La poursuite de l’amour. Nancy Mitford

La poursuite de l’amour – Nancy Mitford (Edition 10/18)

Je crois que ce roman ne restera pas longtemps dans ma mémoire, j’ai pourtant aimé mais j’ai mis trop de temps à me plonger dedans. Ce sont les derniers chapitres qui m’ont marqués (et qui m’ont fait pensé à la série des Cazalet mais en moins bien, en moins fourni, en moins précis). Deux jeunes aristocrates, cousines, Linda et Fanny, aspirent à l’amour. Toutes deux le poursuivent et ne vont pas s’y prendre de la même manière. Tandis que l’une se montre prudente, l’autre, plus fougueuse et romanesque, se lance à corps-perdu dans des relations amoureuses et convole rapidement en noce. La Seconde Guerre Mondiale vient bouleverser les rencontres et rapprocher les deux cousines.

Le roman est donc une suite de discussions autour de l’amour, une série d’aventures et beaucoup de déconvenues amoureuses. Le personnage de Linda est un peu agaçant, jeune femme capricieuse et peu réfléchie, j’aurais aimé que Fanny prenne plus de place dans la trame narrative. Ce roman est enjoué et plaisant, l’atmosphère anglaise est présente et charmante mais il m’a manqué quelque chose, ou plutôt j’ai loupé quelque chose au départ qui aurait dû m’accrocher davantage. Et pourtant les derniers chapitres m’ont vraiment et j’ai très envie de lire la suite, L’amour dans un amour froid (d’autant qu’il est sur mes étagères) donc à suivre !

Soldat Peaceful. Michael Morpurgo

Soldat Peaceful – Michael Morpurgo (Gallimard Jeunesse)

J’ai lu ce roman dans le cadre du challenge Les classiques, c’est fantastique du blog Au milieu des livres et de Mes pages versicolores. Ce mois-ci, le thème était « Quand l’histoire raconte l’histoire ». A la lecture de ce thème, je reconnais ne pas avoir été inspirée. Longtemps aucun titre ne m’est venu, ou seulement des livres que j’avais déjà lu. Mais j’avais envie d’une découverte. En ce mois de commémoration de l’armistice, j’avais une autre envie, celle d’une lecture parlant de la Première Guerre Mondiale.C’est pourquoi je me suis tournée vers la littérature jeunesse. Et Michael Morpurgo s’est imposé à moi.

Au cours d’une nuit, une dernière nuit, le soldat Tommo Peaceful décompte les heures, il ne veut surtout pas dormir, il veut se souvenir, il veut penser à lui et à eux. Tommo, dix-ans, veille donc et se remémore sa vie passée. C’est ainsi qu’il raconte son enfance en Angleterre dans une famille modeste mais aimante, la mort de la son père, leur logeur le Colonel et ses règles, leur mère qui leur protège coûte que coûte, son frère Charlie qu’il ne quitte jamais et Molly, celle qu’il aime. Au fil des chapitres, la guerre approche. Elle est d’abord une rumeur et puis Tommo est confronté à des soldats. Bien qu’âge de seize ans seulement, Tommo s’engage tout simplement car il n’a jamais quitté Charlie et refuse d’être loin de lui, leur lien est trop fraternel et fusionnel. Avec honneur, il veut défendre son pays. Alors on découvre les tranchées, la boue, les rats, les commandants et les commandements inutiles, la pluie et l’humidité, le froid, la peur, le bruit… Tommo raconte leurs quotidiens dans les tranchées, les amitiés, les lettres reçues, les amitiés nouées, les camarades perdus ou blessés. Tommo veut profiter de ces dernières heures pour se souvenir que rien n’est plus beau que l’amour et la fidélité.

C’est un beau livre avec une fin poignante, un hommage sensible à tous ces soldats qui ont lutté pour nos libertés. C’est un récit qui permet de réfléchir à la question de l’injustice des fusillés pour exemple, un sujet rarement évoqué en littérature finalement. Comme toujours avec les romans ou les histoires sur la guerre, j’ai la boule au ventre de lire ça, de lire ce que ces hommes ont vécus, de me dire que tout ceci a pu exister. De l’insouciance d’un gamin de seize ans, on passe à l’atrocité de la guerre, de la haine et de la violence. On comprend comment ce conflit a brisé des hommes et des familles ; heureusement les frères Peaceful possèdent une humanité et une fraternité qui les rendent touchants et attendrissants.

