L’éveil. Kate Chopin

En ce moment je lis très peu et très lentement, mon esprit a du mal à rester concentré, je ne prends pas le temps de lire, L’éveil fut donc une lecture savourée. c’est un roman très doux, emprunt du romantique du XIXe siècle. Il y a une résonance avec Madame Bovary mais ici, nous sommes en Louisiane, les personnages prennent des bains de mer, le vent souffle le long des plages, les discussions ont lieu sur la plage en robe de mousseline… la mélancolie, la solitude de l’héroïne, l’ennui et la découverte des sentiments sont les points communs. Ce roman a d’ailleurs, comme celui de Flaubert, fait scandale. Edna découvre son corps et des désirs insoupçonnées suite à une rencontre avec Robert, un regard a suivi à faire émerger une étincelle.

L’éveil, c’est l’histoire d’une émancipation individuelle, d’une prise de conscience douloureuse. Edna réalise progressivement que le mariage est une prison qui l’étouffe, mais également la maternité. Kate Chopin, dans une écriture simple raconte comment Edna s’émancipe des règles et cherche alors à s’affirmer comme femme et artiste.

« L’absence de ses enfants la soulageait un peu. Elle se trouvait ainsi libérée d’une responsabilité qu’elle avait acceptée aveuglément et à laquelle le destin ne l’avait pas préparée. »

C’est un très joli petit roman, j’ai beaucoup aimé. Kate Chopin aborde avec délicatesse la condition féminine, le carcan du mariage et l’éveil de l’héroïne « Elle ne songeait pas à son mari, mais à Robert Lebrun. A présent, Léonce lui apparaissait comme un homme qu’elle avait épousé sans même posséder l’excuse de l’amour » (p. 151)

Le Compagnon du Tour de France. George Sand

Le Compagnon du Tour de France – George Sand (Edition Le Livre de Poche)

Pour le challenge Les classiques, c’est fantastique organisé par Moka et Fanny, c’était le thème du voyage qui était à l’honneur. J’ai eu envie de piocher sur mes étagères et de relire un classique. George Sand s’est alors imposée. J’ai lu ce roman dans le cadre de mon Master (ce qui remonte à quelques années maintenant) et j’avais le souvenir (vague) d’une scène magnifique autour d’un escalier qui mène à une salle secrète, un escalier rongé par la végétation et une idylle amoureuse, émue par le souvenir de cette scène, je me suis lancée dans cette relecture.

Alors que le compte de Villepreux souhaite restaurer les boiseries de sa chapelle, il engage le père Huguenin et son fils Pierre qui vient d’achever son Tour de France. George Sand effectué un travail impressionnant de recherche et maîtrise parfaitement le compagnonnage, ses mystères et ses rites. C’est impressionnant toutes les données historiques mais j’avoue avoir été un peu perdue de temps à autre. L’intrigue est ralentie par la description très précise de ce petit monde. Ce qui m’a nettement plus intéressée c’est toute la description du travail de la boiserie. Alors que les travaux commencent, le père Huguenin se blesse et ne veut confier à personne son chantier. Pierre le convainc d’aller à la recherche de compagnons. C’est alors qu’il part à Blois, à Tours chercher des compagnons et notamment son grand ami Amaury le Corinthien.

« Tandis que Pierre Huguenin cheminait pédestrement par les souricières, fleuries, si bien connues des ouvriers nomades, qui coupent la France dans toutes ses directions à vol d’oiseau, une lourde berline de voyage roulait en soulevant des flots de poussière sur la grande route de Blois à Valençay. Ce n’était rien moins que la famille de Villepreux. » (p. 103)

Et dans cette berline, se cache Yseult, la belle, celle qui fera battre le coeur de Pierre. L’intrigue est donc aussi amoureuse entre le beau menuisier et la jeune noble. Pierre découvrira aussi que la liberté et l’égalité que prônent les compagnons n’est encore qu’un rêve pour une bonne part de la société.

Et pour l’anecdote, vous allez rire, il y a bien une scène autour d’un escalier, mais tellement insignifiante ! Soit j’étais jeune et emportée, soit c’était dans un autre roman (va-t-il falloir que je relise toute ma bibliothèque ? je me demande si ce n’est pas dans un roman gothique du XIXe siècle… mystère).

