Les souvenirs. David Foenkinos

Les souvenirs.JPGJuin a rimé pour moi avec panne de lecture. Je n’y arrivais pas… je lisais mais sans ressentir le plaisir de lire, je n’étais pas immergée dans mon roman et du coup je n’étais pas satisfaite de ma lecture, je n’allais donc que très peu vers mon roman. J’ai donc abandonné mon roman et je me suis tournée vers Les Souvenirs de David Foenkinos. Ce n’est pas un auteur que j’ai beaucoup lu (hormis La délicatesse et Charlotte plus récemment), mais je l’ai souvent entendu et je le trouve très agréable à écouter. Quand j’ai croisé ce roman sur les rayons d’une grande librairie d’occasion, j’ai justement saisi l’occasion.

J’ai débuté doucement cette lecture. Comme s’il fallait que je retrouve mes réflexes de lectrice… j’ai tâtonné laissant venir tranquillement le plaisir de lire. C’est un roman qui m’a porté le temps d’un week-end caniculaire, c’est un roman dont j’ai dégusté l’histoire et dans lequel j’ai admiré certaines phrases que j’ai trouvé splendides « Vous êtes si belle que je préfère ne jamais vous revoir. » « Le cœur a quitté le corps avec politesse. » « Elle était encore une femme parmi les trois milliards de femmes ; une anonyme de ma vie. » « Il y a quelque chose de si émouvant à la première apparition d’une personne qui va compter dans votre vie. »

C’est un tendre récit sur les souvenirs d’un jeune homme. Foenkinos a une écriture pleine de délicatesse, de douceur et d’émotions. Ce n’est pas spécialement un roman joyeux puisqu’il s’agit d’un jeune garçon qui se remémore les bons souvenirs passées avec son grand-père avant que ce dernier ne rende l’âme. Le narrateur grandit, la vie continue malgré les êtres perdus. Dans ce roman, pointe donc la nostalgie de l’enfance perdue mais également une réflexion sur l’amour. Un amour se forme alors qu’un autre se déforme…

« Il aimait être un homme, il aimait la vie ; il ne voulait pas boire avec une paille. Et moi, j’aimais être son petit-fils. Mon enfance est une boîte pleine de nos souvenirs. Je pourrais en raconter tellement, mais ça n’est pas le sujet du livre. Disons que le livre peut commencer ainsi, en tout cas. Par une scène au jardin du Luxembourg où nous allions régulièrement voir Guignol. » (p. 11)

Chagrin d’école. Daniel Pennac

Chagrin d'école 1Chagrin d’école fut une relecture, un besoin de retourner à ce livre dont je me souvenais sans vraiment me souvenir. Je me souvenais m’être retrouvée souvent dans les mots de Pennac tout en étant en plein accord avec ses propos. L’histoire avec Daniel Pennac a commencé pour moi en 3e avec La Fée Carabine… je me rappelle mon étonnement devant la langue vulgaire présente… alors comment ne pas souvenir lorsqu’il l’évoque dans cette oeuvre.

Mais Pennac c’est aussi cet élève, ce cancre qui ne comprend pas grand chose et qui finalement devient prof: « la vraie nature du « ça » résiderait dans l’éternel conflit entre la connaissance telle qu’elle se conçoit et l’ignorance telle qu’elle se vit : l’incapacité absolue des professeurs à comprendre l’état d’ignorance où mijotent leurs cancre, puisqu’ils étaient eux-mêmes de bons élèves, du moins dans la matière qu’ils enseignent ! » (p.296) J’ai beaucoup aimé la réflexion de Pennac autour de la difficulté d’enseigner et d’appréhender l’élève en difficulté. La métaphore de l’élève-oignon est très éclairante et tellement vraie : chaque élève arrive ses couches « de chagrin, de peur, d’inquiétude, de rancœur, de colère, d’envies inassouvies, de renoncement furieux »… les élèves arrivent avec ce « fardeau » (p.70) qu’il faut poser afin de pouvoir commencer à apprendre. La réflexion autour de la douleur de ne pas réussir est tellement vrai (et souvent on oublie cette souffrance). Il utilise son passé de cancre pour enseigner. Sans être cancre, je n’étais pas une « bonne » élève, je luttais, je m’efforçais de bien savoir sans avoir compris comment m’y mettre mais, et Pennac a raison « Il suffit d’un professeur – un seul ! – pour nous sauver de nous-mêmes et nous faire oublier tous les autres. » phrase si vraie si je me souviens de Mme Garnier et de ses cours de littérature en seconde et première… elle m’a quitté dans ma voie, j’admirais ses cours ! 

