Né d'aucune femmeJe ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec ce roman à la couverture si particulière. J’en suis ressortie chamboulée, c’est un roman très fort. Je l’ai terminé il y a plusieurs semaines et cette impression demeure. C’est un roman qui continue de tournoyer dans ma tête, c’est un roman vibrant parce que la vie de Rose est tellement poignante. C’est un roman dans lequel la noirceur m’a surprise, c’est un roman dans lequel je me suis laissée surprendre par la violence, la folie des hommes et en même temps cette beauté des mots et de l’écriture.

Né d’aucune femme est le récit bouleversant de Rose. Petite fille de la campagne, elle vit avec ses trois sœurs et leurs parents une vie de paysanne simple. Mais la misère est là. Rose est vendue pour quelques pièces par son père. Une nouvelle vie l’attend aux Forges. Rose raconte ce qu’elle vit aux Forges, elle travaille, elle subit son sort sans comprendre qu’elle a été vendue. Elle est confrontée à la violence des adultes, à la cruauté, à l’innommable. Rose se réfugie dans un couvent où elle écrit sa vie, l’écriture lui permet de se soulager, d’apaiser son esprit et son corps qui ont tant souffert. Elle réfléchit à la question de la maternité, s’interroge, pose des mots sur sa douleur.

« Devoir un jour emmener ma fille au cimetière, avant que j’y sois rendue, ça, je pourrais jamais le supporter.

C’était rien qu’un stupide accident, tout va bien maintenant…

Une mère, c’est fabriqué pour s’inquiéter, y a rien à faire contre. »

Ce roman c’est donc Rose, mais aussi Gabriel le prête qui récupère le manuscrit de Rose, qui lit mais c’est également Edmond, le colosse fragile et émouvant.

Avec Né d’aucune femme j’ai découvert une oeuvre vibrante et une écriture, une plume sensible, poignante, sombre, une écriture que je ne suis pas prête d’oublier.

« Il m’a saisi le poignet, m’a déplié les doigts un par un, puis il a déposé le couteau dans ma main, et a replié mes doigts par-dessus, tous à la fois ce coup-ci. Je me suis lassé faire. Il a lâché mon poignet. Je savais pas quoi dire. Je comprenais pas ce que signifiait ce cadeau qu’il me faisait, pas un outil, plutôt une arme pour me défendre, et ça m’a noué encore un peu plus la gorge. Ce n’est pas de moi qu’il faut te méfier, petiote, c’est pas de moi, il a répété avant de tourner les talons. » (p.90)

2 commentaires sur « Né d’aucune femme. Franck Bouysse »

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