La Peur et autres récits.

La PeurVoici un recueil de nouvelles (nouvelles à chute, nouvelles réalistes et fantastiques). J’utilise cette année ce recueil avec mes 4e et j’en suis plutôt satisfaite. Autant vous prévenir j’utilise très peu les appareils didactiques donc je ne sais pas ce que ça vaux en revanche j’ai lu les différentes nouvelles et eux aussi !

Pour la lecture nous n’avons pas respecté l’ordre proposé par le recueil, on a commencé avec les nouvelles réalistes : L’Ivrogne de Guy de Maupassant (ce qui a fait le lien avec La Parure étudiée en classe). C’est la nouvelle qui nous a le moins plu, la chute est sanglante et l’atmosphère pesante : l’alcoolisme et la violence du personnage ont perturbé mes élèves. Ils étaient très mal à l’aise et ne savaient pas trop comment comprendre cette nouvelle. En revanche ils ont été saisi par La Peur d’Irène Nemirovski, ils ont aimé la plume. Petit détail, ils ont aimé quitté le XIXe siècle et découvrir un texte réaliste du XXe siècle. Cette lecture a confirmé mon amour pour cette auteur et sa plume, c’est beau et gracieux !

On a ensuite lu des nouvelles à chute : Cauchemar en jaune de Frederic Brown (un succès à chaque fois), moins appréciée fut la nouvelle d’Annie Saumont La Femme du tueur ; même si la touche humoristique a fonctionné, ils m’ont pas aimé l’écriture (la vulgarité notamment) mais ils ont trouvé que sa brièveté extrême empêchait d’entrer dans l’histoire.

Concernant les nouvelles fantastiques, nous étudions en classe la nouvelle de Dino Buzzati, Le Veston ensorcelé. Ils apprécient mais cela pose question : l’argent facile engendre-t-il toujours des conséquences néfastes ? comment auraient-ils réagi à la place du héros ? Pendant les vacances ils doivent lui les trois dernières nouvelles. Personnellement j’ai adoré La Main de Maupassant, le récit enchâssé est palpitant et effrayant… J’avais un très bon souvenir du Portrait ovale d’Edgar Allan Poe mais je dois dire que ma relecture m’a déçue. Dernière nouvelle où le cœur bat la chamade, La Disparition d’Honoré Subrac de Guillaume Apollinaire !

Un recueil où chacun peut trouver une nouvelle adaptée et dans lequel on passe d’une émotion à une autre.

La Peur et autres récits. 8 nouvelles fantastiques, réalistes, à chute. Flammarion, étonnants classiques. Avril 2015

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Il est temps de planer…

IMG_2543Allez on oublie les livres le temps d’un article pour se consacrer à de la jolie papeterie. Vous savez à quel point j’aime les petits carnets et que j’en ai un peu pour tout mais une chose aussi importante pour mon année réside dans  le choix de mon agenda. Essentiel pour moi, il regroupe mes rendez-vous professionnels, les rendez-vous de la famille et souvent j’y ajoute plein de post-it avec les listes de ce à quoi je dois penser. Choisir mon agenda consiste donc en un choix important d’autant que je les garde d’une année sur l’autre.

Cette année j’ai choisi mon modèle, un concept qui allie l’idée du bullet journal et de l’agenda donc parfait pour moi ! Avec ce planner, je peux noter mes idées (de lecture, de recettes, de voyages…), conserver des souvenirs dans les nombreuses pages de notes mais aussi organiser mes priorités. Les pages semaines sont assez grandes donc terminés les petits papiers qui s’envolent de l’agenda, je pourrais noter tous les indispensables de la famille ! Ce que j’aime aussi dans ce planner c’est l’idée qu’il soit conçu pour le conserver, chaque mois une page bilan permet d’immortaliser son mois, on peut ajouter des photos, le personnaliser à son goût : une belle manière de conserver les jolis moments de nos semaines écoulées.