Chagrin d'école 2A la fois autobiographie (puisque Pennac part de ses souvenirs) et essai (puisqu’il propose une réflexion sur son métier), Chagrin d’école fut une relecture nécessaire.  J’ai beaucoup repensé à mes dix années d’enseignement, à mes années en REP+, à cette ferveur et à cette émulation, à tous ces élèves, à ce que j’ai « tenté »… Pennac est passionné par son métier, ses élèves, il fait tout pour leur donner le goût de l’effort et de l’apprentissage, pour que chacun progresse. Chagrin d’école est une ode aux professeurs, une ode aux élèves et à ce métier que j’aime tellement !

« Gardons-nous de sous-estimer la seule chose sur laquelle nous pouvons personnellement agir et qui, elle, date de la nuit des temps pédagogiques : la solitude et la honte de l’élève qui ne comprend pas, perdu dans un monde où tous les autres comprennent. » (p.41)

Mémoire de filles. Annie Ernaux

Mémoire de filleDans cette autobiographie, Annie Ernaux centre son récit autour d’un événement, cet été 1958 où elle est monitrice. C’est la première fois qu’elle est en « vacances » sans ses parents. Jeune fille à lunettes, toute en naïvement, elle tente de s’intégrer à une nouvelle niche sociale et aux groupes de mono. Annie Ernaux raconte donc « sa première fois » avec le mono H, mono qui répond à tous les stéréotypes : blond, prof de sport, dragueur…

L’écriture d’Annie Ernaux m’a fort surprise. voici quelques extraits : « Plus je fixe la fille de la photo, plus il me semble que c’est elle qui me regarde. Est-ce qu’elle est moi, cette fille ? Suis-je elle ? […] La fille de la photo n’est pas moi mais elle n’est pas une fiction. Il n’y a personne d’autre au monde sur qui je dispose d’un savoir aussi étendu, inépuisable. » (p.20-21) ou encore ce passage « cette fille-là de 1958, qui est capable à cinquante ans de distance de surgir et de provoquer une débâcle intérieure, a donc une présence cachée, irréductible en moi. Si le réel, c’est ce qui agit, produit des effets, selon la définition du dictionnaire, cette fille n’est pas moi mais elle est réelle en moi. » (p.24), enfin un dernier extrait : « Explorer le gouffre entre l’effarante réalité de ce qui arrive, au moment où ça arrive et l’étrange réalité que revêt, des années après, ce qui est arrivé. » (p.165). Ecrire cet épisode de sa vie est donc un projet compliqué, cette difficulté est palpable, et est confiée au lecteur, à travers l’alternance entre les pronoms « je » et « elle ». Dès lors le récit se construit à l’aide des souvenirs de l’épisode estival traumatisant, mais aussi de l’analyse que l’écrivain en fait après ces décennies, des conséquences immédiates mais aussi du rôle fondateur des traces profondes de cet événement.