La fourmi rouge. Emilie Chazerand

La fourmi rouge – Emilie Chazerand (J’ai lu)

Voici une lecture assez inclassable, assez étrange. Je l’ai lu pour le proposer ensuite à mes 4e et il conviendra parfaitement. Il a exactement ce qu’il faut pour plaire aux adolescents : des personnages tranchées, une héroïne adolescente mal à l’aise avec elle-même et un ton décalé sans jamais trop tomber dans le langage « de jeune » ou vulgaire. Je reconnais qu’au début j’ai quand même eu un peu de mal mais petit à petit, je me suis accrochée à l’histoire et j’ai fini la deuxième partie du roman de manière très rapide.

Vania Strudel est l’héroïne, adolescente au prénom pas facile, au physique pas facile est mal dans sa peau. Elle vit seule avec son père, qui essaie d’être à la fois son confident, son père et son ami à la fois original et dépressif… pas facile donc. Et au lycée ce n’est pas non plus la joie : beaucoup de moqueries et en plus Vania accumule les maladresses. Elle se voit comme une malheureuse fourmi parmi d’autres. Mais la veille de sa rentrée scolaire, elle reçoit un message anonyme qui est une véritable ode au dépassement de soi et à la liberté. C’est alors qu’elle décide de se prendre en main son destin et de tirer parti des situations délicates, ce qui ne se fera pas dans la simplicité. Le ton est mordant, piquant, c’est drôle.

« Je sais que tu lis un tas de livres qui vantent la beauté de la discrétion, le charme de la banalité et la joie procurée par les petites choses. Mais figure-toi que tu as aussi le droit de devenir quelqu’un de remarquable. Tu as le droit d’être un individu à part entière plutôt qu’un vague point dans la masse. Certes, nous sommes tous des fourmis, vus de la Lune. Mais tu peux être la rouge parmi les noires. » (p. 69)

Emilie Chazerand écrit donc un récit d’apprentissage qui parle de différence, de harcèlement, de la difficulté de grandir et d’aimer… la vie des adolescents est vue avec lucidité. Dernier point (et non des moindres dans la vie d’un adolescent), il y est question d’amour et d’amitié. Je vous le conseille donc, ou je le conseille à vos adolescents ! Dès l’an prochain, je l’ajoute à ma bibliothèque de classe !

Le Rosier de Madame Husson. Maupassant

Le Rosier de Madame Husson – Guy de Maupassant (édition Louis Conard, 1947)

J’avais envie d’un vieux livre. J’avais envie d’une plume classique. J’avais envie d’un livre qui était depuis longtemps dans ma PAL… alors Maupassant fut une évidence. Le Rosier de Madame Husson est un recueil de nouvelles. Il y a aussi une mimi-pièce de théâtre. L’ensemble est très inégal cependant on retrouve le style de Maupassant, les thématiques qu’il aime aborder. Toutes les nouvelles évoquent les relations conjugales ou extra-conjugales.

Quand les pages sont encore scellées…

Dans ces nouvelles, j’ai plus particulièrement appréciée Enragée ? : cette nouvelle prête à sourire, la scène de la nuit de noces est très drôle (et témoigne bien de la méconnaissance des jeunes filles mariées au XIXe siècle). La nouvelle La Martine est également bien agréable, on retrouve toute la saveur de la vie en Province. Maupassant alterne dans ces nouvelles entre cette vie de Province et un milieu plutôt rural pour ne pas dire rustre et cette petite-bourgeoisie montante dont il se moque avec délice. La Confession est également une nouvelle qui m’a plu : c’est l’histoire d’un couple mal assorti, un militaire, vertueux et droit et sa femme aux moeurs légères. Mais la pique ne vient pas forcément de celui qu’on croit… Quant à la nouvelle Le Divorce, Maupassant s’amuse d’un notaire qui a choisi sa femme par le biais de petite annonce en ne s’intéressant qu’au montant de sa dot. La révélation finale prête à sourire et une fois de plus Maupassant se moque de son personnage.

C’est donc un recueil divertissant où le ton moqueur de Maupassant est omniprésent. Une petite lecture bien sympathique, surtout dans ma vieille édition.

Armstrong. Torben Kuhlmann

Armstrong, L’extraordinaire voyage d’une souris sur la Lune – Torben Kuhlmann (NordSud Editions)

En ce moment on a un peu la tête dans les étoiles avec mes garçons. Ils ont suivi avec passion le décollage de Thomas Pesquet et s’intéressent (surtout mon grand) à la mission Alpha, d’autant qu’à l’école tous les jours ils regardent les photos que l’astronaute publie et ils écrivent un petit texte pour leur jogging d’écriture. Bref après cette longue introduction, venons-en à notre lecture : Armstrong, L’extraordinaire voyage d’une souris sur la Lune de Torben Kuhlman. Nous avions déjà lu un album jeunesse de ce auteur, Edison, à revoir ici. Dans Armstrong, Torben Kuhlmann rend hommage à l’astronaute américain. On retrouve ce que nous avions déjà aimé : les dessins sont magnifiques, très détaillés et plein de petits clins d’oeil amusant. C’est à la fois très réaliste et il y a un côté ancien, vieille gravure ! Très jolies ! Un album magnifique ! De grands pages dessinées, sans texte, c’est très agréable à lire !