« Je ne pouvais même plus me tromper moi-même en feignant de croire en un Dieu miséricordieux, ni au paradis, plus maintenant, pas après avoir vu ce que les hommes peuvent faire à d’autres hommes. Je ne pouvais plus croire qu’à l’enfer dans lequel je vivais, à l’enfer sur la terre, un enfer créé par l’homme et non par Dieu. » 

Tistou les pouces verts – Maurice Druon

Tistou les pouces verts – Maurice Druon (Le Livre de Poche dans une édition de 2009 chinée)

Ce roman, je l’ai lu petite mais je n’en avais aucun souvenir, j’avais en tête quelques images imprécises des illustrations de Jacqueline Duhème (dans mon édition d’enfance qui n’est pas celle en photo). De l’histoire, rien. Donc me voici lancée dans une relecture. Il faut tout de suite dire que ça se lit très vite mais que c’est une lecture agréable. Tistou, petit garçon malicieux, découvre grâce à son jardinier Moustache qu’il a les pouces verts. Mais qu’est-ce que cela peut vouloir dire ? Tistou a un don : dès que ses doigts touchent la terre, des plantes poussent à une vitesse vertigineuse. Tistou va alors profiter de ce don pour embellir la ville et la vie.

Tistou les pouces verts est un conte, la préface de l’auteur le précise bien. Tistou refuse le monde des grandes personnes, leurs certitudes et leurs habitudes. Lui, il s’interroge, il questionne, il observe. La générosité et la gentillesse sont ses deux grandes qualités alors face aux souffrances, face à la misère, face à la guerre, il tente de trouver des solutions. Tistou est pétri d’altruisme. Comme tous les contes, on y retrouve une morale. A la fois fable philosophique avec une réflexion sur les « idées toutes faites des grandes personnes », c’est aussi un conte écologique puisque grâce à la nature, les fléaux s’éloignent de la ville de Mirepoil mais c’est également un conte d’apprentissage puisque Tistou évolue dans ce conte, il apprend de ses actes et de ses erreurs. Pour toutes ces raisons (et parce que je trouve l’histoire et les dessins de Jacqueline Duhème très touchants – cette illustratrice est un doux souvenir d’enfance, je me souviens de ses dessins – donc pour toutes ces raisons, je donnerai Tistou les pouces verts à mes petits élèves de sixième (avec lesquels j’ai pour fils conducteur le jardin). Les très bons lecteurs le liront très facilement mais ils réfléchiront à toutes les valeurs et pour les lecteurs plus fragiles, ce sera un joli conte dans lequel la morale est assez explicite et dans lequel il n’y a pas de méchant (et ça, c’est quand même beau, un monde sans méchant).

« Les grandes personnes ont, sur toute chose des idées toutes faites qui leur servent à parler sans réfléchir. Or, les idées toutes faites sont généralement des idées mal faites. » (p.8)

Confusion – Elisabeth Jane Howard

Le 3e tome de la série des Cazalet, après une longue interruption j’ai retrouvé avec plaisir cette famille. J’ai mis quelques pages à retrouver qui était qui (notamment les connaissances éloignées de la famille) mais très vite, je me suis sentie à l’aise et tellement heureuse de tous les retrouver. Ce 3e tome m’a enchanté, peut-être encore plus que les deux précédents (que vous pouvez d’ailleurs retrouver ici pour Etés anglais et ici pour le tome 2, A rude épreuve). Contrairement aux deux premiers, il n’y a pas ces premières pages que j’avais trouvées longues.

