La pluie, avant qu’elle tombe. Jonathan Coe

Deuxième lecture pour le mois anglais… et deuxième belle découverte. De Jonathan Coe je n’ai lu que Le Testament anglais qui ne m’a laissé aucun souvenir mais voilà j’ai décidé de redonner une chance à cet auteur et j’ai eu raison.

La pluie, avant qu'elle tombeLe titre est très énigmatique mais très poétique, il est expliqué plusieurs fois dans le roman et j’aime quand les titres évoquent un passage du roman. La Pluie, avant qu’elle tombe raconte le parcours de 3 femmes ou plutôt devrais-je dire le parcours. Ca commence doucement et puis ça va crescendo. Gill apprend la mort de Rosamond, une vielle tante qu’elle n’a pas vu souvent. Mais voilà que Rosamond a laissé des cassettes enregistrées pour une mystérieuse Imogen… Après l’avoir cherché et avoir déposé des annonces dans les journaux, Gill ne la trouve pas, elle décide alors d’écouter les cassettes. C’est alors que la voix de Rosamond intervient : à partir de photographies qu’elle décrit, elle raconte ses souvenirs, ses quarante dernières années et elle remonte le passé d’Imogen : sa mère Théa et sa grand-mère. On suit alors avec passion et intérêt la vie de ses femmes, de ses trois générations : trois femmes tourmentées par la difficulté d’aimer, leur rôle de mères de famille… Jonathan Coe pose alors la question de ce qu’on laisse aux générations suivantes, la question de l’incidence de nos vies sur la génération suivante : y a-t-il un lien entre les générations ? y a-t-il une logique entre les destins de femmes issues d’une même famille ?

Ce roman est écrit avec beaucoup de délicatesse, de subtilité et de tendresse avec une progression parfaite vers la révélation finale. On entre, avec élégance, dans la vie intime de ces femmes et les derniers chapitres sont passionnants. J’ai donc renoué avec Jonathan Coe.

Harry Potter à l’école des Sorciers. J.K Rowling

Harry PotterIl est temps d’avouer : je n’ai jamais lu Harry Potter… enfin je n’avais jamais lu Harry Potter jusqu’à la semaine dernière. J’ai vu quelques films donc bien évidemment je connaissais et l’univers et l’histoire (d’autant que les élèves m’en parlent souvent). Donc en ce mois anglais, il me fallait combler cette lacune culturelle et littéraire.

Je suis bien contente de ma lecture. Je ne dirais pas un mot de l’histoire : tout le monde connaît ce roman aux aventures ensorcelantes. Ce qui m’a séduite c’est plutôt tout l’univers que J. K Rowling a créé dès ce premier roman. Poudlard semble déjà tout pensé. Alors bien sûr c’est fantastique mais ça paraît presque réaliste dans la description de cette école de magie. Je comprends la puissance d’attraction que ce texte peut avoir sur les ado: cette école, ces codes, ces « maisons », les parties de quidditch, les pouvoirs magiques… tous l’univers de la magie est agréable et envoûtant (du choix du matériel scolaire à l’achat du balai) et puis les personnages sont déjà tous bien définis avec des personnalités bien marqués : l’érudit Hermione mais non moins forte, le craintif mais fidèle Ron, Harry évidemment mais tous, que ce soit Hagrid, le Pr McGonagall, Rogue… Ca m’a impressionné que tout soit déjà « posé » (j’espère que vous comprenez ce que je veux dire). Autre point, c’est un roman qui présente de nombreuses valeurs : la fidélité, l’amitié, la loyauté mais pas seulement le respect des règles, le courage, la solidarité. Enfin dernier point que je voudrais aborder, c’est l’écriture : j’ai trouvé que ce n’était pas si enfantin, ni si simple… il y a du vocabulaire, des tournures de phrases complexes, de l’ironie, des sous-entendus, de l’humour… un texte travaillé avec des personnages intéressants et un univers envoûtant… et voilà je comprends le succès ! Je ne vais pas m’entendre plus car tout a déjà été dit mais ça fait plaisir de combler de telles lacunes !

