L’autre Rimbaud. David Le Bailly

Je vais avoir du mal à parler de ce roman car je ne sais pas trop qu’en penser. Cela fait déjà deux – trois jours que je l’ai terminé, que j’y repense, que je rumine dessus mais mon avis ne parvient pas à se faire. Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais je ne peux pas dire l’inverse non plus; ce ne fut pas le coup de cœur absolu. Je suis donc mitigée.

J’aime la problématique de départ, partir de cette photo de famille où le frère d’Arthur Rimbaud, Frédéric, son aîné d’un an, a été effacé. J’aime ce postulat, s’intéresser à celui qui a grandit avec le futur poète, à celui qui a partagé les bancs de l’école et sa chambre d’enfant, s’intéresser à celui qui a été effacé et que la famille Rimbaud a évincé. Et en même temps, ce frère est-il vraiment si intéressant ? Pour moi, le problème est là, sa vie fut triste, laborieuse, solitaire… pas grand chose d’intéressant. Et pourtant (oui je sais, je ne suis qu’en paradoxe), ce roman nous en apprend beaucoup sur la famille Rimbaud et notamment le personnage de la mère, femme forte au caractère très autoritaire. C’est elle la clé de voûte de la famille. Le père est absent, elle élève seule ses quatre enfants, Frédéric, Arthur, Isabelle et Vitalie. Elle les élève avec fermeté. Elle ne leur donne que peu de signes d’amour et de tendresse de sa part. C’est plutôt glacial comme atmosphère chez les Rimbaud. Peu à peu, elle exclut Frédéric de la famille, elle le rejette d’une manière peu reluisante. Elle l’exclura des décisions à prendre quant à l’héritage d’Arthur, elle ne l’invitera même pas à l’enterrement… Frédéric sera longtemps considéré comme un idiot. La mère est un personnage cruel et on comprend mieux les fuites d’Arthur Rimbaud. Ce livre permet de réfléchir à différentes questions : peut-on grandir dans l’ombre d’un frère brillant ? peut-on trouver sa place dans une famille qui te hait ? comment se libérer d’un joug familial si oppressant ? Ce livre vient compléter magnifiquement le roman de Sarah Cohen-Scali, Arthur Rimbaud, le voleur de feu mais il m’a aussi rappelé le roman de Philippe Besson qui raconte davantage la fin de la vie d’Arthur Rimbaud, Les jours fragiles. Philippe Besson

Les Willoughby. Lois Lowry

C’est un roman assez étrange, je me suis sentie malmenée : au démarrage, je ne comprenais pas les intentions des personnages qui semblaient égoïstes, méchants, dépressifs… en un mot : inintéressants. J’ai poursuivi ma lecture et finalement ils se révèlent très différents.

Les Willoughby, ce sont quatre enfants, quatre enfants Tim, les jumeaux Barnaby A et Barnady B et Jane, quatre enfants abandonnés par leurs parents; c’est aussi un enfant dans un panier sur un perron de porte, un vieillard millionnaire vivant dans un taudis, une nounou cuisinière… un mélange savoureux (mais déroutant au départ).

L’écriture est très particulière : c’est truffé de références à la littératures anglaises, plus ou moins explicites : Heidi, Jane Eyre, Mary Poppins… et ça c’est très agréable ! C’est ce côté parodie qui m’a incité à poursuivre ma lecture. Et j’ai bien fait. A cela s’ajoute un humour noir et des personnages désopilants auxquels ils arrivent des aventures loufoques et des rebondissements improbables.

« Il était une fois une famille appelée Willoughby : une famille vieux jeu, avec quatre enfants. […] Ils habitaient une maison haute et étroite dans une ville ordinaire et faisaient le genre de choses que font es enfants dans les histoires vieux jeu. Ils allaient à l’école et au bord de la mer. Ils fêtaient leurs anniversaires. De temps en temps, on les emmenait au cirque ou au zoo, même si ça ne les intéressait pas tellement, sauf les éléphants. » (p. 10)

Brooklyn. Colm Toibin

Je vais essayer de ne pas faire comme sur la 4e de couverture et de ne pas en dire trop (ou de ne pas dire le principal !). Ce roman fut très agréable à lire même si l’histoire est triste (peut-être pas la lecture idéale en été).