Confusion – Elisabeth Jane Howard (Edition La Table Ronde)

Nous retrouvons la famille Cazalet en 1942, peu de choses ont changé à Home Place. Sybil est décédée, c’était un personnage que j’aimais beaucoup et qui m’a profondément manqué dans ce tome. J’aimais le duo qu’elle formait avec sa belle-soeur, Villy. Mais dans ce volume, Elisabeth Jane Howard s’intéresse davantage à la 3e génération des Cazalet, celle des petits-enfants qui deviennent peu à peu adulte. Ce tome est centré autour des deux cousines Polly et Clary, mais aussi de Louise. Le groupe des cousins est moins présent, éloigné d’Home Place par les études. On retrouve beaucoup Zoé également, la femme de Rupert et mère de la petite Juliet. C’est donc un tome essentiellement centrée sur les femmes de la famille Cazalet. Il faut dire que les hommes sont aux affaires, absents ou bien peu actif, le Brig notamment. Polly et Clary cherchent à quitter l’étau familial, à rejoindre Londres, à s’émanciper de Home Place. C’est ce qu’a réussi à faire Louise mais son mariage si prometteur s’annonce, pour elle, bien décevant. Pour la jeune mariée et la jeune mère, les désillusions s’enchaînent. C’est un tome assez triste malgré le fait que la famille soit assez protégée de la guerre, le conflit n’est finalement que peu présent dans le déroulement de la vie, on suit le conflit grâce aux discussions entre les personnages (le débarquement, la découverte des camps par exemple, l’armistice est évoquée également). Cependant durant tout le roman on sent une atmosphère pesante sur Home Place. Le Brig lutte avec la cécité, Edward menace sa famille par ses infidélités, Zoé est isolée et s’interroge sur la disparition de Rupert, Hugh est en deuil, Rachel est occupée par tous les domestiques et ses parents qui vieillissent.

Il y a de nombreux sentiments dans ce tome et les personnages semblent se battre avec eux : il y a de l’amour, des disputes, des naissances, des déceptions, des aspirations et au milieu de toute cette confusion, c’est Archie qui semble le pilier de la famille. Il recueille les confidences de chacun et connaît tous les secrets. Ce tome 3 est donc à la hauteur des précédents, j’aime chaque membre de cette famille, certains plus que d’autres mais ils ont tous une forme de tendresse, les dernières pages sont génialissime, Elisabeth Jane Howard sait donner envie de nous jeter sur la suite : Alors vivement que j’achète le tome 4 !!

Le jardin du dedans-dehors. Chiara Mezzalama et Régis Lejonc

Le jardin du dedans-dehors – Chiara Mezzalama et Régis Lejonc (Editions des éléphants)

Avant de parler de l’histoire, je voudrais parler de cet album, de l’objet qu’il est car il est très beau. Son format atypique est magnifique, il met pleinement en valeur les illustrations d’inspiration persane. C’est un livre très agréable à tenir entre les mains et avant de le lire, je l’ai plusieurs fois feuilleté jusqu’à ce soir où je me suis dit qu’au-delà des dessins il fallait que je le lise.

Le jardin du dedans-dehors est une histoire amitié entre deux enfants. La famille de Chiara part s’installer en Iran, son père y est nommé ambassadeur. On en en 1981, le pays est en guerre avec l’Irak. Mais Chiara, elle, découvre un jardin luxuriant, un jardin de princes et de princesses. Dehors, c’est la guerre, c’est la « ville monstre », ce sont des soldats, ce sont des bombes, ce sont des hommes barbus… Derrière le mur, dans son jardin, elle joue avec son frère et leur chien, court avec des lézards et s’amuse en toute insouciance. Jusqu’au jour où un jeune garçon escalade le mur du jardin.

Au-delà de cette histoire d’inspiration autobiographique, je trouve que la thématique des murs, du jardin comme prison dorée et la réflexion autour de la frontière est très intéressante d’autant qu’elle est universelle et intemporelle. Ce mur protège mais isole, ce mur, s’il est franchissable, peut devenir une menace mais il devient une découverte de l’autre et le lieu d’une prise de conscience de l’extérieur. C’est un livre qui rejoint la sélection pour mes 6e (sélection autour de la thématique du jardin) mais que je vais aussi proposer à la lecture à mes 3e pour réfléchir aux thématiques abordées.

Je ne résiste pas à l’envie de vous citer cette phrase que je trouve d’une beauté incroyable : « Parfois les hommes deviennent fous, de rage, de haine, ils perdent les mots. Ils choisissent les armes. » J’espère vous avoir donné envie de lire cet album car il mérite le détour et permet avec des adolescents d’aborder des sujets pas toujours évidents.

Des mots en fleurs – Marie Colot et Karolen Vanderstappen

Des mots en fleurs – Marie Colot et Karolen Vanderstappen (Cotcotcot éditions)

Je crois qu’il va être difficile de vous parler de ce livre tellement il est à part.