Et puis c’est intéressant. Mon fils de 8 ans le lit tout seul, je l’ai lu pour mon plus petit, quelques chapitres par soir. c’est instructif,  on part à la conquête de la lune en compagnie d’une souris très curieuse et aventurière. Cette petite souris veut tout savoir et accepte de se plier à tous les essais et les préparatifs nécessaires à un tel voyage. Cette petite souris fascinée par l’espace est décidément fascinante ! A lire, pour petits et grands !

Dans ce jardin qu’on aimait. Pascal Quignard

Dans ce jardin qu’on aimait – Pascal Quingnard (Folio)

Je n’avais jamais lu Pascal Quignard, je ne sais pas ce qui m’a mené à ce titre, sûrement le titre, sûrement cette tonalité nostalgique, cette pointe de regret qu’on y perçoit. En tout cas, ce roman est particulier… d’ailleurs est-ce un roman ? pas sûr du tout en fait. Ça ressemble à une pièce de théâtre avec quelques didascalies, des références au côté jardin / côté cour, une petite scène entre un père et une fille. Pour écrire cette histoire, Pascal Quignard s’inspire d’un personnage réel. Cet homme, c’est le Révérend Siméon Pease Cheney, un homme passionné de chant d’oiseaux ; tellement passionné qu’il les note et même qu’il compose des musiques en s’inspirant des bruits de la nature. Malheureuseument ses compositions sont refusées. Ce révérend a une fille Rosemund, qu’il chasse une fois adulte. Sa femme est décédée des années auparavant, c’est elle qui aimait ce jardin, qui le vénérait et s’y promenait si souvent. Ce sont les bruits de ce jardin qu’il tente de retranscrire dans sa musique, les bruits de ses souvenirs, les bruits de la femme qu’il aimait et qu’il aime malgré son décès. Dès lors il ne s’agit plus que d’une quête, d’une quête différente mais une quête tant pour le père que plus tard pour le fils.

C’est un texte poétique, lourd des amours passées, engourdi par le poids d’une femme trop présente et une relation très particulière entre la fille et le père, gêné par ce fantôme omniprésent. Il y a cependant quelque chose de doux dans cette relation, pourtant quelle cruauté de la chasser de ce paradis. C’est donc un récit, une scène de théâtre à part… douce et poétique, tendre et musicale… un récit un peu à part dont j’ai bien du mal à vous parler, mais qu’il faut lire, il reste quelque chose de l’ordre de l’émotion… Vous m’en conseillez d’autre de Pascal Quignard ?

Avril 2021

celui qui m’accompagnait courir / le bonheur de finir tôt / mutation demandée / la perspective des beaux jours / le voir lire tous les soirs / classe fermée / bienvenue Timothé ❤ / son anniversaire au bois / le retour du soleil et de l’école à la maison / OZE en échec / des élèves aux abonnés absents / chasse aux oeufs / chat(s) perché(s) au parc / faire l’école buissonnière / l’arbre de pape / dixit / lire au parc / envoyer des dessins / se sentir un peu isolée / celui qui appréhendait sa peur des balançoires / le temps des premiers barbecues / 12 km de footing / nos tennis du dimanche / notre binôme mère/fils / du sport et du sport / « allez maman, on va faire un peu de sport ? » / les tomates poussent / la joie de ne pas mettre de manteau / croiser un écureuil sur mon chemin / sortir les shorts… et voir ses genoux blessés / mon coup de coeur littéraire / notre cabane des bois / une fusée et des étoiles dans les yeux / mon randonneur d’amour / ressortir les manteaux et les bottes de pluie / l’homme et son portail / une semaine entre parenthèse / le temps d’un déjeuner / trouver ma petite armoire de pharmacie à restaurer / ranger la cave / leur préparer des goûter maison / empiler notre bois pour l’hiver prochain / notre petit potager qui m’enchante / finalement sortir une bûche pour un petit feu de cheminée / rêver d’un week-end en amoureux / ces journées qui s’écoulent / mon jardin qui j’aime un peu plus chaque jour / ces heures passionnées / jardiner et lire, lire et jardiner / mon fils qui lit au petit déjeuner / le retour des beaux jours / aucune envie d’y retourner / un mois qui a filé trop vite…