J’ai déjà quelques invitations ou rendez-vous pour le début d’année alors je l’ai sorti du tiroir où il m’attendait sagement. J’ai commencé à me l’approprier et à le remplir. Il est dorénavant posé sur mon bureau. Petit détail essentiel, il est tout doux et ses tons pastel sont très harmonieux.

 J’ai rempli la page des anniversaires, très pratique. Je réfléchis encore pour la page « Imaginer son année », j’ai plein de choses en tête mais je veux prendre le temps de les rédiger. Et oui car c’est aussi ça le concept, prendre le temps d’écrire et retrouver ce plaisir ! Une page que j’ai beaucoup aimé, celle des voyages à venir. Souvent, lorsque les collègues, la famille ou les amis racontent leurs vacances, je notais ça sur des bouts de papier (les fameux) maintenant à moi le beau planisphère et les rêves d’évasion !

Et comme vous le voyez, une magnifique double page pour nos coups de cœur livresque ❤ ! Pour les autres pages de ce planner, je vous laisse les découvrir sur le site de la marque Histoire d’écrire.

Septembre 2017

IMG_2208veille de rentrée / récupérer nos enfants endormis chez Mamie & IMG_2397Papé /choisir ma tenue de rentrée et les leurs / dixième rentrée / 6e6 4e1 4e2 / retrouver les collègues, cette petite excitation de rentrée / moyenne section dans une école en chantier / me (re)mettre au sport et espérer m’y tenir / côté de bœuf et nos enfants qui s’entendent si bien /  parc et gommettes avec mon bébé / initier la pizza du mercredi / des 4e qui ont l’air choupi /  IMG_1918proposer un quart d’heure lecture plaisir et voir 30 sourires / aller à la piscine et se retrouver face à un bassin sans eau / jouer aux pompiers pour de vrai ! caserne ouverte / le caddie de mon grand-papa qui reprend du service avec mon grand / 13 ans d’amour ❤ / mon petit bébé qui pleure… dure reprise pour lui / tester les tablettes et la classe FullSizeRenderinversée avec mes 4e / soirées de réunion / mon fils et sa grosse bêtise à l’école… qui a fait bien rire la salle des profs / tenir mon planning sportif : piscine le vendredi et footing hebdomadaire / mon bébé qui s’accroche à sa maman / un grand tellement épuisé / sa maîtresse qui me donne envie de retourner en maternelle ; maîtresse au top ! / un samedi sans enfant / profiter d’être amoureuse / première séance d’éveil sportif / peindre des feuilles IMG_2406d’automne / visiter une ruine sous la pluie et se prendre à rêver / champagne du dimanche soir / une fin de lundi paisible / que de progrès pour tenir son crayon ! / mon dessin quotidien / grosse crise du mardi soir / encore l’ophtalmo, opération programmée IMG_2379pour tes 2 ans / « J’ai pas emmené de doudou à l’école parce que j’avais pas envie et parce que je ne suis pas fier de lui » / infatigable jusqu’à …19h45 / renard, ton animal symbole / 40 minutes, 44 longueurs / premier mal de gorge / rendez-vous à la banque ou le sombre retour à la réalité / glands, châtaignes, nos trésors d’automne / piscine à quatre / la douloureuse impression de ne pas progresser en footing / 90 copies pour un week end / des poches pleines de marrons / « Avec les marrons, on va faireIMG_2447 des maronssuis »… quelle ambition / un tableau de mots interdits / mercredi avec Mamie & Papé / rattraper mon retard de repassage / satanées copiées / « je suis fier de mon prophesseur de français », Sidy si attachant / soleil du vendredi mais sombre nouvelle / tout de rose vêtue pour courir / dortoir d’enfants / soirée pizza pour tes 33 ans /

Valet de pique. Joyce Carol Oates

Valet de piqueOh Joyce Carol Oates, une magicienne ! Une fois de plus, l’effet Joyce Carol Oates a fonctionné avec moi et à merveille ! Une fois de plus j’ai été embarquée dans ce roman, un thriller, une fois de plus j’ai été saisie et captivée, surprise et avide de lire.

