jour. » (I,1).

La scène 4 de l’acte IV m’a semblé essentielle. c’est à partir de là que je me suis attachée aux personnages et à l’histoire. Je me suis réveillée un peu tard mais la fin de la pièce m’a bouleversé ! Je pense qu’une deuxième lecture me permettra de mieux saisir tous les aspects de la pièce. Avez-vous des mises en scène à me recommander ?

« Et ainsi j’habille ma scélératesse nue

De vieilles guenilles volées au Livre Sacré,

Et j’ai l’air d’un saint au moment même où je joue le plus le diable. » I, 3

Richard III, Richard Shakespeare. Gallimard