Anne d’Avonlea. Lucy Maud Montgomery

Anne d’Avonlea – Lucy Maud Montgomery (Edition Monsieur Toussaint Louverture)

Alors… j’ai aimé tout autant que le premier (vous pouvez retrouver ici mon avis ! ❤ ❤ ❤ J’ai fermé la dernière page avec l’envie de lire la suite des aventures d’Anne. C’est une lecture dans laquelle je me suis senti bien. Cette lecture a quelque chose de régressif, je ne sais pas comment dire mais en lisant les aventures d’Anne, j’ai eu l’impression de rajeunir, de redevenir l’enfant découvrant l’aventure de petite héroïne comme Fifi Brindacier par exemple. Dans ce tomen, j’y ai trouvé le même petit bémol en milieu de roman que dans le premier : les chapitres sont très descriptifs et l’histoire stagne à un moment, c’est un roman qui prend son temps mais il y a un rebond et j’ai à peine eu le temps de me demander où l’autrice voulait nous emmener dans ce volume que l’intrigue a avancé et que la narration m’a donné les clés pour comprendre.

Ce tome est beaucoup moins « dense » que le premier dans la mesure où le personnage d’Anne est en place (il y a quelques rappels subtils au premier volume, mais je pense qu’il peut tout de même se lire de manière indépendante). Cependant Anne gagne en épaisseur et s’étoffe. Elle a dix-sept ans, elle a obtenu brillamment une bourse d’étude pour l’université malheureusement la vie décide autrement. Elle restera finalement à Grenn Gables auprès de Marilla et prendra le poste d’institutrice à l’école d’Avonlea. On retrouve donc le même décor, la même nature environnante et quelques personnages comme sa chère amie Diana, madame Lynde. On fait la connaissance des jumeaux Dora et l’intrépide Davy, de monsieur Harrison et de son perroquet Ginger mais ma tendresse va pour le personnage de Madame Lavendar et son jardin… Encore une fois une maison au charme fou, une jardin féérique, une attention portée aux petits bruits de la nature, à la petite fleur qui éclot. Anne passe du temps avec Madame Lavendar, elle y emmène un de ses élèves, Paul Irving… les histoires s’entremêlent au fil des promenades dans le jardin, les confidences se font et Anne, beaucoup moins têtue et espiègle que dans le premier tome, distille toujours son romantisme et son imagination.

Anne grandit, elle devient une jeune femme plus raisonnable, davantage à l’écoute des autres. Dans ce roman, elle a acquit une forme maturité et tente d’éduquer les enfants de son école ; elle essaie de leur inculquer les bonnes manières et de les porter tout en douceur. Ce tome est donc une très belle réussite : tout en douceur, Lucy Maud Montgomery a gardé la saveur du premier tome tout en intégrant de nouveaux personnages, de nouveaux défis pour l’héroïne… les dernières lignes sont prometteuses !

« Dans le jardin, derrière eux, la petite maison en pierre couvait dans l’ombre, solitaire mais pas abandonnée. Elle n’en avait pas encore fini avec les rêves, les rires et la joie de vivre: il y aurait d’autres étés pour elle ; d’ici là, elle pourrait patienter. »

Anne de Green Gables. Lucy Maud Montgomery

Anne de Green Gables – Lucy Maud Montgomery (Edition Monsieur Toussaint Louverture)

❤ ❤ ❤ quel livre ! j’ai ADORE ! de début à la fin ! et à l’heure où j’écris ces lignes, j’ai déjà plongé dans la suite, c’est dire. Je ne sais par où commencer des personnages, de l’atmosphère ou de l’intrigue.

Allez d’abord l’atmosphère, je crois que ça participe énormément du plaisir que j’ai pris à lire ce roman. Nous sommes à Avonlea, petite bourgade d’une île canadienne, dans le dommaine de Green Gables. Je ne vous le décris pas (pour le laisser le plaisir de le découvrir) mais c’est un ravissement. Que j’ai aimé ce chapitre où Anne depuis sa calèche décrit ce paysage, ce paysage qu’elle découvre en suivant les ondulations de la route, quel émerveillement à chaque virage ! Anne est un puit de parole, elle admire ce paysage et le sublime grâce à son imagination sans bride. C’est un roman qui évoque la nature à chaque page et surtout le plaisir qu’il y a à observer les fleurs pousser, les feuilles tomber… bref les petits bonheurs.

