Un été 42. Herman Raucher

Eté 42-1Une histoire de garçons, une histoire d’adolescent… l’été 42 pourrait ressembler à n’importe quel été mais il est particulier pour Hermie, Oscy et Benjie. « Ils s’étaient baptisés le Trio infernal mais sans raison particulière, sinon pour gonfler leur ego et établir en quelque sorte leur place dans le monde. » (p. 18). Ce sont donc trois amis qui du haut de leur quinze ans ont l’intention de profiter de leur été pour devenir des hommes. Ils n’oublient pas que leurs aînées (d’à peine quelques années) deviennent des hommes, des héros au large du Pacifique dans un conflit qui les dépasse. D’ailleurs la narration croise les deux « combats » fréquemment : « Les doigts de Hermie se replièrent et se mirent à avancer comme des pattes de tarentue. Ils remontèrent doucement le long du fauteuil et vinrent se poser sur l’épaule chaude d’Aggie, où ils parurent se solidifier et mourir. Aggie ne bougeait toujours pas. La Norvège n’avait pas opposé de résistance non plus. Hermie aspira une Eté 42-4grande bouffée d’air imbibé de fumée de cigarette et toussa. Quand il eut fini de tousser, il laissa sa main où elle était, se disant qu’elle déciderait d’elle-même ce qu’elle ferait ensuite. A l’est, rien de nouveau. Mais des stratégies étaient en train d’être élaborées en secret. » (p.154)

La conquête amoureuse est donc sans cesse mise en perspective d’une conquête militaire, à chacun ses victoires, à chacun ses défaites. Que de balades sur la plage en ne pensant qu’à leur désir… une obsession cet été là. Tandis qu’Hermie tombe amoureux, Oscy préfère s’expérimenter et étudier un manuel d’anatomie avant de tester les fameuses « douze étapes ».

J’ai beaucoup aimé ce roman truffé d’humour, la scène d’achat du préservatif m’a fait Eté 42-2beaucoup rire ! Que de stratégies, que de gênes pour ces adolescents mais que de volonté aussi ! Leur innocence, leur ignorance sont touchantes toutefois ils essaient d’être sûr d’eux notamment Oscy. C’est lui le « chef » de bande, il sourit tout le temps et sait ce qu’il veut. Benjie c’est le plus jeune et c’est aussi celui qui apparaît le moins dans le roman. Et il y a Hermie, le narrateur, le roi de l’inquiétude, celui qui rencontre Dorothy, la déesse de 22 ans dont il tombe amoureux…

Un roman beaucoup plus fin qu’il n’en a l’air où il s’agit d’apprendre à grandir.

Un été 42, Herman Raucher, Folio (avril 2016)

PAL d’été

PAl été enfantsBientôt l’heure du départ en vacances, discrètement j’ai pioché dans les bibliothèques de mes enfants les livres qui partiront avec nous en vacances. Je leur prévois toujours une valise de jouets, des livres et des activités manuelles (livres d’activité, coloriage, gommettes) pour les temps calmes et les éventuelles jours de pluie 😉 Comme l’an dernier et comme à chaque vacances, je choisis les livres en fonction de la saison et de notre destination, donc été /plage /mer /poisson. Je n’ai pas beaucoup d’album sur le thème de l’été (d’ailleurs aucun, donc si vous avez des titres, je suis preneuse) mais côté poisson et mer, nous avions l’embarras du choix alors j’ai procédé à une sélection.

docu isacPetite présentation détaillée de mes choix, je commence par les lectures pour mon grand lecteur (même si en réalité mon bébé brun écoute et feuillette avec soin et plaisir les livres de son frère). Tout d’abord deux documentaires : La mer et Les Bateaux, une collection des éditions Milan, une collection que mon grand aime beaucoup et dont on a de nombreux titres.

Ensuite il faut bien des histoires tout de même, alors en voici plusieurs : Le Petit Poisson rouge d’Eric Battut (édition L’élan vert). Un album que nous empruntions souvent à la bibliothèque et que ma voisine nous a offert il y a peu, Merci ! nous aimons cette belle adaptation du petit Chaperon rouge. Une histoire de pirate : Ti-pirate (édition Lito), une Ete lecture Ijolie histoire de partage. Et puis parce que parfois pécher tous les jours n’est pas très drôle et que chanter est bien plus intéressant, Mel part chercher l’inspiration en mer… une histoire de rencontre dans cette édition qui me rappelle mon enfance, Le Chanteur et la Baleine (Deux coqs d’or). Enfin l’ABC du marin de Virginie Morgand (édition Memo), un bel abécédaire sur le thème de la mer avec des mots qu’on ne rencontre pas toujours.

