Deux frères, Milton Hatoum

Deux frèresUn peu goût d’ailleurs pour cet étonnant roman : à défaut d’avoir des personnages étonnants (hormis Halim) l’histoire bouleverse et interroge sur la relation entre une mère et ses enfants.

Zana et Halim, d’origine libanaise, ont immigrés au Brésil. Nous sommes au début du XXe siècle et le Brésil connaît des chamboulements. Leur relation est belle, Halim séduit Zana (très belles pages d’ailleurs). Ils vivent une passion ardente et fusionnelle jusqu’à l’arrivée des jumeaux, Yaqub et Omar. Dès le début Zana ne cache pas sa préférence pour Omar. Les jumeaux grandissent en se dressant l’un contre l’autre. La question de l’éducation divise les parents alors ils prennent une décision radicale : Omar, le Petit-Dernier », restera à Manaus, choyé, chouchouté, idéalisé, lové par sa mère tandis que Yaqub partira cinq ans au Liban.

Zana m’a énervée à être si protectrice, si aveuglée avec Omar qui n’a aucune limite. Il a tous les droits et en profite largement sans tenir compte des conséquences pour sa famille. L’indifférence et la colère intérieure de Yaqub font de lui un personnage assez froid. On sent la haine due à l’injustice (les injustices) subie(s) mais rien ne sort vraiment. Il reste distant. Halim comprend mieux ses fils, voit les vraies natures mais il se tait et laisse Zana. Il en veut à ses fils de se déchirer autant, il est jaloux d’Omar qui accapare la femme qu’il aime tant.

Cette histoire de passion, de haine, de vengeance est racontée par le narrateur, le fils de la bonne qui tente de savoir qui est son père ; quel jumeau ? Nourri des confidences de Halim, le narrateur raconte la chute de cette famille.

Un roman étrange mais qui ne laisse pas indifférent.