Boris Godounov. Alexandre Pouchkine

Boris GodounovJ’ai toujours aimé la littérature russe même si j’en lis beaucoup moins qu’à une époque. J’ai donc pris plaisir à lire cette pièce de théâtre de Pouchkine dont j’avais lu, il y a plusieurs années, l’excellente biographie écrite par Henri Troyat. J’avais adoré découvrir la vie si rocambolesque de cet auteur.

Boris Godounov est un drame historique. Le Tsar Boris Godounov est au pouvoir mais il est soupçonné d’avoir acquis le pouvoir de manière illégitime. Il aurait été mêlé à la mort suspecte de l’héritier du trône, Dimitri. Le pouvoir est donc décadent, une fragilité s’immisce. Ce sont les conséquences de cette mort qui sont mis en scène ici. Un jeune moine, Grigori Otrépiev, se fait alors passer pour Dimitri. Soutenu par les polonais, il arrive jusqu’à Moscou. Débute alors le « temps des troubles », une période de guerre à la fois civile et à la fois extérieure avec les polonais.

Dans cette pièce, Pouchkine se pose la question de la légitimité du pouvoir ainsi que celle de l’incertitude quant aux périodes de succession. Pouchkine réfléchit également au destin de l’homme et au destin de la nation. Les différents tableaux montrent le parcours de Dimitri vers le pouvoir, dans son ascension jusqu’à sa pleine puissance. La pièce, inspirée de Shakespeare que Pouchkine admire, a un style mélangé: de nombreux lieux, de nombreux tons différents. Il s’agit plutôt d’une chronique historique, de petits tableaux présentant cette arrivée au pouvoir.

« L’ombre d’Ivan a fait de moi son fils, m’a baptisé Dmitri d’outre la tombe, m’a désigné pour détrôné Boris, m’a fait lever les peuples pour qu’il tombe. Je suis le tsarévitch. […]Assez, je pars – la mort ou la couronne m’attendent en Russie, vais-je mourir comme un guerrier sur le champ de bataille, ou comme un criminel sur l’échafaud. » (p. 75)

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3 bougies

IMG_4904Il y a trois ans tu étais mon minuscule qui se blottissait au creux de mes bras…. ce matin, tu es venu à côté de mon lit, pour me caresser la joue, m’embrasser, puis tu as collé ta joue à la mienne pour me dire « bonjour, lève-toi ». Tu as gardé cette douceur infinie et ce besoin de câlin. Tu aimes attraper ma main et la coller à ta joue, tu aimes venir me faire des bisous esquimaux et nous avons toujours notre câlin « bébé koala » après le bain. ❤ ❤ ❤

Pourtant tu as aussi un côté très affirmé, voire parfois bien excité notamment au moment de se préparer pour sortir. Autant avant ces moments t’angoissaient et tu pleurais, autant maintenant tu sautes partout, tu cries, il faut bien le dire, tu nous énerves dans ces moments-là… Cette année, ce fut lesDSC05262 premières (très grosses) colères, des hurlements pour des banalités qui t’épuises… heureusement je peux les compter sur les doigts d’une main cependant dans à ces instants, tu me sembles si loin de nous et de toi. Heureusement ça ne dure jamais ! tu es mon petit gourmand (mais qui n’aime ni le chocolat ni trop les sucreries), en revanche le biberon de lait c’est sacré !

Cette année, tu as appris à faire de la draisienne. Comme ton frère, tu adores, tu vas vite et tu me fais peur ! Tu as acquis la propreté cet été. Tu as quitté ton lit à barreaux cet automne. Je pensais que ce serait compliqué, que tu te relèverais souvent mais non… je m’étais trompée et tu m’as DSC05999agréablement surprise. Ton lit est désormais celui dans lequel nous lisons l’histoire du soir, celui dans lequel tu aimes te glisser pour lire dans la journée ou aller te reposer si besoin. Mais c’est aussi celui où tu fais moins la sieste… enfin nous luttons et maintenons ce moment indispensable. Tes jeux préférés restent les petites voitures, les véhicules d’une manière générale mais tu parles beaucoup de dinosaures et connaît tous les noms. Ce n’est pas faute de lire sans cesse les documentaires avec ton frère et de répéter les noms en boucle. Les documentaires animaliers sont une grande passion de ta vie. Tu aimes de plus en plus les jeux de société. Après une passion pour Wagonimo, Pop les couleurs, le jeu du corbeau, en ce moment c’est le jeu des tortues. On a commencé lesIMG_4546 jeux de bataille. Tu fais de plus en plus de puzzles, 15 pièces sont maintenant faciles pour toi. Cette année, tu as gagné en concentration. Tu adores la pâte à modeler ou encore les gommettes. Tu passes du temps à dessiner auprès de ton frère et tu progresses. Quelques ronds depuis quelques semaines et il y a trois jours, ton premier bonhomme ❤ Beaucoup de nouveautés ces derniers jours, comme ton pyjama que tu parviens à mettre seul !

