les-braises

Ma deuxième lecture de Sandor Marai fut un succès. L’écriture est belle, subtile, gracieuse. Les Braises est un roman psychologique intense. A plusieurs reprises mon cœur s’est serré : étonnement, consternation, doute, incompréhension… beaucoup d’implicites dans le récit mais au fil de la conversation (et des pages tournées) tout se confirme.

Henri, général de l’armée impériale à la retraite, vit dans son château avec sa vieille nourrice Nini. Une lettre annonçant la venue de Conrad, son ami d’enfance et son condisciple de l’école militaire, vient bouleverser son isolement. Après quarante et un ans sans se voir et surtout une disparition inexpliquée, la confrontation entre les deux hommes (devenus vieillard) s’annonce intense. Au cours d’un dîner comme autrefois les-braises-sac(même menu, même vaisselle, même détail décoratif que lors de leur dernier repas), les deux amis parlent,surtout Henri.Le général veut découvrir la vérité (mais on ne sait à quel sujet). Finalement, dans un monologue plus qu’un dialogue, des révélations sont faites, plusieurs vérités sont annoncées… tout se retourne, change sans que les protagonistes s’en offusquent. Ils demeurent calmes et dignes. Tour à tour sont détaillé leur première rencontre, leur adolescence, leur amitié, l’ombre de Christine qui plane. Pour Henri c’est surtout l’occasion de comprendre ce qu’il n’avait pas compris sur leur relation. Les années ayant passées, le général questionne Conrad sans attendre véritablement de réponse. Le fait de prononcer ses doutes suffit à lui faire comprendre qu’ils sont vrais.

Au bout de cette nuit où les bougies des candélabres se sont éteintes, les vieils hommes au traits tirés sont fatigués néanmoins cette ultime conversation fut nécessaire, elle fut une confession, un apaisement des consciences et des cœurs.

« Ayant une grande affection l’un pour l’autre, ils se pardonnaient leur défaut capital : Conrad à son ami pardonnait sa fortune et le fils de l’officier de la Garde à Conrad, sa pauvreté. » (p. 57)

« N’oublions pas que l’amitié n’est pas uniquement un état d’âme respectable, mais une stricte loi humaine. […] Cette loi de l’amitié survit dans le cœur des hommes, aux passions et à l’égoïsme ; elle est plus forte que la passion qui pousse irrésistiblement hommes et femmes à se joindre.  L’amitié ne peut être déçue puisqu’elle ne réclame rien. » (p. 140)

Les Braises m’a accompagné le temps d’une escapade en Hongrie. Débuter en avion, terminer dans le vol retour, il a suffit dans mon sac mon court périple. Les premiers chapitres sont envoûtants : Qui est Henri ? Pourquoi vit-il retiré dans son château ? Qu’attend-t-il de sa rencontre avec Conrad ? Le temps de cette escapade j’ai été imprégnée par cette lecture. Que j’ai aimé ce texte si beau et si surprenant. Une plume que je relirai très certainement et avec grand plaisir (j’ai déjà noté plusieurs autres titres) !)

4 commentaires sur « Les Braises, Sandor Marai »

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