Les garçons de l’été. Rebecca Lighieri

IMG_5464Ma deuxième lecture des vacances, terminée hier, j’ai encore du mal à parler de ce livre qui m’a étonnée… il me hante encore, je l’ai dévoré et j’en ai rêvé chaque nuit. Il me suivait dans mes nuits, mes balades à la plage et mes baignades. Je ne sais pas à quoi je m’attendais mais pas du tout à ça !

Tout commence dans une famille qui m’a fort touchée. Mylène et Jérome forment un couple heureux, épanoui et qui a réussi. Dans leur demeure biarrote, ils ont elevé Thadée, leur aîné de 20 ans, Tchadée le cadet d’un an de moins et la petite dernière Ysé de 11 ans. Ysé est le personnage avec lequel j’ai au départ le moins adhéré, un peu farfelue et dans son monde, elle cultive ses plantes et vit en solitaire. J’ai tout de suite adoré les deux frères, leur complicité, leur physique (deux beaux surfeurs, blonds, musclés, sportifs 😉 et leur passion du surf. Tchadée (mon personnage préféré) est admiratif de son frère, considéré par beaucoup comme un dieu. Il vit dans l’ombre de celui-ci mais semble (au moins un temps) y trouver son compte. Il y a de nombreuses pages concernant le surf, son langage et son univers (univers qui m’est totalement inconnu) mais ce n’est jamais ennuyeux. Connaissant bien (et aimant) Biarritz, je suivais les phrases le long de la plage des Basques et sur les plages des environs.

« Je l’ai aimé. Comme je l’ai aimé, lui… ça non plus, je ne le retrouverais jamais, cet amour inconditionnel et pur qui me liait à mon ainé. Personne jamais ne m’inspirera autant d’admirations, autant de volonté éperdue d’imitation et de dévouement. il a été mon dieu – et pourquoi ne l’aurait-il pas été ? Je connais peu de gens qui n’aient pas été fascinés par Thadée. » (p.165)

Pour l’intrigue, je n’en dis pas plus sinon je dévoile tout et le livre perd tout son intérêt. Les frères si charmants vont être confrontés à un événement inattendus, leurs jeunesses et leurs rêves sont brisés nets. Le roman prend alors une tout autre tournure, quasiment angoissante. J’avais parfois le cœur qui battait durant ma lecture et je ressentais une légère inquiétude à l’idée de poursuivre cette histoire. Le style est assez étonnant, c’est parfois trash. Chaque personnage prend tour à tour le récit à sa charge, on entre alors dans l’intimité de chacun et on découvre ce qu’ils pensent les uns des autres. L’amour est décrit magnifiquement (j’ai adoré le couple que forme Tchadée et sa copine Cindy, je les trouvais très touchants et attendrissants) mais il y a aussi l’autre côté, celui qu’on préfère cacher mais qu’ici les personnages livrent. Les masques tombent peu à peu et les sentiments négatifs sont nombreux, entre les parents qui trouvent les copines de leurs progénitures ignares ou stupides, Ysé qui dénigre son frère ou le frère de la fameuse Cindy… c’est cru, direct et étourdissant ! Je reconnais tout de même que la fin du roman est un peu poussive et excessive, c’est mon seul petit regret.

« Mon beau chéri, mon bel amour… Oui, tu étais tellement beau, est-ce que tu sais ça ? Les premiers temps de notre histoire, j’étais presque écrasée par ta splendeur et par la conscience de mon indignité. (…)

Mon chevalier… Mais oui, c’est ce que tu étais et c’est ce que j’ai aimé passionnément chez toi. Ta noblesse, ton courage, ton innocence. Oui, ton innocence, et j’oserais même dire, ta pureté. Personne n’a su à quel point tu étais dépourvu de tous les vices ordinaires : l’égoïsme, la vanité, la mesquinerie, la jalousie… » (p.252)

Je n’en dis pas plus, j’espère vous avoir donné l’eau à la bouche parce que ce roman vaut vraiment le détour ! Grand coup de coeur de l’été !

Les garçons de l’été. Rebecca Lighieri. Edition Folio

Mimi Pinson, Alfred de Musset

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En ce moment, je rédige mes avis plusieurs jours après avoir terminé mes lectures…. alors c’est un peu dur surtout qu’un court « conte » a du mal à me captiver et j’ai du mal à m’attacher aux personnages.

Mimi est une grisette, figure de la vie parisienne du XIXe siècle, une coquette, petite main dans les ateliers de couture. Marcel la courtise et l’invite à une soirée avec son ami Eugène, très timide et réservé et ne fréquentant pas du tout les grisettes. Marcel aime ces jeunes filles, toujours joyeuses, toujours prêtes à chanter et à danser. Une histoire qui paraît donc légère mais Mimi n’est pas celle que l’on croit, elle n’est pas si frivole. Un petit conte pas si simple finalement mais parfait pour une petite pause lecture. Il est d’ailleurs resté sur ma table de nuit afin que je le lise tranquillement les deux autres contes du recueil.

challenge myself 2015

Le jardinier espagnol, A.J. Cronin

Le jardinier espagnolEn lisant la dernière ligne de ce roman et en le refermant, je suis bien triste… Ce fut une belle surprise que je viens de découvrir, je regrette déjà d’avoir terminé si vite cette lecture.

Harrington Brande, consul aux fortes ambitions, vit seul avec son fils, Nicolas, réservé et de santé fragile, il le surprotège. Nicolas est un enfant isolé jusqu’au moment où il se lie d’amitié avec le jardinier espagnol, José. Nicolas apprécie ce jardinier qui le considère comme un homme et le responsabilise. Nicolas s’épanouit, s’amuse, rit : il est heureux ce qui agace son père. J ‘ai profondément aimé cette relation amicale et tendre. Le père a peur que le jardinier ne prenne sa place. Cette jalousie devient une telle obsession qu’il interdit à son fils de parler au jardinier (ah quelle belle scène que celle du papier envoyé). Aveuglé par sa jalousie, manipulé par un domestique effrayant, conforté dans sa paranoïa par un médecin incompétent (qu’il m’a agacé celui-ci lors de la scène de l' »interrogatoire » avec sa volonté de plaquer ses idées sans même écouter Nicolas), le père prend alors les mauvaises décisions. Toutefois les dernières pages m’ont causé beaucoup de peine, certes le consul a commis de nombreuses erreurs (notamment celle de ne pas prendre en compte les paroles de son fils) mais il pensait faire au mieux pour son fils, il n’a pas compris ce qui était bien pour son fils.

J’aurais tant à dire sur ce roman (la montée du drame, l’absence de personnages féminins, la scène du train…) mais tout se mélange … en trois mots : très beau roman !

« Nicolas était muet de bonheur et n’hésita qu’un instant. il désirait de tout son cœur aller avec José et l’étreinte de cette main qui le soulevait aussi facilement qu’une plume balaya sa timidité, le réconforta. » (p. 29