Dans ce thriller, Oates brosse le portrait d’un écrivain, Andrew J. Rush, un homme touchant et affreux, un auteur de romans policiers perturbé par ses succès et dont la folie s’empare. La faute à son pseudo littéraire qui prend peu à peu trop de place prenant ainsi le pouvoir sur lui. Andrew Rush est un personnage touchant car un peu « pépère » avec ses vieilles manies et sa vie tranquille, cependant l’intensité est croissante et il ne faut finalement pas se fier aux apparences. Cet écrivain se révèle plus intéressant qu’il n’a en l’air. Son âme est torturée, en souffrance… Son pseudo littéraire représente la part sombre d’un individu, le mal. Sous pseudo il est l’auteur de romans policiers violents, vulgaires et immoraux mais pas seulement… J’ai été impressionné par l’excellence du récit qui montre comment le double d’Andy progresse dans sa vie, comment il détruit son quotidien et surtout comment la croissance de la paranoïa est racontée.

Oates dresse le portrait d’un homme atteint de folie et réfléchit à la question du mal. C’est saisissant et haletant, difficile à lâcher et à présenter sans dévoiler l’intérêt du récit. Donc mes excuses pour ce billet mal construit mais je ne veux pas trop en dire !

Une chose est sûre, lecture avec lecture ma fascination et mon admiration pour cette auteur se confirme. Chaque fois, elle parvient à me séduire tout en adoptant des styles, fullsizerenderdes formes narratives et des thèmes très différents. Ce fut le cas avec ma toute première lecture d’Oates, Bellefleur (pas encore chroniquée) puis ensuite avec La légende de Bloodsmoor.  J’ai ensuite dévoré Nous étions les Mulvaney, qui restera un de mes grands souvenirs et un de mes coups de cœur éternels. De même pour Les Chutes mais aussi plus récemment Fille noire, fille blanche ou encore Mudwoman tout en oubliant d’autres (que je vois sur mes étagères mais dont j’ignore si j’avais un blog au moment de leur lecture…). En tout cas une auteur que je lis chaque année et dont je ne me lasse pas !

Sarrasine. Balzac

SarassineBon vous allez rire et vous moquer mais j’ai été cruellement gêné dans ma lecture par un truc très bête : impossible de me mettre en tête que Sarrasine est un homme ! Je m’étais imaginée qu’il s’agissait d’une courtisane ou d’une artiste. La couverture m’a sûrement induite en erreur. Bref petit détail mais qui m’a gêné tout de même profondément dans ma lecture (du moins au début) !

Sarrasine est donc un jeune sculpteur qui tombe éperdument amoureux de la mystérieuse Zambinella qu’il a entendu chanter à Rome. Ca c’est pour le récit enchâssé (qui m’a beaucoup plus passionné !), l’intensité dramatique est croissante, quelle chute finale !

Dans cette nouvelle, de la jeunesse de Balzac (publié en 1830), on trouve des thèmes de contes obscurs et un goût pour le fantastique : l’opéra, l’Italie, les amours étranges… un univers et une atmosphère de mystères, de séduction et de silence.

Les classiques sont tout de même si particuliers… j’ai aimé retrouvé une écriture si précise, si fine, du vocabulaire si riche et des phrases si travaillées. Quel délice de se replonger dans un classique. Les premières pages sont haletantes avec le parallèle établi entre la danse des morts et la danse des vivants (ce thème si fantastique) mais les dernières pages sont tout aussi surprenantes, c’est effectivement sublime !

« Au monstre près, tous les sentiments humains ne se dénouent-ils pas ainsi, par d’atroces déceptions ? »

Sarrasine, Honoré de Balzac, Le Livre de Poche, Libretti (2009)

Vive l’automne !