Cette année, tu es allé plusieurs fois au théâtre, au musée, au zoo, à l’aquarium… tu poses plein de questions, tu observes. J’aime cette curiosité ❤ Tu parles beaucoup et tellement bien (bon l’articulation est à revoir) mais le vocabulaire est tellement varié et riche, je suis fière 🙂 ! Tu chantes (« Pomme de reinette et pomme d’api » en ce moment même), tu connais des histoires par cœur. Ta préférée du moment est « Pourquoi ça n’avance pas ? » Ce matin, nous avons lu quatre histoires, tu te collais à moi et je vois que IMG_7427tu est ému ou triste dans certaines histoires. Avec ton frère, vous lisez beaucoup. Tu le sollicites très régulièrement. Vous êtes très complices, souvent ensemble, souvent main dans la main. Il faut dire que vous avez des goûts similaires. Tous les soirs, tu lui demandes s’il y a passé une bonne journée et ce qu’il a mangé à l’école. ça agace mon grand (« Il pose toujours les mêmes questions » avec un sourire complice, mi-attendri, mi-agacé) mais moi, je trouve ça tellement mignon ❤ Votre complicité et votre tendresse m’émeut. D’ailleurs ton grand frère t’a préparé ta journée d’anniversaire avec amour, tendresse et excitation. Il a gardé le secret et attend cette journée avec plus d’impatience que toi ❤

Mon petit minuscule devenu grand, je t’aime ! ❤

Petit récapitulatif vers ces années de bonheur qui passent, tes 2 ans, tes 1 an

Et puis Colette. S. Henrionnet/Mathou

DSC06178Le temps d’une soirée, j’ai lu Et puis Colette que j’ai beaucoup apprécié. La couverture avait déjà tout pour me plaire, et l’histoire, dont j’ignorais la teneur, est parvenue à me tirer quelques larmes d’émotion. Que dire des pages où le dessin prend toute la place ? Que dire de cette vue de Paris que j’aime tellement que je pourrais l’encadrer et de ces vues surplombantes où l’on voit Colette et sa tante allongée dans l’herbe en train de regarder le ciel ? Ces grandes planches m’ont d’ailleurs inspirée et je vais proposer à mes 6e un travail d’écriture à partir de ces dessins.

Mais venons-en à l’histoire : Anouk, trentenaire, bibliothécaire à Paris un peu isolée et enfermée dans son quotidien, apprend le décès de sa sœur. Mais surtout que celle-ci l’a nommée tutrice de sa fille, Colette, 7 ans, aussi espiègle qu’attachante. Son quotidien est alors bouleversé. Elle doit apprivoiser cette petite nièce qu’elle ne connaît finalement que très peu mais prendre aussi des décisions importantes pour leur avenir à toutes les deux. Les dessins de style enfantin et les couleurs vives égayent cette histoire qui aborde le thème du deuil et de l’éducation d’un enfant. Le récit ne sombre pas dans le pathos, au contraire il faut construire l’avenir et construire une relation de confiance et d’amour. Peu à peu elles se découvrent l’une à l’autre et élaborent un projet commun.

leurs enfants après eux. Nicolas Mathieu

Leurs enfants après eux 1Tout a été dit je pense que ce roman que je ne découvre que maintenant. J’ai entendu Nicolas Mathieu à La Grande Libraire mais j’ai réussi à ne pas lire d’articles, donc je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais. J’ai pris du temps pour lire ce roman mais je pense que j’aurais pu le lire d’une traite. Je ne saurais décrire mes émotions mais c’est touchant, réaliste, poignant… j’ai senti cette population désabusée, ce sentiment d’abandon… C’est un roman assez sombre mais doté d’une grande sensibilité; parfois, de temps à autre, tout s’illumine, accélérée, la fougue de la jeunesse est passée par là !