Lisant, relisant avidement les Mémoires d’une jeune fille rangée, j’avais évidemment cet intertexte de Simone de Beauvoir en tête d’ailleurs dès le titre avec le terme « Mémoire » on remarque le lien, il faut noter qu’Annie Ernaux évoque souvent Simone de Beauvoir. Ensuite ce fut davantage pour les distinguer, Annie Ernaux intervient énormément dans son récit autobiographique : elle commente, elle mentionne des oublis, des interrogations, elle porte un jugement, elle se moque, elle ajoute une explication. Mais j’ai trouvé aussi qu’elles avaient un point commun : leur milieu dont elles s’échappent et la condition de la femme et des filles (les références au milieu social sont beaucoup moins marquées chez Annie Ernaux que chez Beauvoir) cependant ces références existent : « R est la seule de mes « amies de jeunesse », autrement dit avant l’installation sociale, mariage et métier. » (p.143)

Quel autre titre d’Annie Ernaux me conseillez-vous après celui-ci ? J’aime les récits autobiographiques et j’ai ensuite de continuer ma belle découverte.

Mudwoman. Joyce Carol Oates

mudwoman Un roman de la grande Joyce Carol Oates, il m’attendait depuis quatre ans sur mes étagères. Une fois de plus je suis conquise et impressionnée par le talent de cette grande auteur américaine.

Je viens de tourner les dernières pages avec encore ce goût de terre qui me poursuit et ces corbeaux omniprésents ! Une fin ouverte qui laisse pleins de questions sans réponse…

Ce roman raconte la vie de « Mudgirl ». Petite, elle est abandonnée par sa mère dans un marais, dans ce marais glacial, le petit corps s’enfonce, la boue pénètre sa bouche, ses oreilles, cette boue l’asphyxie… sauvée miraculeusement, ce goût de la boue, cette boue insidieuse revient régulièrement dans la vie Mudgirl ne pouvant que lui rappeler ce terrible passé. Mais comment survivre à un tel traumatisme ? Recueillie par une famille aimante qui tente de lui faire oublier son horrible passé, Mudgirl devient Meredith Ruth (M.R) Neukirchen.

Oates construit son roman avec une alternance : chapitres sur Murdgirl, « l’enfant de la boue » et ceux sur M.R Neukirchen devenue présidente d’une université de renom. Au détriment de sa vie personnelle qui est un ratage complet, (solitude et amant secret), elle a néanmoins réussie sa vie intellectuelle et professionnelle. Un retour dans la région de son enfance pour prononcer un discours à un congrès va tout mudwoman-1précipiter, elle perd ses repères, des souvenirs émergent, des interrogations arrivent, elle vacille et sombre.

Oates peint un portrait douloureux de femme, une vie parcourue de violence et de peines. C’est la partie sur Mudgirl que j’ai préférée, que j’ai trouvée la plus « prenante ». Le rythme est haletant cependant un peu irrégulier et j’ai notamment trouvé quelques chapitres un peu long en milieu de roman. Sûrement aussi lié à mon rythme de lecture !

« Respirant à peine parce que ses côtes avaient été cassées, une boue puante dans les narines, dans la bouche, les cils mêmes de ses yeux collés ensemble. Meurs qu’est-ce que tu attends. Mudgirl, fille de boue, rebut… meurs. » (p. 178)

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Mudwoman, Joyce Carol Oates, Edition Philippe Rey, oct. 2013

Ton ombre est la mienne, Han Suyin

Ton ombre est la mienne

Philippe et son ami Jacques, docteur, viennent consulter un astrologue dans un village retiré du Cambodge. Ils ne veulent pas savoir ce que le destin leur réserve mais au contraire ils ont besoin des lumières de l’astrologue pour les éclairer sur le passé et plus précisément l’existence que fut celle de Sylvie, la petite sœur de Philippe. Sylvie fut recueillie à l’âge de cinq ans par une femme de ce pays, Maté, après le massacre de leurs parents par les Japonais en 1943. Douze ans après, Philippe parvient à la retrouver et tentera de lui ré-inculquer les mœurs occidentales. Éloignée de sa famille adoptive, Sylvie prend conscience des liens d’amour qui l’unissent à elle. Elle part. Philippe et Jacques la cherchent jusqu’au drame : Jacques la tue accidentellement lors d’une partie de chasse. Mais que faisait-elle ? pourquoi était-elle sous ce buisson ? qui (ou que) fuyait-elle ? où souhaitait-elle se rendre ? retournait-elle vers Maté ou voulait-elle retrouver Philippe ?

