Chagrin d'école 1Chagrin d’école fut une relecture, un besoin de retourner à ce livre dont je me souvenais sans vraiment me souvenir. Je me souvenais m’être retrouvée souvent dans les mots de Pennac tout en étant en plein accord avec ses propos. L’histoire avec Daniel Pennac a commencé pour moi en 3e avec La Fée Carabine… je me rappelle mon étonnement devant la langue vulgaire présente… alors comment ne pas souvenir lorsqu’il l’évoque dans cette oeuvre.

Mais Pennac c’est aussi cet élève, ce cancre qui ne comprend pas grand chose et qui finalement devient prof: « la vraie nature du « ça » résiderait dans l’éternel conflit entre la connaissance telle qu’elle se conçoit et l’ignorance telle qu’elle se vit : l’incapacité absolue des professeurs à comprendre l’état d’ignorance où mijotent leurs cancre, puisqu’ils étaient eux-mêmes de bons élèves, du moins dans la matière qu’ils enseignent ! » (p.296) J’ai beaucoup aimé la réflexion de Pennac autour de la difficulté d’enseigner et d’appréhender l’élève en difficulté. La métaphore de l’élève-oignon est très éclairante et tellement vraie : chaque élève arrive ses couches « de chagrin, de peur, d’inquiétude, de rancœur, de colère, d’envies inassouvies, de renoncement furieux »… les élèves arrivent avec ce « fardeau » (p.70) qu’il faut poser afin de pouvoir commencer à apprendre. La réflexion autour de la douleur de ne pas réussir est tellement vrai (et souvent on oublie cette souffrance). Il utilise son passé de cancre pour enseigner. Sans être cancre, je n’étais pas une « bonne » élève, je luttais, je m’efforçais de bien savoir sans avoir compris comment m’y mettre mais, et Pennac a raison « Il suffit d’un professeur – un seul ! – pour nous sauver de nous-mêmes et nous faire oublier tous les autres. » phrase si vraie si je me souviens de Mme Garnier et de ses cours de littérature en seconde et première… elle m’a quitté dans ma voie, j’admirais ses cours ! 

Chagrin d'école 2A la fois autobiographie (puisque Pennac part de ses souvenirs) et essai (puisqu’il propose une réflexion sur son métier), Chagrin d’école fut une relecture nécessaire.  J’ai beaucoup repensé à mes dix années d’enseignement, à mes années en REP+, à cette ferveur et à cette émulation, à tous ces élèves, à ce que j’ai « tenté »… Pennac est passionné par son métier, ses élèves, il fait tout pour leur donner le goût de l’effort et de l’apprentissage, pour que chacun progresse. Chagrin d’école est une ode aux professeurs, une ode aux élèves et à ce métier que j’aime tellement !

« Gardons-nous de sous-estimer la seule chose sur laquelle nous pouvons personnellement agir et qui, elle, date de la nuit des temps pédagogiques : la solitude et la honte de l’élève qui ne comprend pas, perdu dans un monde où tous les autres comprennent. » (p.41)

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