IMG_2451Que j’aime cette saison: s’enrouler dans un foulard, mijoter une soupe de potiron, déguster une tisane le soir, sortir les plaids, profitez des rayons de soleil, ramasser marrons et châtaignes puis voir les feuilles brunir… plein de petits bonheurs au quotidien ! C’est la saison où on profite davantage de la maison, les sorties au parc ou en forêt se font plus courtes alors on lit… et on lit quoi  ? des albums sur l’automne bien sûr ! Malheureusement peu de livres sur l’automne (beaucoup sur la pluie en revanche mais on attendra). Une valeur sûr pour mon grand de 4 ans et demi et un album qu’il a justement étudié l’an passé en petite section mais qui convient parfaitement à mon petit grand de 19 mois.

IMG_2452Tout d’abord le classique : La fête d’automne de la famille Souris de Kazuo Iwamura. A la maison on aime beaucoup cet auteur et sa famille Souris. On adore aussi les petits écureuils Nic Nac et Noc mais revenons à nos souris. J’aime ce graphisme, ces illustrations qui remplissent la page, des dessins fins, une attention à des petits bonheurs simples et à la nature. Mon grand adore chercher les détails, observer les petites bêtes cachées, ces pages sont un vrai petit monde. Une douceur règne dans ces albums ! Dans la forêt, IMG_2453toute la famille Souris cherche Pierrot qui a disparu. Mais quel est ce vacarme? C’est la grande parade d’automne des champignons!

L’album de mon petit grand est tout simple. Il s’agit d’un album de Rascal intitulé Le Vent m’a pris. Le vent souffle et il prend différents objets : mon chapeau, mes gants, mon écharpe… mais cela continue. On nomme les objets, on montre les objets et on sourit jusqu’à la fin qui réserve une surprise que je ne dévoile pas. Mon grand avait travaillé sur la page de garde, un magnifique fond bleu et les branches d’arbre… peu de dessin sur les pages mais un petit bijou sur l’automne et le vent !

La fête d’automne de la famille Souris, Kazuo Iwamura, Lécole des loisirs, Lutin poche (2014)

Le Vent m’a pris, Rascal, édition L’école des loisirs, Pastel (2016)

La maîtresse des épices. Chitra Banerjee Divakaruni

La maîtresse des épicesTilottama est maîtresse des épices, elle travaille dans une vieille épicerie poussiéreuse (un véritable antre) dans un quartier d’immigrés d’Oakland en Californie. Tilo est investie du pouvoir des épices et aide les hommes à bien se porter. Être maîtresse des épices suppose respecter certaines obligations et obéir à des règles, elle y consacre toute sa vie mais un jour, une rencontre ébranle ses certitudes et bouleverse sa vie. Un américain, Raven, va la fragiliser. Tilo se lance alors dans une histoire et un désir interdits…

« Sur le trajet du retour dans le bus, mes épaules luisent et brûlent aux endroits où elle les a touchées. La peau de mon visage me tire un peu de là où elle a posé les mots du désir qu’elle n’a pas formulés : Les gens que j’aime le plus au monde, faites en sorte qu’ils s’aiment les uns les autres. Les yeux sont aussi légèrement douloureux quand je regarde la photographie, les deux amoureux si jeunes, souriant largement avec une foi déchirante comme si je pouvais tout arranger, moi Tilo qui suis dans un pétrin bien plus grave que le leur. » (p.147)

Ce roman est en réalité un conte, Tilo est un personnage de sorcière mais une douce sorcière, une sorcière qui vend des épices pour amoindrir les maux des hommes. On oscille entre les légendes indiennes, le maniement des épices et les réflexions sur la difficulté pour les Hindous de s’intégrer à la vie américaine. Enfin c’est une lecture qui foisonne d’odeurs, de saveurs et de couleurs: « A l’épicerie chaque jour a sa couleur, son odeur. Et si vous savez écouter, sa mélodie. » (p. 72)

La maîtresse des épices, Chitra Banerjee Divakaruni, Picquier poche (édition 2002)