Chronique sociale des années 90, j’ai beaucoup apprécié cet roman réaliste même si la fin m’a laissée un peu goût d’inachevé. Durant quatre étés, de 1992 à 1998, nous suivons la vie de jeunes adolescentes qui habitent dans le nord de la France, dans un coin perdu, une petite ville imaginaire où petits-bourgeois, familles populaires et « cassos » cohabitent luttant contre l’isolement, l’ennui et les fermetures d’usines. Les perspectives d’amusement sont peu nombreuses et l’avenir n’offre guère de rêve. Anthony a quatorze ans, avec son cousin, pour tuer le temps et l’ennui, ils décident de voler un canoë et de se rendre sur une plage au bord d’un lac. C’est là qu’il aperçoit Steph et sa copine Clem, c’est là que débute sa première passion, entre les premiers émois charnels et la sensualité émergente des corps en maillot de bain, c’est l’aventure qui commence, c’est là que débute le reste de leur vie.

Leurs enfants après eux racontent le désenchantement d’une jeunesse mais montrent également des adultes sans repère, qui courageusement se battent pour boucler des fins de mois. A travers les personnages d’Anthony, de Hacine, de Steph, d’Hélène, de Patrick mais aussi de tous les autres, Nicolas Mathieu dresse aussi le portrait des années 90IMG_7593 introduisant dans sa narration des évocations d’objets ou de sujets typiques. La trame du roman est sombre : la vie est pesante, faite d’alcool, de cigarettes, de virée en moto pour prendre l’air, de violence mais au fond de chacun de ses adolescents, une lueur d’espoir et une interrogation : est-on condamné à mener la même vie que nos parents ou peut-on accéder à un ailleurs meilleur ?

« Tous partageaient le même genre de loisirs, un même niveau de salaire, une incertitude identique quant à leur avenir et cette pudeur surtout, qui leur interdisait d’évoquer les vrais problèmes, cette vie qui se tricotait presque malgré eux, jour après jour, dans ce trou perdu qu’ils avaient tous voulu quitter, une existence semblable à celle de leurs pères, une malédiction lente. il ne pouvait admettre cette maladie congénitale du quotidien répliqué. »

 

Et de un !

commencer l’année par des bulles / écrire à celle qui m’est tendre / un lendemain à oublier / retrouver mes copies / essayer de grappiller du temps avec les enfants / se dire tant pis pour cette lecture / puzzles de 200 pièces et puzzles de 15 pièces / se lever vers 9h … délicieuse cure de sommeil / notre résolution culinaire, acte I / prendre le temps de jouer avec lui / acte II / « merci maman de m’avoir emmené à la patinoire » / coucher mon petit et garder mon grand pour moi, un peu / mon I en voyant son frère dormir « oh je voudrais dormir avec lui, il est trop chéri » ❤ / acte III… manqué / ceux qui m’attendent / faire la galette et les couronnes / mes princes /Aladdin sur glace qui vient à nous / les IMG_7455garçons à la marche des dinosaures / « peuvent pas approcher car il y a des barrières« …. auto-persuasion d’un bonhomme de 3 ans / thé, livres et révision / les bonnes années chaleureux et ceux obligatoires / quand mon petit frère m’appelle pour des conseils pour sa petite poupée / mon petit à qui on dit « oh tu es une très jolie petite fille » / mon grand qui me parle de calligramme /IMG_7429 « dis maman, tu m’apprends à lire ? » / écrire  en attaché / un casier et des vêtements de ski / encore un week end studieux / rêver à ce repos / dur sommeil / épuisant mercredi, mercredi joli / cet appel au secours d’Edgar / quand j’oublie d’aller en cours et que les élèves viennent me chercher en salle des profs / leurs rêves d’avenir « je serai auteur maman pour des livres et un autre métier » ❤ « quand je serai grand, je veux travailler dans une jungle, dans un port et je conduirai une tractopelle » ❤  / journée de révision / mes soldes… à
IMG_2113renvoyer et ne remplir que le placard de mon aîné / notre deuxième galette des rois / « je me régale, moi, je me régale, moi » ❤ / ultime révision / avoir hâte d’en découdre / matin frais et boule au ventre / pendant ce temps il neigea / Apollinaire, Baudelaire, Laforgue, Hugo / jour 2 / Marivaux… / finir sans force / et le lendemain retrouver le collège / rêver de dormir / Bienvenue Romy ! / ce week end que j’attendais tant / du temps pourIMG_7593 moi / Miro et des étoiles plein les yeux / « maman, tu n’es pas une princesse, tu es une dame » ❤ /  un dimanche entre copains et copines qui se prolonge autour d’une pizza / des soirées au collège / concours de dictée / des copies qui s’accumulent / et sa toux qui revient / mes 4e2 qui sortent vainqueurs / mes fils et leur papé / et la neige tomba / ce conseil de classe qui me rend folle mais défendre coûte que coûte Edgar et Yacine / avoir eu le sentiment que ce mois a duré des mois