Le chagrin des vivants. Anna Hope

Le chagrin des vivantsJ’enchaîne les très bonnes lectures en ce moment, je ne pensais pas autant aimé ce roman-là mais j’ai été happé ! Difficile de le lâcher…

Tout d’abord je trouve le titre parfait, tellement beau et tellement vrai en regard du roman car c’est cela qu’Anna Hope raconte… le chagrin des vivants, de ceux qui ont survécu à la première guerre mondiale. C’est à travers le destin de trois femmes britanniques que nous comprenons l’impact de cette guerre sur ceux et celles qui vivent. Ce sont 3 destins et 5 jours… juste avant le 11 novembre 1920, jour où l’Angleterre accueille la dépouille du Soldat Inconnu à Londres.  Cette cérémonie interroge Ada, celle qui voit son fils partout… car elle doute de sa mort, de sa « disparition ». Aucune explication… rien un simple mot quelques années plus tôt mais aucune précision des circonstances. Son deuil n’est pas fait et elle ne peut croire que son fils chéri « a disparu ». Evelyn a perdu son fiancé à la guerre, son frère en est revenu mais bizarrement autre… elle travaille au bureau des pensions de l’armée, elle ne peut donc oublier cette guerre… tous les jours défilent devant elle blessés et rescapés venus réclamer leurs pensions. Et puis il y a Hettie, la plus jeune, tous les soirs elle travaille au Hammersmith Palais comme danseuse. Les hommes la choisissent et pour six pences elle danse une valse, un fox-trot… elle rentre chez elle, partage sa paie entre sa mère et son frère, Charles, rentré du front et incapable de se prendre en main, de trouver un travail… Les personnages de femmes sont donc rongés par la tristesse, le manque, l’espoir et les personnages masculines sont mutiques, traumatisés, amputés, excessifs, fous… l’équilibre est fragile et les relations tendues. La perspective de la cérémonie fait remonter des souvenirs des douleurs, des deuils impossibles et incompréhensibles mais aussi l’envie de passer à autre chose, d’avancer. Grâce à quelques personnages (que je ne nommerais pas sinon je pense que vous perdrez la saveur de ce roman), des fils se tissent entre ces femmes, des langues se délient, des secrets se dévoilent et des vérités se révèlent… et si la parole permettait de s’apaiser, et si la parole permettait d’accepter ce chagrin ?

Voici donc un très joli roman, très bien construit et très réaliste, un bel hommage à ces poilus mais aussi à ces femmes, mères, épouses, sœurs qui ont souffert à l’arrière.La plume d’Anne Hope est sensible et subtile et retrace avec une grande délicatesse l’ambiance d’après-guerre.

« Pourquoi ne peut-il pas passer à autre chose ? Pas seulement lui. Tous autant qu’ils sont. Tous les anciens soldats qui font la marche dans la rue, une planche accrochée autour du cou. Tous vous rappellent un événement que vous voudriez oublier. Ça a suffisamment duré. Elle a grandi sous cette ombre pareille à une grande chose tapie qui lessive la vie de toute couleur et toute joie. » (p. 108)

Sept mers et treize rivières. Monica Ali

Treize mers et sept rivièresIl est temps pour moi de vous parler de ce livre au titre si étrange (lisez l’extrait proposé en fin de chronique pour le comprendre). C’est un roman qui emmène à Londres et au Bangladesh… un roman au goût d’ailleurs mais qui réfléchit à la question des racines, de l’immigration, de l’intégration…

Nazneen a été élevée au Pakistan dans les mœurs et le respect des traditions. Elle doit se marier avec un homme, plus âgé de vingt ans, bangladais mais qui vit à Londres. Exilée dans un pays dont elle ne connaît pas la langue, elle découvre son époux Chanu et un pays, sans oublier sa culture mais ce roman raconte aussi les désenchantements de l’exil.  Nazneen se plie aux exigences de son mari mais au fur et à mesure j’ai trouvé qu’elle devenait plus forte, plus déterminée. Ce roman, même s’il parle d’horizon lointain, est presque un huis-clos. Beaucoup de scènes se passent dans l’appartement trop encombré du couple où  on y respire les parfums orientaux, où on économise petit à petit pour envoyer au pays : la sœur de Nazneen, Hasina, qui a choisi de rester au pays et grâce à des échanges épistolaires, on découvre sa vie ainsi que celle des amies de Nazeen.

