Les inséparables – Simone de Beauvoir
(L’Herne)

Lorsque Les Classiques, c’est fantastique mettent à l’honneur l’amitié, j’ai tout de suite pensé à ce roman de Simone de Beauvoir ; le titre même célèbre l’amitié. Ce surnom fut donné à Simone et Zaza par des professeurs. Alors il s’agit bien d’un roman mais l’inspiration autobiographique y est très forte. D’ailleurs, c’est drôle, j’ai eu l’impression de relire les Mémoires mais avec un autre règle, avec davantage de précision et puis les prénoms ont changé. Même si la narratrice parle à la première personne, c’est Sylvie (et non Simone) qui raconte cette amitié si extraordinaire avec Andrée. On retrouve dans ce texte l’éducation bourgeoise contre laquelle Andrée se dresse et qu’interroge Sylvie dans un premier temps, beaucoup moins avancée dans la révolte et la remise en cause que son amie. Andrée rêve de jeter tous les carcans, elle rêve d’émancipation et se heurte aux bien-pensants et surtout à ses parents. On retrouve donc toutes les thématiques abordées dans les Mémoires d’une jeune fille rangée.

Je me sens bien dans la plume de Beauvoir, j’aime la lire. Je trouve les mots reposants et touchants. C’est une relation fusionnelle et passionnée: « Nous disions des banalités, comme de grandes personnes ; mais je comprenais soudain, avec stupeur et joie, que le vide de mon coeur, le goût morne de mes journées n’avaient eu qu’une cause : l’absence d’Andrée. Vivre sans elle, ce n’était plus vivre. » (p.41). Au fur et à mesure, la relation va s’équilibrer, Andrée aura de plus en plus besoin de Sylvie et la correspondance entretenue par les deux jeunes filles est d’une élégance rare.

« On m’avait appris que je devais aimer également papa et maman : Andrée ne cachait pas qu’elle préférait sa mère à son père. » (p. 34) : voilà ce que cette rencontre permet, Sylvie s’interroge sur son éducation, sur les relations amoureuses, sur l’émancipation féminine. C’est en cela (je pense) que cette relation amicale fut déterminante pour la construction de Simone de Beauvoir. On sent dans ce roman (mais aussi dans les Mémoires toute l’admiration de Simone pour Zaza).

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4 commentaires sur « Les inséparables. Simone de Beauvoir »

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