Ton ombre est la mienne lecture en coursC’est pour obtenir des réponses à toutes ses interrogations que Philippe et Jacques consultent l’astrologue, afin de comprendre la vie de Sylvie. Tour à tour les deux amis témoignent, l’astrologue faisant office de juge. Interviennent également Maté, son fils Rahit ou encore Anne, la femme de Philippe.

Vous l’aurez compris il s’agit d’un roman sans aucune action. Ton ombre est la mienne est un long dialogue souvent philosophique, mêlant les images et les mœurs orientales et occidentales.

Une nuit d’orage, G. Bornais

Une nuit d'orage

Après quelques pages plutôt difficiles pour entrer dans ce roman, j’ai pris le temps d’apprécier cette lecture et cette histoire.

Dans un petit village de la France rurale des années 60, Manuel est de retour après vingt-quatre ans d’absence. Mais il a la volonté de rester discret. On ressent son appréhension à revenir proche de son village natal d’où la peur de se montrer. Manuel se fait embaucher dans une ferme et renoue avec Petit Père qu’il présente comme un vieil ami qu’il a attendu à sa sortie de prison. Ensemble ils font des parties de pêche mais surtout Petit Père peint. Et puis la situation se dégrade tout d’abord par des ennuis de santé…

Manuel est un homme simple à l’âme tourmentée. Il souhaite retrouver la paix et cela passe pour lui par l’acceptation de son passé. Renouer avec ce passé est important pour lui cependant dans ce village où tout le monde se connaît et où les rumeurs vont bon train, il n’ose pas. Il a peur des rancœurs éternelles et des potins continuels. On découvre les causes de cette appréhension tout doucement jusqu’au revirement final en cette fameuse nuit d’orage, les éléments se déchaînant, les villageois également jusqu’à une étonnante révélation. Le mystère demeure donc sur le lien entre les deux hommes, sur ce passé mais on voit une tendre affection et des liens sincères se créer.

Une nuit d’orage est donc une histoire de famille, une histoire de secrets de famille comme je les aime ; c’est aussi une histoire d’amitié et de fraternité masculines, ce dont je n’ai pas l’habitude mais qui fut fort agréable.

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« Avec elle puis sans elle, Manuel avait cru se reconstruire une existence et il n’avait fait que courir et rebondir, espérant et se décevant au même rythme, trouvant le sommeil quand il était épuisé, l’insouciance quand il rencontrait une femme ou se faisait un copain, mais jamais le repos.

Cette nuit-là, la fatigue ne lui ferma pas les yeux. Sa quiétude bouillonnait. En six jours, il avait retrouvé Petit Père, l’avait perdu aussitôt, retrouvé à nouveau, et il s’était réconcilié avec ces terres qu’il avait abandonnées sans les avoir jamais travaillées. » (p.71)

Une promesse, Sorj Chalandon

20160323_094042Une couverture attirante, un résumé très incitatif, la promesse d’une belle lecture…

Pourtant j’ai eu beaucoup de difficultés pour entrer dans ce roman (le fait de lire une ligne par-ci par-là n’aide bien évidemment pas), j’ai eu du mal à cerner les différents personnages. Progressivement, dès que j’avais davantage de temps pour lire, je me suis plongée dans ce roman et j’ai découvert avec émotion cette histoire de promesse et de lanterne.

Une lanterne maintenue allumée à l’œil-de-bœuf située face à la mer, des visites quotidiennes dans cette maison pour y insuffler de la vie, une promesse fidèlement tenue jour après jour, mois après moi pas une bande d’amis mais pourquoi ? Du mystère dans ce roman, des zones d’ombre aussi : quel est le sens de ces visites ? pourquoi cette lanterne ? Et puis ce groupe d’amis autour du Bosco, celui qui tient le café dans lequel les six amis viennent systématiquement boire un verre  après avoir tenu leur promesse. Petit à petit le passé est retracé. J’ai ressenti beaucoup de tendresse pour ce personnage du Bosco et une infinie émotion pour le couple Fauvette et Etienne.