Tout d’abord c’est un magnifique objet. L’édition Cotcotcot (que je ne connaissais pas) propose un livre soigné et beau, agréable au toucher et à la vue. Tel un cahier d’écolier, on y trouve les pages lignées, la page à rabat et des dessins, des croquis un peu partout. C’est donc un livre illustré, « pour petits et grands jardiniers » comme cela est indiqué au-dessus du code barre. C’est un livre très court mais si vous avez envie d’une douceur, d’un moment poétique, d’un moment hors-du-temps, prenez ce livre, offrez ce livre ou lisez-le à un enfant.

L’intrigue est simple : comme tous les matins, à l’heure du premier train, Monsieur Mots pousse la barrière de son jardinet. Il regarde ses plantes, observe ses fleurs et il prend le temps de vivre. Sur la parcelle voisine, Monsieur Terre s’active, il bêche, il sarcle, il sème… et puis au fil des saisons, un chapitre par saison, la magie opère… la métaphore de l’écrivain jardinier prend vie sous nos yeux. Monsieur Mots cueille un mot puis un autre avec délicatesse, comme un écrivain qui cherche le bon mot pour sa phrase. Ses mots sont cultivés avec amour, il les connaît, il en pressent les bonheurs et il les assemble afin de former une composition lumineuse, odorante et savoureuse.

Ce livre est un petit bijou. Dernier détail (mais tellement touchant), le dernier chapitre c’est à nous de l’écrire, quelques pages demeurent plage et Marie Colot nous invite à écrire une saison en plus avec Monsieur Mots… après le plaisir de la lecture, vient l’invitation à l’écriture.

C’est un énorme coup de coeur dont je parle malheureusement très mal, cependant j’espère vous avoir donné envie de le lire ou de l’offrir.

Le Château des Bois-Noirs. Robert Margerit

Le château des Bois-Noirs – Robert Margerit (Edition Libretto)

Décidément je reste (après Aimez-vous Brahms.. de Françoise Sagan) dans les histoires de trio amoureux mais celle-ci fut différente. Tout d’abord (et ce fut le hasard), j’ai lu ce roman en Auvergne, lieu où se déroule l’histoire. J’imaginais donc parfaitement ce château isolé, qui n’a d’ailleurs de « château » que le nom puisqu’il s’agit plutôt d’une vaste demeure délabrée et sombre voire lugubre. Quand les personnages étaient plongés et affrontaient ce rude hiver, je ressentais parfaitement le vent et le froid de ces vallées mais aussi la solitude, perché dans ce petit manoir oublié au coeur d’un massif forestier, les jours de tristesse devait être bien sombre. L’intrigue se déroule au lendemain de la guerre, une jeune femme Hélène, élevée dans le meilleur des mondes, épouse un jeune auvergnat, Gustave. Mais très vite, il tourne le dos à la vie parisienne et le couple s’installe, reclus dans ce vieux manoir de famille, ce terroir chargé de légendes. Hélène habite avec sa belle-mère, une vieille femme affectueuse, peu à peu une tendre affection noue les deux femmes. La vielle femme observe Hélène changer, joviale et légère à son arrivée, elle se renferme car la jeune épouse découvre Gustave sous un autre jour : taciturne, apathique, il revêt des vêtements de paysan, obsédé par le corps de sa femme, elle le trouve étouffant et aimerait partager balade et discussion avec lui. Mais Gustave préfère s’occuper de sa collection de sa timbre. Et puis son beau-père arrive, Fabien la sort de sa torpeur. Ils jardinent, ils chevauchent, ils discutent…

Ce roman m’attendait depuis quelques temps sur mes étagères mais je voulais le lire en automne et c’était une lecture parfaite, ce roman gothique est à lire sous un plaid, avec la pluie qui bat les fenêtres et le vent qui souffle. On ressent alors ce que peuvent ressentir les personnages. Ce couple maudit surprend. Et même s’il y a des choses qu’on « pressent », j’ai trouvé ce roman bien construit. L’intrigue va crescendo jusqu’à basculer dans le drame. J’ai beaucoup pensé à Thérèse Raquin, roman de mon Emile Zola, on y retrouve la cruauté, l’ennui, l’aigreur qui ronge les personnages. Robert Margerit écrit un huis-clos dans lequel l’amour, le désir, la sensualité et l’amitié côtoie la bestialité et la cruauté.