Pour mon petit bébé brun, un grand classique Petit poisson blanc (déjà emmené l’an dernier mais quand on aime, on ne se lasse pas!). Un imaginer, Mon imagier de la Ete lecture Amer (édition Nathan), mon bébé l’adore (collection super pour les enfants!), il me montre les illustrations, attend que je nomme les éléments et il aime les différentes manipulations. Enfin mon coup de cœur, Voyage en mer (édition Didier Jeunesse), une promenade sonore et une invitation au voyage, un récit poétique et ludique, un régal ❤ ! (il existe aussi Dans la forêt des drôles de bruits, on ne connaît pas mais j’ai noté le titre pour un jour éventuel…).

Bulle et BovDernier livre emporté ce sera un album musical (et oui il faut bien occuper les heures de trajet) : Bulle et Bob à la plage (édition Didier jeunesse), on aime cette série, des histoires charmantes, des plaisirs simples, des enfants espiègles, un conte musical doux, des rythmes enjoués, des bruits naturels (galets, eau…)… vivement qu’on prenne la route !

Jouets étéEt voilà… encore quelques jours, des valises à préparer mais les lectures pour l’été sont prêtes ! Bonnes vacances, bonne lecture sur la plage, bonne rêverie les pieds dans l’eau, bonne dégustation de glace, bon ramassage de galets, coquillages ou autres trésors de l’été ! Petit clin d’œil  : un aperçu des jouets emportés (je fais toujours une photo souvenir, au moins quand on repart on vérifie facilement qu’on a rien oublié !)

A Mélie, sans mélo. Barbara Constantine

a-melie-sans-melo

Voici un roman bien sympathique, léger et optimiste. Le thème, le lien entre une grand-mère et sa petite fille, m’a parfois rappelé de Le livre d’un été deTove Jansson cependant ce ne sont pas différentes anecdotes qui s’enchaînent, il y a davantage un fil conducteur.

Mélie, vieille femme dynamique, va recevoir pour la première fois sa petite fille, Clara, le temps des vacances d’été. Occultant un problème de santé, elle décide de profiter de son été et surtout de créer des souvenirs impérissables à sa petite-fille, l’essentiel pour elle.

« Elle a envie de ne penser qu’à Clara, sa petite-fille. C’est la première fois que Fanette la laisse ici toutes les vacances. Elle ne veut pas en perdre une miette. Et si sa vie doit s’arrêter bientôt, elle veut d’autant plus en profiter pour passer le plus de temps possible avec elle. » (p. 48)

Cet été sera alors une parenthèse enchantée pour Clara… faire des balades en vélo, observer une araignée tisser sa toile, chanter sous la pluie, pêcher avec les mains, regarder les bambous pousser… une vie douce, paisible, hors du temps… s’endormir sur les transats, prendre son temps et puis accueillir sa fille Fanette, le grincheux Marcel, meilleur ami de son défunt mari, le médecin Gérald, le parrain musicien Bello, le courageux Antoine… une galerie de personnages, familles et amis, qui se retrouvent le temps d’une soirée, de quelques jours… beaucoup d’amour (à tous les âges) et si cet été, le dernier peut-être, était celui du grand amour !

Ce roman est un puits de tendresse, de générosité et d’humanité. Cette grand-mère est celle qu’on aimerait tous avoir ou retrouver, je voudrais avoir à nouveau 10 ans et être si insouciante et s émerveillée de tout. C’est une grand-mère qui prend le temps de montrer la magie de la vie, une grand-mère drôle et patiente, une grand-mère attendrissante.

Aucun pathos dans ce récit mais cette insouciance que j’ai particulièrement aimé, j’ai admiré la capacité de la grand-mère à ne (re)garder que les choses positives de la vie. Une lecture qui met du baume au cœur et qui rappelle que le plus important ce sont les moments partagés avec les gens qu’on aime.

« Et depuis Mélie savoure. Respire. Vit chaque seconde, comme si c’était la dernière. Simplement. Sans mélo. De toute façon, ce n’est pas son genre, à Mélie, le mélo… Alors là… Elle se dit qu’elle n’a pas grand-chose à léguer. Pas de fortune, pas de biens. Mais elle connaît la force de la patience. Et puis surtout regarder, écouter, sentir… Alors, elle voudrait lui apprendre, tout ça, à Clara. Lui fabriquer plein de souvenirs. Des tas de souvenirs ! Des beaux ! Des rigolos !

Alors ? Qu’est-ce qu’elle t’a laissé, ta grand-mère, Clara ? Du fric ? Un grand appart, une super bagnole ?

Non. Juste des souvenirs. Mais des… uniques, des qui ne s’oublient pas. » (p. 50)