Nous sommes dans les années 50; Eilis est une jeune Irlandaise. Prise en main par le père Flood, Elle se retrouve à New York où elle suit des cours du soir de comptabilité. Elle est logée chez Mme Kehoe qui loue plusieurs chambres à d’autres filles dans sa vaste demeure. La journée elle travaille comme vendeuse dans une petite épicerie mais les dimanches ont le goût salé, les soirées ce sont les cancans et les rumeurs de ses « amies » de chambre et puis surtout il y a la découverte de l’Amérique, de la mode américaine, de la vie américaine… et puis il y a le premier amour, Tony. Et puis un drame…

C’est un récit plein de rebondissements et de découverte, il y a des moments savoureux comme le récit de la traversée de l’océan, un délice, un de mes chapitres préférés. L’Irlande est toujours présente et évoquée, c’est bien la question de l’immigration que traite Colm Toibin. J’ai trouvé Eilis très touchante car elle est tiraillée entre sa nouvelle vie à New York et ses racines irlandaises, sa famille. J’ai senti qu’elle ne savait pas choisir, que les décisions qu’elle prend sont contradictoires car elle est seule. Elle ne se confie ni à Tony, ni à ses amies, ni à sa mère, ni à Jim… elle garde pour elle ses sentiments, ses doutes, ses craintes, ses espoirs et elle souffre de cette solitude. J’ai trouvé qu’Eilis manquait de liberté, sa vie est guidée par le souci de choisir les meilleures options possibles quitte à oublier ce que souhaiterait son cœur.

Hotaru. Aki Shimazaki

HotaruLe dernier volume de cette série… ❤ déjà un petit pincement au cœur d’avoir terminé cette saga familiale mais je pense que je les relirai car je suis persuadée qu’on y découvre autre chose à chaque lecture. Je ne reviens pas sur l’écriture de Aki Shimazaki, encore une fois j’ai été sensible à la poésie, la fluidité, la délicatesse et l’humanité de ces personnages qui sont touchants et tendres.

Comme je l’avais prédit, on retrouve Tsubaki et sa grand-mère Mariko, deux personnages centrales et dont j’aime la relation fusionnelle. Mariko Takahashi est alors une vieille dame qui a besoin de l’aide de sa famille pour vivre et c’est souvent sa petite-fille Tsubaki qui vient lui rendre visite. Elles parlent un peu mais Mariko a souvent des absences, des visions. Cette après-midi-là, alors que Tsubaki veut se confier à sa grand-mère, c’est celle-ci qui va lui faire des révélations surprenantes. La vieille femme raconte sa vie de femme, sa relation avec son mari mais pas seulement… elle évoque une liaison à la saison des lucioles, métaphore filée de ce volume. Marko raconte son histoire secrère, celle des avances pressantes faites par un de ses professeurs, des avances qui la troublent et dont elle ne se sent pas la force de résister. C’est l’histoire d’une innocence abusée par un homme plus âgé, sûr de sa force et de son emprise sur elle… une histoire qui trouve une résonance particulière en Tsubaki.

Le poids des secrets ce sont cinq petits livres, cinq petits bonbons qui renferment des secrets dérisoires ou terribles, des non-dits, des hontes dissimulées qui, malgré l’amour et les sacrifices bouleversent des existences et des générations, et en toile de fond plane la mort, à travers l’évocation de la bombe atomique et du tremblement de terre. Pour lire mes avis sur les volumes précédents, c’est ici : TsubakiHamaguriTsubame et Wasurenagusa

Wasurenagusa. Aki Shimazaki

WJe progresse dans l’histoire et je touche bientôt à la fin de cette saga familiale qui me plait tant. Voici l’avant-dernier volet… Cette fois-ci c’est sous l’angle de Kenji Takahashi que nous découvrons les secrets de cette famille, c’est le père adoptif de Yukio et le mari et Mariko qu’on a découvert dans les volumes précédents.