C’est un roman foisonnant de personnages, ça grouille : Karim, les filles de Nazneen, Shahana et Bibi,  Mme Islam, le Dr Azad ou encore Razia, l’amie de Nazneen. Beaucoup de personnages féminins d’ailleurs. C’est donc un roman qui grouille, j’ai trouvé cette lecture intéressante et dépaysante mais c’est une lecture assez lente, il ne se passe pas grand chose. Nazneen coud et réfléchit à sa condition de femme immigrée, de mère…

« ça me fait trembler de te savoir si loin. tu te rappelles ces histoires qu’on nous racontait quand on était petites ? Elles commençaient par il était une fois un prince qui vivait dans un pays lointain de l’autre côté de sept mers et treize rivières. C’est comme ça que je pense à toi. Mais en princesse. » (p. 28)

David Copperfield. Charles Dickens

DSC06666Qu’il est dur de parler de ce roman, ce pavé qui m’a accompagné presque un mois. Tout d’abord j’ai retrouvé avec délice la plume de Charles Dickens (j’ai un souvenir splendide de De grandes espérances ❤ ), à la fois humoristique, tendre, distillant quelques informations et quelques scènes dramatiques pour nous donner envie de poursuivre… Dickens est un conteur.

Véritable roman de formation, David Copperfield est un roman dense où les péripéties sont très nombreuses. On croise de très nombreux personnages mais en même temps Dickens centralise son roman autour de quelques figures, des personnages hauts en couleur : la fidèle Agnès, sa tante, la tendre Peggoty, l’ami Steerforth, la candide Dora… Ce roman est celui de l’accomplissement de Dickens, celui où son héros est beaucoup de lui-même, celui qui a la plus grande part autobiographique. D’ailleurs Dickens dit de son roman qu’il est son préféré. Orphelin de père, le jeune David est séparé de sa mère pour l’internat puis envoyé à l’usine et laissé à lui-même. A lui de devenir le héros de sa propre vie. J’ai adoré la partie où David est petit, ses premiers pas à Londres, les scènes avec sa mère, j’ai trouvé les premiers chapitres très tendres et puis le roman prend une autre tournure. David doit apprendre à se débrouiller (bien qu’il aura toujours le soutien de sa tante, quelle femme !) et puis quel délice que les scènes avec Dora, personnage qui m’agaçait au début (un tantinet égoïste et un peu niaise) mais finalement je me suis laissée attendrir. Enfin j’ai adoré les derniers chapitres,à nouveau des scènes émouvantes.David Copperfield 2 J’ai donc un peu de mal à abandonner David. Je vais peut-être me replonger dans les biographies de Dickens, j’ai celle de Jean-Pierre Ohl et celle de Marie-Aude Murail.

Merci ma chère Romanza avec qui j’ai partagé cette lecture et sans laquelle je n’aurais pas osé aborder cette oeuvre monumentale.

« Quand je foule de nouveau ces mêmes lieux, je ne m’étonne pas de voir marcher devant moi un enfant innocent que je suis d’un regard apitoyé, un enfant romanesque qui, de ces étranges aventures et de ces sordides, se crée un monde imaginaire. » (chapitre XI)

Mari et femme. Wilkie Collins

Mari et femmeJe termine un roman que j’ai commencé il y a presque un mois… bon 752 pages tout de même… j’ai un petit faible pour Wilkie Collins mais je dois reconnaître que ce n’est pas le meilleur… l’intrigue démarre rapidement, tout de suite on est embarqué. J’ai vite voulu savoir le sort des personnages… mais il y a des longueurs. L’intrigue aurait sûrement gagné à être densifiée. Malgré tout c’est un roman très agréable à lire et le côté enquête policière fonctionne très bien (notamment tau début du roman, on perd un peu cet aspect au fur et à mesure).

Fille d’une épouse déchue et abandonnée, Anne Silvester est élevée par la meilleure amie de sa mère, et devient la préceptrice de Blanche. Blanche et Anne s’aiment comme des sœurs et sont inséparables jusqu’au moment où la chance semble enfin sourire à Anne. Celle-ci s’attache au beau Geoffrey Delamayn, jeune athlète aussi séduisant qu’arrogant. Malheureusement, Geoffrey est aussi un homme de peu de paroles. Il lui promet le mariage mais n’a aucune intention d’honorer sa promesse. Il souhaite plutôt s’unir à Mrs Glenarm, une riche veuve. Collins met en cause la législation des mariages en Ecosse qui pénalise et fragilise grandement les femmes. En effet, cette législation défavorable mas aussi l’absence de scrupules de Geoffrey, ses mensonges et ses tromperies entraînent Anne dans le désespoir. Seule la vérité pourrait lui permettre de retrouver sa dignité… encore une fois Geoffrey, personnage bien sombre et bien malintentionné, ne compte pas se laisser faire. Anne trouvera peut-être une aide (bien inattendue) en la personne d’Hester Dethridge, personnage énigmatique qui pourrait se révéler une surprenante alliée, incarnation de l’impossibilité de la femme à échapper à un mauvais mari…