Sur une idée de Moka

Arthur Rimbaud, le voleur de feu. Sarah Cohen-Scali

rimbaud-1On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans... ce vers convient parfaitement à la vie de Rimbaud telle qu’elle est racontée dans cette biographie destinée à la jeunesse. Cette oeuvre a le mérite de faire découvrir aux enfants, et plus particulièrement à mes élèves, la vie d’un poète et surtout sa jeunesse et ses débuts. Ils ont été très étonnés de sa précocité, de la vie qu’il a mené et de ses connaissances mais admiratifs de sa  force de détermination. Le roman s’achève lorsqu’il rencontre Paul Verlaine, rencontre déterminante. Ellipse de vingt-ans, on retrouve Rimbaud à l »hôpital au seuil de sa mort. Sarah Cohen-Scali a donc accès sur cette jeunesse et notamment sa révolte. Ce que j’apprécie dans cette oeuvre, c’est qu’on y retrouve des extraits des lettres de Rimbaud mais également quelques vers ou l’évocation de ses poèmes.

Arthur naît à Charleville en 1854, cette ville de province grise et triste et qu’il déteste mais où il vit avec sa mère et ses deux sœurs Vitalie et Isabelle. Alors, pour tromper la monotonie des jours et pour lutter à sa manière contre l’absence de son père et l’autoritarisme de sa mère, Arthur dévore livre après livre. Mais surtout il rêve, il rêve rimbaud-2d’un oiseau multicolore, bleu, vert, rouge, qu’il appelle Baou et qui lui inspire des poèmes. Il recouvre alors ses carnets de phrases, de vers latins… Car Arthur se fiche d’être un élève modèle. Il veut être poète, même si c’est être voyou… Et puis il y a les vols de livre, les rencontres avec son professeur Izambard, les fugues de Rimbaud décrites, les montées à Paris alors en pleine commune, la faim, le froid, les errances de Rimbaud, Petit Poucet rêveur.

Cette biographie romancée donne envie de relire les poèmes de Rimbaud mais surtout d’en découvrir plus sur la relation entre Verlaine et lui, relation à peine esquissée mais dont on comprend toute l’importance dans l’épilogue. Idéal pour donner envie de lire…

Christmas Pudding. Nancy Mitford

christmas puddingMa lecture de décembre qui s’est quelque peu éternisée… J’avais prévu de me lire un petit livre de Noël (ou deux, ambitieuse que je suis ou inconsciente) pour me plonger dans l’ambiance. Commencé avant les fêtes, je l’ai terminé bien après et depuis je n’ai pas trouvé le temps de rédiger mon billet.

Mon rythme de lecture ne m’a pas permis d’apprécier comme il se doit ce roman. J’ai de manière trop disparate, je n’aime pas ça. Je n’arrive pas à me plonger dans l’histoire et à accrocher le fil de l’intrigue, j’aime être plongée et absorbée dans une lecture. Bon j’aurais dû m’en douter avant de me lancer dans cette lecture alors que j’ai trois milliards d’autres choses commencées… Cependant malgré l’intrigue qui n’a donc pas su me convaincre (encore une fois, c’est de ma faute), j’ai apprécié l’humour et j’ai beaucoup ri ! Presque dès le début d’ailleurs avec l’histoire de la médaille de baptême recyclé par le parrain, quel avare mais également car la petite est en danger… Ironie grinçante qu’on retrouve à plusieurs reprises dans le roman ! Les personnages, tous de la bourgeoisie anglaises, sont donc ridicules, des êtres oisifs épris d’égoïsme. On suit  donc e petit groupe de jeunes mondains durant quelques semaines, reclus à la campagne, en plein hiver et dont la seule occupation est de boire du champagne, de s’imaginer tomber amoureux et de se moquer les uns des autres.

Un roman assez féroce et bien sarcastique dont voici un petit extrait  :

IMG_7288« Quand j’étais jeune, dit Sally, avant de rencontrer Walter, voyez-vous, je m’étais fixé un prix au-delà duquel j’étais disposée à passer sur le caractère ennuyeux de quelqu’un. Autant que je m’en souvienne c’était vingt-cinq mille livres par an. Cependant, rien ne s’étant présenté qui dépassât douze mille, j’ai donc épousé Walter.

– Vous avez toujours eu un point de vue tellement pragmatique, dit Amabelle d’un ton admirateur. Si j’avais une fille je lui disais : « Marie-toi par amour si tu peux, cela ne durera pas, mais c’est une expérience intéressante et c’est un bon début dans la vie. Après, lorsque tu te marieras pour l’argent, pour l’amour du ciel, que ce soi pour beaucoup d’argent. Il n’existe aucune autre raison valable de se marier. » (p. 139)