Dans ce tome, c’est son enfance qui est expliquée, sa relation avec sa nourrice Sono mais aussi ses relations avec ses parents. Il est le fils héritier de la famille Takahashi et il se doit de respecter les convenances dues à son rang. Mais après un mariage malheureux, il décide de prendre sa vie en main, de suivre son coeur et de se confronter à ses parents. Il choisit donc Mariko, jeune orpheline avec déjà un enfant et ils partent vivre à Nagasaki. S’en suivront les années de travaux forcés en Sibérie. Mais les années passant, et grâce à une rencontre il découvre une part de vérité sur ses origines…

Je ne m’étends pas plus, j’aime la douceur de cette saga. J’aime comment la romancière choisit de raconter cette histoire familiale, pas de réelle chronologie, elle choisit un personnage et raconte son histoire sans se soucier des retours en arrière ou des projections. On recroise des personnages évoqués quelques volumes avant. Pour autant je me sens un peu perplexe parfois face à un nom que je sais déjà évoqué mais dont je ne me rappelle plus le lien, l’histoire (d’autant que j’ai du mal à retenir les noms japonais). Parfois j’aurais aimé quelques passages plus linéaires. En revanche je pense qu’on peut lire chaque tome de manière indépendante (même si cela doit faire perdre de la saveur à cette construction romanesque). Une chose est sûre, je vais lire de ce pas le dernier volume mais je suis déjà triste de quitter cette plume !

Tsubame. Aki Shimazaki

TsubameJe poursuis ma série et ma lecture du Poids des Secrets avec ce tome, Tsubame (hirondelle en japonais). Je crois que c’est celui qui m’a le plus touché. Dans ce tome, j’ai découvert l’histoire de la mère de Yukio. Nous sommes en 1923, après le tremblement de terre, Yonhi, petite fille illégitime, se voit confiée à un prêtre, sa mère craignant les massacres de la communauté coréenne. Sa mère ne reviendra jamais. Je ne connaissais pas du tout ce pan de l’histoire japonaise. Yonhi doit oublier son origine coréenne, elle devient Mariko Kanazawa. Elle gardera de sa mère cette foi en la liberté, a liberté qui vaut tout, y compris de devoir nier ses origines et les cacher. Elle n’en parlera jamais à son mari, ni à son fils, ni à sa belle-fille, ni à ses petits-enfants mais le passé resurgit. Elle se souvient alors que sa mère lui a laissé une chose, son journal intime écrit en coréen, langue qu’elle a oublié… Mais la rencontre avec une coréenne va la faire réflechir à ce passé et elle osera demander à ce faire traduire ce journal… elle y élucide alors un élément fondamental de sa vie, l’identité de son père.

J’aime ce volume, des fils se nouent, d’autres se dénouent. les liens familiaux sont plus clairs dans mon esprit, on comprend ce « poids des secrets », je trouve que ce titre convient parfaitement à ce tome. Mariko porte ce poids, il est en elle, il est présent et elle s’interroge : doit-elle le garder son passé secret ? doit-elle en parler à son fils ? que faire de son secret, ses origines coréennes qui peuvent nuire à sa famille ? Le lien avec cette femme rencontrée par hasard est beau : de mêmes origines, leurs familles ont fait des choix différents… aucun ressentiment, beaucoup de compassions entre les deux vieilles dames, beaucoup de pudeur… j’ai aimé aussi le lien entre Mariko et sa petite fille Tsubaki (je sens qu’on va reparler dans les deux derniers volumes de cette petite fille et de son amie Yumiko) et puis enfin j’ai aimé la poésie de ce tome, les métaphores autour des hirondelles, les nombreuses références aux fleurs, la colline aux gentianes, les myosotis du grand-père… encore un volet que j’ai dégusté et toujours cette écriture fine, délicate, pudique…

Hamaguri. Aki Shimazaki

HamaguriVous vous souvenez, il y a quelques semaines je vous avais parlé de mon coup de cœur, Tsubaki, le premier volet de la pentalogie Le Poids des secrets. J’avais adoré et je m’étais promis que lors du déconfinement j’irai commander les autres. Je l’ai donc fait et j’ai profité de cette journée ensoleillée pour me replonger dans cette histoire. Au départ, j’ai eu un peu de mal à retrouver mes marques mais petit à petit, d’une manière très délicate mon cœur s’est mis à s’activer et je n’ai pas lâché les dernières pages. Pour être franche, dès ce soir, je vais lire la suite.