C’est une belle histoire d’amour, de fraternité et d’amitié (des valeurs dont on a bien besoin), une promesse accomplie qui restera gravée en moi.

La Gloire de mon père, Marcel Pagnol

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Longtemps je n’ai pas voulu ouvrir Pagnol parce que, petite, je regardais très souvent La Gloire de mon père et Le château de ma mère adaptés par Yves Robert. Je les connaissais pas cœur. Je craignais donc de trop les retrouver, ce fut le cas mais étonnement ce fut fort agréable (sûrement car les films sont très fidèles) et j’ai adoré ma lecture. Dans ce roman, le premier tome de ses « souvenirs d’enfance », Marcel Pagnol nous décrit son enfance et surtout la trêve estivale.

J’ai retrouvé cet accent chantant, le chant des cigales, l’odeur du thym et du romarin et cette langue si belle emprunte de charme et de tournures désuètes. Tout comme dans les films, les personnages sont attachants : Augustine, si douce, si prévenante et Joseph (j’adore quand il s’exclame « Oh malheureuse ! » ou comme il donne ses « leçons »), un couple très touchant, Joseph me touche par sa foi en l’humanité, M. l’instituteur et le respect qu’il engendre, les valeurs républicaines qu’il défend et sa foi en le travail et l’instruction. Et que dire de l’oncle Jules, sa jovialité et ses « r » chantant ! Bien sûr je connaissais l’histoire par cœur, l’école, l’approche des grandes vacances et les préparatifs, la rencontre entre tante Rose et l’oncle Jules, le trajet à travers la Provence et les tendres attentions de Marcel envers sa mère (une complicité émouvante), les jeux dans les collines entre les deux frères et bien évidemment la chasse aux bartavelles. Ce roman est sublime, plein de poésie, de douceur, de tendresse, d’humour, une vie simple mais tellement touchante. En lisant les dernières lignes j’avais envie de rester auprès de Marcel dans ces collines de Provence tant cette lecture fut savoureuse.

Lu dans le cadre du challenge Myself de Romanza

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Comment j’ai appris à lire, Agnès Desarthe

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Un petit ouvrage à peu part pour ces jours-ci : Agnès Desarthe raconte comment elle a appris à lire, non pas ce qu’on appelle déchiffrer  mais la vraie lecture, celle où on découvre l’implicite, la richesse et la beauté d’un texte, celle qui fait qu’on aime lire. Elle qui a baigné dans une famille où on lit, n’aime pas lire, elle déteste les lectures imposées à l’école pourtant elle choisira hypokhâgne. C’est ce parcours qu’elle décrit : d’enfant n’aimant pas lire à femme devenue traductrice, parcours réalisé grâce à la rencontre de plusieurs madame B. lui ayant ouvert des voies vers la lecture.

Attirée par l’écriture depuis toute petite, elle pense que c’est ce goût vers l’écriture qui l’a amené à découvrir la lecture. En effet, selon elle, apprendre à lire est passé par l’écriture et plus précisément par la traduction : comment respecter les choix des écrivains ? comment leur rester fidèle ? Déchiffrer mot à mot ne sert à rien, il faut nécessairement accéder à une deuxième lecture, celle des lecteurs-interprètes, celle des lecteurs-experts. Lire est une interaction entre souvenirs, découvertes, cultures, intuitions… (ensemble qui manque cruellement à mes élèves, d’où mon intérêt pour ce roman : comment parvenir à cette lecture ?). Les pages sur son travail de traductrice sont à cet égard merveilleuses avec toutes les réflexions sur les étapes.

Un joli petit récit mêlant souvenirs d’enfance et réflexion sur son travail.