« En fait, Hélène se prenait moins d’affection pour la Dernière qu’elle n’en subissait le confus envoûtement. C’est murailles, dans leur vieillesse, leur puissance et finalement leur insolite beauté, recelaient une force indéfinissable – Fabien avait très exactement dit que la maison était captivante. Mais encore l’atmosphère monotone, ces solitudes réunies par un lien lâche et silencieux, l’odeur froide des murs et la fraîcheur; en ces jours chauds à présent, des profondeurs où, passé les portes-fenêtres, on rentrait comme dans une eau endormie, la pénombre dans les couloirs, jusqu’à l’omniprésence invisible d’Antoine : tout engourdissait l’âme. » (p. 103)

Octobre 2021

De retour pour nos petits bonheurs du mois

mes footing qui s’espacent / des jeudis soirs sportifs / la pluie qui s’invite / des projets qui fleurissent / album et lecture d’automne avec les enfants / mercredi sportif / « moi je veux dormir avec des humains, pas avec des doudous » / couleurs automnales / dernières récoltes de notre mini potager / récolter ma verveine citronnelle / nettoyer le potager / son petit bureau / soirée solo et fatigue / repas au four, enfants lavés, lessive étendue, copies en cours de correction, salon rangé… le marathon du 17h-19h /leur compte de billes / été indien / un jeudi en sortie / à l’ombre du marronnier / jardins littéraires / ce soleil… / les jolis choix d’albums du soir / première raclette / un samedi dehors / l’arboretum ou le jardin merveilleux / admirer les arbres et goûter dehors / réserver des spectacles / envie de sortir / une tisane et un livre / première flambée / les derniers jours / sortir quelques livres pour les vacances / ses progrès en natation et vaincre sa peur peu à peu / deux jours sans eux / matinée au lit / mon vieux poche / lire, travailler / la vaisselle de ma grand-mère qui s’installe peu à peu dans mes placards / soupe de tomates avec les tomates de notre potager / Rodin… le penseur / les voir captivés devant les sculptures / partir / découvrir l’Auvergne / marcher sur les volcans / descendre dans un cratère / randonner, marcher sous le vent / nos pique-nique au sommet / une ascension magnifique / col de cuzeau / ces rafales qui lui font perdre l’équilibre / le voir toujours devant en randonnée / « maman, tu es sûre que ce ne n’est pas dangereux ce volcan ? » / apéro et saint-nectaire / lire le matin / la neige qui s’invite au matin / l’album du matin / « oh je vois des vaches »… cette phrase qu’on a entendu toutes les cinq minutes / des routes flamboyantes / visiter des grottes / marcher et marcher encore / ce château et cette visite si intéressante / « maman, on est des cabris, on saute » / « maman, en rentrant on va au Louvres ?… cette envie de visite qui ne les quitte plus

Aimez-vous Brahms.. Françoise Sagan

Aimez-vous Brahms…François Sagan (Le Livre de Poche)

« Et cette petite phrase « Aimez-vous Brahms? » lui parut soudain révéler tout un immense oubli : tout ce qu’elle avait oublié, toutes les questions qu’elle avait délibérément évité de se poser. » (p. 64)Aimez-vous Brahms.. est un roman de Françoise Sagan (seul roman de cette autrice que j’ai lu d’ailleurs). J’ai été surprise par le style, à la fois très simple mais on y décèle tellement de choses derrière chaque mot posé sur le papier. Les formules sont courtes, nettes et justes. Tout paraît simple mais finalement tout est plus compliqué qu’il n’y paraît. Comme dans l’esprit de l’héroïne. Paule, jeune femme de 39 ans, est mariée à Roger. Elle est habituée à l’attendre à la maison, elle s’est accoutumée à ses absences ou ses retards et s’en accommode. Mais la rencontre avec Simon, un jeune garçon, le fils de sa patronne, la perturbe. L’attirance semble réciproque. Ils se croisent lors de réceptions et Paule s’attache à lui, par vengeance d’abord. De ce trio classique, l’amant, la femme et le mari, Françoise Sagan raconte l’histoire, pas tant l’histoire de l’adultère que l’histoire de Paule, rongée par la solitude féminine. Elle est partagée entre deux hommes, partagée entre la jeunesse et sa maturité. C’est une femme malheureuse qui va se laisser séduire pour s’occuper. C’est une femme inquiète de son avenir, inquiète de ne plus aimer ni être aimée, inquiète d’aimer, elle ne sait plus ce qu’elle aime car elle n’a jamais pris en main sa vie. Elle sait qu’elle est point d’ancrage de Roger, que malgré toutes ses infidélités, elle est son repère mais elle, elle voudrait être heureuse, elle voudrait vivre. Le trio a ce point commun, ils aiment tous, ils aiment forts mais mal… et chacun souffre.

