Frères d'exil 1Voici un petit roman reçu dans mon casier il y a quelques temps mais il m’a tout de suite attiré parce que j’ai trouvé l’édition très jolie, les dessins de Tom Haugemat splendides et le texte très attirant.

En ce dimanche pluvieux, j’ai pris quelques heures pour lire ce court roman qui traite d’un sujet intéressant : l’exil des populations face à la disparition de leurs terres à cause de la montée de l’eau. La dimension écologique n’est pas fortement accentuée mais elle est présente et je pense qu’elle est traitée de manière très intéressante pour les élèves. La question des réfugiés climatiques va devenir de plus en plus présente dans les années à venir. Je proposerai d’ailleurs ce roman l’an prochain à mes élèves (peut-être en lien avec Céleste, ma planète de Timothée de Fombelle). Le cœur de l’histoire c’est l’immigration humaine, celle d’une petite fille Nani qui doit fuir son île vouée à disparaître. Elle doit tout laisser derrière elle, y compris ses grands-parents, le grand-père handicapé ne peut pas se déplacer et sa grand-mère est trop amoureux pour se séparer. Nani, huit ans, doit partir avec son père Janek et sa mère Youmi. Il pleut sans discontinuer et ils doivent rejoindre le port où des bateaux doivent venir les chercher. Mais avant Enoha, le grand-père confie trois objets à sa petite fille : une pierre, un oiseau et des lettres. Ce sont les lettres du grand-père qui parsèment le texte. Elles sont écrites sur des pages bleues, je trouve ça très bien pour la compréhension des jeunes lecteurs (et en plus c’est joli).

J’ai trouvé ce roman très poétique. L’écriture est sensible, la scène d’adieu très émouvante. Kochka ne sombre jamais dans le pathos, il y a beaucoup de pudeur et de retenue. On suit cette petite famille depuis son départ mais aussi lors de sa traversée qui la mène jusqu’en Europe où elle est accueillie. A faire lire à nos petits élèves !

« Il y a des moments dans la vie où ce qu’on croyait solide s’effondre. Alors il faut faire son bagage. Où que la vie t’emmène, Nani, n’oublie jamais d’où tu viens, mais va ! »

« Si les gens du continent peinent à nous accueillir parce qu’ils craignent nos différences ou qu’ils ont peut de partager leur espace et leur nourriture, montrons-leur que nous avons autant à leur apporter qu’à recevoir d’eux. Montrons-leur que nous leur ressemblons. Nous arrivons démunis parce que le ciel nous a tout pris, mais nous ne sommes pas des mendiants. Nous arrivons en frères libres et dignes, riches de tout ce que nous avons vécu jusqu’ici et riches d’être encore vivants. « 

 

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4 commentaires sur « Frères d’exil. Kochka »

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