Mari et femme 1L’intrigue est donc bien ficelée, les thématiques intéressants mais il m’a manqué un petit quelque chose pour être totalement enthousiastes, peut-être une intrigue trop étirée ou trop de personnages secondaires mais sûrement aussi des personnages féminins, les héroïnes, Anne et Blanche, qui, bien que réfléchies et tenaces,  manquent de saveur, de force, de personnalité… C’est bien dommage, j’aurais aimé un personnage féminin, fort ou qui s’affirme, une grande héroïne féminin, un caractère bien trempé…

Une petite princesse. Frances Hodgson Burnett

Une petite princesseIl y a des histoires qui sont comme des petits bonbons que l’on déguste et qui sont de plus en plus savoureux. Une fois terminé, on aurait en reprendre un autre… Une petite princesse fut de ces lectures-là… un petit goût délicat plus les pages tournaient… Une histoire que j’aurais aimé faire découvrir à une petite fille, une histoire je conseillerais facilement à mes petites élèves (parce que, oui, c’est une lecture féminine, pas sûre du tout qu’un garçon adhère). Et surtout une histoire parfaitement de saison puisqu’une partie se déroule à Noël.

Une petite princesse est un conte : Sarah Crewe est la fille d’un riche anglais installé aux Indes qui s’occupe d’une mine de diamants. Habillée des plus beaux vêtements, fourrure et hermine, Sarah ne manque de rien et est parfaitement éduquée. C’est d’ailleurs pour parfaire son éducation que son père décide qu’elle sera pensionnaire à Londres dans une maison pour jeunes filles de bonne famille, tenue par Miss Minchin. Sarah est la pensionnaire la plus choyée du pensionnat, rien ne lui est refusé. Cependant elle a des qualités de princesse, attentive aux autres, elle est empathie, bienveillante et partage volontiers ce qui lui vaut de belles amitiés mais une rancune inconditionnée de Miss Minchin. Jusqu’au jour où son père meurt, Miss Minchin devient alors injuste et cruelle, sa pensionnaire lui riche, devient un poids financier. Hors de question que cette petite ne lui serve à rien, Sarah devient alors une servante misérable, une petite fille de la mansarde marchant dans la neige et le froid, souffrant de faim… c’est sans compter sur l’attention des autres, une boulangère, un indien… La magie entre dans sa mansarde pour une fin digne d’un conte de fée. Cette dimension féérique m’a souvent fait penser à La Petite fille aux allumettes d’Andersen, conte que j’aime beaucoup. L’écriture de Frances Hodgson Burnett est proche de celle d’Andersen, un conte à la fois merveilleux mais aussi cruel car réaliste. J’ai aussi pensé à Dickens et à son Conte de Noël…  

Moi, boy. Roald Dahl

Moi, boyEncore une autobiographie ! Après Le garçon, il me fallait un roman très différent, j’ai donc choisi celui-ci comme je suis en pleine séquence sur l’autobiographie avec mes élèves. Le ton est comique et humoristique cependant Roald Dahl dénonce fortement les méthodes éducatives de sa jeunesse. Les professeurs en prennent pour leur grade. Il faut dire que les méthodes ont bien changées et que la violence des internats, des surveillants de dortoir et des enseignants n’est plus chose tolérable.

Roald Dahl raconte donc son parcours, de sa naissance en 1916 à ses vingt ans : sa mère d’origine norvégienne, le décès de son père assez jeune, leur voyage l’été jusqu’à la Norvège, les opérations chirurgicales à même la table du salon. Il raconte un peu sa vie à la maison avec ses sœurs mais il concentre surtout son attention sur ses années de formation, d’abord à Llandaff puis à Repton et Shell. Quel sacré chenapan ! de la souris cachée dans le bocal de bonbons aux crottes de chèvre cachées dans la pipe du beau-frère, Roald Dahl n’en loupe pas une ! Dans l’édition, beaucoup de photos et d’extraits des lettres qu’il écrivait à sa mère sont présentes. J’ai trouvé cela très agréable d’avoir quelques témoignages visuels de cette enfance. Le lien avec sa mère est très tendre, c’est très joli ce qu’il écrit sur l’habitude qu’il a prise de lui écrire une lettre tous les dimanches. J’ai aussi beaucoup aimé les quelques allusions à ses futurs romans, il explique très bien comment l’idée de Charlie et la chocolaterie lui est venue par exemple. Et je ne pensais pas que la vie de Roal Dahl était celle-ci. Pourtant j’ai eu comme un goût d’inachevé en terminant ce roman, il me manque la suite alors qu’il en dit quelques mots. Du coup j’ai très envie de lire L’escadrille 80 dans laquelle il raconte ses années de pilote, quelqu’un l’a lu ? qu’en pensez-vous ?