C’est un roman qui se lit en quelques heures mais j’y ai trouvé une atmosphère délicate, désuète, peut-être mélancolique aussi. L’amour est le sujet central : l’amour fusionnel, l’amour éteint, l’amour passionnel, l’amour naissant… ne passez pas à côté de ce roman si vous tombez par hasard dessus (comme ce fut le cas pour moi); à écouter avec en fond sonore une petite symphonie de Brahms 😉

L’Auberge du pélerin. Elisabeth Goudge

L’Auberge du Pèlerin – Elisabeth Goudge (Le Livre de Poche)

Je ne sais pas où commencer. j’aime Elisabeth Goudge, j’aime ces romans anglais un peu désuet, j’ai une passion pour ces vieilles éditions poches qui rendent la lecture incroyablement agréable… malgré tout cela ce n’est pas le meilleur d’Elisabeth Goudge que j’ai lu mais retour sur le charme de ce roman.

Ce charme réside dans les trois quart du roman. Cette auberge, c’est l’Herbe de Grâce, une ancienne maison de Dieu, une auberge du temps du moyen-âge, qui recèle des mystères et exerce une influence si positive sur ces occupants. LEs occupants c’est une famille désunie qui choisit ce lieu pour se réunir. C’est la famille Eliott, il y a donc Georges, homme maladroit et mal-aimé et son épouse Nadine, surmenée et fatiguée de leurs enfants. La chef de famille c’est Lucilla, la grand-mère qui veille sur ce petit monde et observe les unions et les désunions, elle a vu les amours entre Nadine et son niveau orphelin David. Dans cette auberge, il y a aussi le bon pasteur Hilaire, le frère de Georges et puis un peintre galant s’installe avec sa fille, Sally, fille timide et éprise de David et que Lucilla aime tout particulièrement. Et puis arrivent un couple d’artistes, Malony et Annie-Laurie, couple marqués par un drame secret qui a bouleversé leur vie. Ce petit monde se croise dans la vieille maison, entourée de bois. Une sérénité se dégage des descriptions de cette maison et de cette campagne environnante, chacun réfléchit à sa vie, à ses renoncements ou ses espérances, chacun tente de trouver ou de retrouver la paix intérieure.

C’est un roman paisible et bienveillant. Elisabeth Goudge prend le temps de présenter ses personnages et de raconter leurs histoires. En milieu de roman, ce fut sûrement un peu trop paisible, il y a quelques longueurs (de mon point de vue), on sent les choses arriver mais cela s’étire en discussions et en réflexions et on perd un peu le fil. Heureusement la fin de roman est plus captivante. Les fêtes de Noël approche, chacun tente de préparer quelque chose pour les autres, une unité se forme. Et puis il y a une découverte dans le hangar aux confitures. La maison est le personnage principal de ce roman, elle ensorcelle et captive chaque personnage, elle tire le meilleur de chacun et permet à cette famille de trouver une atmosphère chaleureuse et conviviale.

« Cette auberge était une maison ancienne, assez vaste, avec d’épaisses murailles blanchies à la chaux et flanquées de contreforts, et une toiture cabossée, fortement inclinée, en tuiles couleur d’ambre tachetées de lichens d’or. Des fenêtres s’ouvraient dans le mur blanc et dans le toit inégal, à toutes les hauteurs et aux endroits les plus inattendus. Elle ressemblait à une robuste forteresse, rayonnante et amicale, accueillante et profondément vivante. » (p.124)

Roman lu dans le cadre du challenge Les classiques c’est fantastique organisé par les blogs Au milieu des livres et Mes pages versicolores