Dans ce volet, j’ai retrouvé la saveur du premier : délicatesse, pudeur, simplicité et cet art de la concision, de la phrase juste, du mot juste… On retrouve le personnage de Yukiko mais elle n’est pas centrale. Ici, c’est Yukio qu’on suit. Cet enfant illégitime grandit en solitaire avec sa mère. La petite fille voisine est son amie, ils ramassent des hamaguri, des palourdes afin de trouver des coquilles qui font la paire, ils discutent dans la forêt. Mais il doit la quitter, quitter cette âme-sœur pour aller vivre à Nagasaki, c’est là qu’il rencontre Yukiko et qu’il se confie sur ce premier amour. Ce roman suit donc le cheminement de Yukio de son plus jeune âge jusqu’à la vieillesse. Allez je vais lire la suite !

Les souffleurs de verre. Daphné Du Maurier

Les souffleurs de verreJ’ai retrouvé Daphné Du Maurier que j’aime bien mais ce roman n’a rien à voir avec les autres romans de la romancière. Ce n’est pas du tout l’ambiance anglaise qu’on y trouve. D’ailleurs la couverture de ma vieille édition le montre… nous sommes en France pendant la révolution française. C’est un roman que j’ai mis du temps à lire mais que j’ai aimé. Je trouve que la peinture du peuple y est intéressante (même si ce n’est pas réellement approfondie). La partie historique n’est pas développée, elle est évoquée parce que la vie des personnages y est associée mais il n’y a pas de grandes scènes de batailles de rue par exemple, c’est plutôt un ressenti de l’atmosphère de ces années si déroutantes, si agitées, si troublées qu’on trouve dans le roman.

Le point de départ est la rencontre en Zoë Duval et Louis-Mathurin Busson dont le père, Robert Busson Du Maurier, était graveur sur cristal. A partir de cette rencontre et de toutes les questions qu’elle implique, le récit se fait rétrospectif et c’est l’histoire de Robert et de sa famille qui est racontée. C’est l’histoire de la famille Busson, maîtres verriers sous les dernières années de l’ancien Régime qui est racontée. Daphné Du Maurier a donc tiré la trame de son roman dans ses origines françaises. On suit donc le parcours des enfants Edmée, la narratrice et les trois frères Michel, Pierre et Robert, souche des Du Maurier.

« Rappelez-vous qu’un verrier insuffle la vie à un objet, lui donne sa forme, son aspect et parfois sa beauté; mais il peut, d’un même souffle, le briser et le détruire. » (p.23)

J’ai beaucoup aimé ces premiers chapitres où la verrerie renommée est au cœur de l’histoire. La narratrice y évoque les maîtres verriers mais aussi les ouvriers et les domestiques ; elle insiste sur la famille que forme l’ensemble. C’est l’idée de communauté qu’on y trouve. Mais peu à peu dans cette campagne, les rumeurs sur des événements parisiens arrivent, les idées révolutionnaires gagnent la campagne. Les Busson sont des « privilégiés », des « maîtres ». Pierre, Michel et Edmée vont participer pleinement à cette révolution : « Il ne s’agit pas d’une simple émeute, comme l’affaire Réveillon. Ce qui s’est passé à paris va gagner tout le pays. C’est la Révolution. » Robert, séducteur un brin indépendant, suivra une autre voix faite d’échecs et de ruines répétitives, il préférera émigré à Londres et se construire une nouvelle vie.