Ensuite les personnages : Anne Shirley est l’héroïne. Une héroïne espiègle que j’ai adorée : c’est un roman initiatique. Petite fille rousse à l’imagination démesurée, elle manque d’éducation et passe son temps à rêver de romantisme et à faire des bêtises, elle commet étourderie sur étourderie, elle en veut toujours plus ce qui la conduit dans des situations périlleuses ou indélicates. Beaucoup de chapitres racontent ses bêtises : le gâteau raté, la chute du toit, le vin de groseille, les cheveux… un délice (même si à un moment j’ai trouvé qu’il fallait que le roman passe à autre chose). Cependant Anne apprend de chaque bêtise. Elle grandit. Elle mûrit. Anne grandit entourée de Mathieu Cuthbert, quel délice que cet homme. Il est plein d’amour pour Anne, plein de bienveillance et d’amour mais ne sait comment l’exprimer. Souvent taciturne, j’ai trouvé ce vieil homme d’une tendresse incroyable. Et puis il y a sa soeur Marilla, elle prend en charge l’éducation de Marilla. Pleine d’amour et de reconnaissance envers cette petite fille, elle ne veut cependant pas lui montrer encore moins lui dire. Alors que leur vie fut longue sans Anne, Anne est devenue une évidence à Green Gables. Elle remplit de bonheur, d’insouciance, de rires cette vallée.

Enfin l’intrigue : je ne vais délibérément rien raconter. Je vous laisse découvrir. Mais j’ai aimé cette intrigue qui prend le temps de se construire. Anne Maud Montgomery nous laisse le temps d’apprécier Anne, de la connaître, de connaître ses goûts et ses amies. Puis le roman accélère un peu. Anne grandit et un avenir s’offre à elle. En tout cas elle s’ouvre des portes. Bien qu’espiègle et têtue, c’est aussi une héroïne courageuse et volontaire et alors que le roman prend une tournure tragique, la fin est lumineuse, pleine d’espoir.

Je trouve ce roman solaire et lumineux, il donne confiance en l’être humain, en sa capacité à grandir, à aimer, à mûrir, à se soutenir. Je ne peux que vous encourager à le lire ! Dernier argument (s’il en fallait un) : l’édition est magnifique, la couverture est somptueuse et le roman est très agréable à tenir entre les mains ! Un ravissement complet ❤ ❤ ❤

Paris-Bagdad. Olivier Ravanello

Paris-Bagdad – Olivier Ravanello (Le Livre de poche Jeunesse)

Une lecture pour mes élèves de 4e : c’est un roman d’aventures qui livre un témoignage sur le métier de reporter en zone de guerre. Ce roman est grandement inspiré de ce qu’a connu Olivier Ravanello, grand reporter qui a couvert les conflits au Moyen-Orient et en Irak. Ce rappel est fait au début du livre. « Ce roman n’en est pas vraiment un : c’est avant tout le reflet d’une réalité vue et vécue. » Je trouve qu’on distingue très facilement la partie romanesque (qui manque totalement de crédibilité) et la partie réaliste. Il n’y a pas ambiguïté et c’est sûrement mieux pour de jeunes lecteurs. Pour moi, ça m’a un peu dérangée et j’ai trouvé que l’intrigue romanesque se résolvait trop facilement et de manière trop rapide. Bref nous suivons l’histoire d’un adolescent, Jules, 16 ans, qui se retrouve à Bagdad avec sa tante journaliste. Celle-ci, appelée en urgence, doit réaliser un reportage au plus vite. ils logent à l’hôtel Palestine, résidence des journalistes étrangers. On découvre donc le quotidien des reporters mais aussi la vie à Bagdad : à la fois le quotidien des populations et aussi la guerre, les chars, les enlèvements, les bombes, les morts… La confrontation de l’adolescent à cette situation est intéressante et Olivier Ravanello retranscrit bien l’atmosphère électrique, les tensions permanentes et l’urgence des situations.

« C’est aussi regarder les gens vivre pour comprendre ce qui se passe dans leur pays. On peut rester ici pendant une heure et apprendre plein de choses sans bouger. »

Ce que j’ai beaucoup aimé dans cette édition, ce sont aussi les suppléments et notamment l’évolution d’une dépêche AFP : de la première mention à l’article, on voit comment évolue l’information, comment elle arrive, comment elle est traitée puisque la dépêche est annotée et analysée. Je trouve ça très constructif pour nos élèves. Et enfin il y a des photographies du carnet d’un journaliste à Bagdad, le petit Moleskine avec toutes les prises de notes.