Inséparables. Sarah Crossan

InséparablesPour sortir de ma panne de lecture, j’ai puisé dans des romans plus faciles d’accès et plus courts. J’avais noté ce titre jeunesse depuis quelques temps mais l’occasion ne s’était pas encore présenté de le lire.

Ce roman a tout d’abord une disposition particulière, comme des vers… il se lit donc très vite. Cependant je n’ai pas bien saisi ce que cette manière d’écrire apportait. Cela ne m’a pas semblé très intéressant. Le rythme du roman est assez rapide, les événements s’enchaînent tout comme les émotions. Comme c’est là le point fort de ce roman, l’émotion procurée par cette histoire si originale. Grace et Tippi sont deux sœurs inséparables, au sens propre du mot puisqu’elles sont siamoises. Lorsqu’elles entrent au lycée pour la première fois, elles découvrent l’amitié mais également les premiers émois amoureux or elles s’étaient jurées de ne pas tomber amoureuses. Chacune a sa personnalité bien affirmée, et ce roman appelle à la fraternité et à la tolérance mais également à l’acceptation de soi. Les soeurs siamoises ne vivent pas leur pathologie comme une tragédie au contraire elles offrent une manière particulière de voir le monde. C’est un beau roman, lisez-le. Je le conseillerai à mes élèves !

 

Splendeurs et Fureurs. Christina Stead

Splendeurs et fureurs.JPGCe fut une lecture difficile… j’ai eu du mal à me plonger dedans. Je ne lisais que par petite tranche et cela ne m’a pas permis de rentrer pleinement dans ce roman qui est essentiellement psychologique.

Splendeurs et Fureurs est le récit d’une histoire d’amour entre Elvira Western et Oliver Fenton, un étudiant anglais qui a réveillé ses sentiments : « Je vous aime, vous m’aimez, nous nous aimons, vous serez tout pour moi, je serai tout pour vous : c’est le début d’une chanson de noce polonaise… Comment pouvez-vous me résister ?… Vous êtes enterrée vive. Réveillez-vous, Elvira, venez, venez à moi… Je pense à vous nuit et jour. Ma vie entière est à vous, je la soufflerai en vous. Je vous vénère. Je respire pour vous rendre heureuse. » (p.14) Elvira a donc quitté son mari et Londres pour le rejoindre à Paris et vivre son idylle. Une fois à Paris, ils fréquentent les cafés de Saint-Germain et rencontrent des danseurs de cabaret, des femmes entretenues, des journalistes débauchés… sans compter sur le retour de Paul, son époux, qui tente de la reconquérir, elle qui commence à douter de son choix.

L’histoire d’amour devient dont un triangle amoureux. Dès le début j’ai été marquée par le ton et les remarques sur la féminité et la condition féminine des années 30 mais également cette pointe d’humour britannique. Mais aussi cette analyse si précise des détails et de la psychologie, il est inévitable de ne pas penser à Virginia Wolf tant l’écriture de Christina Stead rappelle la romancière anglaise. Si je récapitule j’ai beaucoup aimé et admiré l’écriture mais j’ai été nettement moins convaincu par l’intrigue et le déroulement de celle-ci.

« Oh! Quand je pense que j’ai renoncé à mon ancienne vie d’épouse et que, en tant que femme sans profession et sans situation, je ne suis toujours pas libre… Quelle amertume ! On devrait me délivrer un permis pour jouer les filles de joie. Comme je regrette, comme je regrette, lança-t-elle violemment. J’ai commis une erreur en vous écoutant. Je suis de cinq ans votre aînée, je ne peux pas recommencer ma vie à zéro avec un jeune homme. J’en suis déjà passée par là avec Paul. J’ai envie d’autre chose. Seul le désir d’avoir un enfant me… et voilà que… on me l’interdit. Oh ! Comme je hais la société, comme je hais la prison qu’elle impose aux femmes ! » (p. 177)