« Le moment suprême, pour un souffleur de verre, est celui où il peut insuffler la vie et la forme à la bulle qui s’élargit et se façonne lentement devant ses yeux, ou la briser en mille fragments. c’est à lui de décider, c’est à lui de juger; pour mon frère, tout l’intérêt de la chose résidait dans cette décision qui faisait pencher la balance d’un côté ou d’un autre. » (p. 202)

L’aube sera grandiose. Anne-Laure Bondoux.

L'aube sera grandioseD’Anne-Laure Bondoux, je connaissais Tant que nous sommes vivants que j’avais beaucoup aimé (et que je conseille chaque année à mes élèves), alors quand j’ai commencé à voir des publications sur ce roman, j’ai été tout de suite très attirée. La couverture magnifique m’a encore plus donné envie et la 4e de couverture a achevé de me séduire.

« Malgré les souffrances qu’il lui avait infligées, elle voulait encore croire en des jours meilleurs, et en cette aube grandiose qu’il faisait naître avec des mots. » (p.227)

Ce roman, c’est avant tout une histoire de famille, celle de Titania qui raconte à sa fille Nine, l’histoire de sa famille. Alors que c’est le soir de la fête du Lycée, Titania emmène sa fille dans sa voiture jusqu’à une cabane à l’allure abandonnée au bord d’un lac dans la forêt. Titania a décidé de lui raconter son passé, un passé qu’elle a jusqu’à présent bien caché. C’est alors que commence une nuit de discussion mère-fille, une nuit de confidences, une nuit de révélations… et quand l’aube se lèvera, ce sera une nouvelle vie. Titania raconte donc son enfance, évoque son père et sa mère mais aussi ses frères, Orion et Octobre. Et les chapitres sont ponctués de dessins, très jolis. Cette histoire est fascinante, chaque chapitre se lit avec bonheur, chaque rebondissement est un délice, le suspens monte petit à petit. J’ai trouvé la fin très poétique et positive, un élan vers l’avenir, une fin solaire où un vent de liberté et de fraîcheur se fait sentir… Les personnages sont très attachants et tendres : la mère et la fille, face à face, ces révélations, ces interrogations, ces incompréhensions… une nuit si particulière fascinante et émouvante.

La pluie, avant qu’elle tombe. Jonathan Coe

Deuxième lecture pour le mois anglais… et deuxième belle découverte. De Jonathan Coe je n’ai lu que Le Testament anglais qui ne m’a laissé aucun souvenir mais voilà j’ai décidé de redonner une chance à cet auteur et j’ai eu raison.

La pluie, avant qu'elle tombeLe titre est très énigmatique mais très poétique, il est expliqué plusieurs fois dans le roman et j’aime quand les titres évoquent un passage du roman. La Pluie, avant qu’elle tombe raconte le parcours de 3 femmes ou plutôt devrais-je dire le parcours. Ca commence doucement et puis ça va crescendo. Gill apprend la mort de Rosamond, une vielle tante qu’elle n’a pas vu souvent. Mais voilà que Rosamond a laissé des cassettes enregistrées pour une mystérieuse Imogen… Après l’avoir cherché et avoir déposé des annonces dans les journaux, Gill ne la trouve pas, elle décide alors d’écouter les cassettes. C’est alors que la voix de Rosamond intervient : à partir de photographies qu’elle décrit, elle raconte ses souvenirs, ses quarante dernières années et elle remonte le passé d’Imogen : sa mère Théa et sa grand-mère. On suit alors avec passion et intérêt la vie de ses femmes, de ses trois générations : trois femmes tourmentées par la difficulté d’aimer, leur rôle de mères de famille… Jonathan Coe pose alors la question de ce qu’on laisse aux générations suivantes, la question de l’incidence de nos vies sur la génération suivante : y a-t-il un lien entre les générations ? y a-t-il une logique entre les destins de femmes issues d’une même famille ?

Ce roman est écrit avec beaucoup de délicatesse, de subtilité et de tendresse avec une progression parfaite vers la révélation finale. On entre, avec élégance, dans la vie intime de ces femmes et les derniers chapitres sont passionnants. J’ai donc renoué avec Jonathan Coe.