Dame aux camélias

Ce roman est troublant : par son style (très épuré, très beau), par sa construction (un récit proche de la confession), par son intrigue (très classique, une histoire d’amour, mais originale et touchante), par son histoire (un roman à clé inspiré par la courtisane, Marie Duplessis, adorée du tout-Paris et de l’auteur lui-même qui a dû renoncer à elle par manque de richesse ; un drame qui a ensuite inspiré Verdi pour son opéra, La Traviata).

Dès le début on connaît la destinée de Marguerite ; son histoire est narrée par Armand au narrateur. La Dame aux camélias, sublime surnom pour la courtisane Marguerite Gautier, est adorée et entretenue par de riches amants. Lorsque Armand Duval la voit à l’opéra puis la rencontre brièvement, il est charmé et intimidé par cette femme qu’il ne parvient à l’oublier. Cette femme entretenue  ne peut compter que sur ses amants pour assouvir ses envies et ses caprices, impossible donc de prendre un amant pauvre tel Armand Duval mais quand l’amour s’en mêle cela peut conduire à des drames. Cette histoire d’amour est belle car sincère et impossible. Marguerite se voudrait indépendante, quant à Armand il ne supporte pas l’idée qu’elle soit entretenue par d’autres, il veut en être capable.

C’est un texte très riche que je trouve aussi très puissant. Armand est parfois (souvent) excessif d’amour mais il est émouvant car éperdument amoureux. J’ai senti Marguerite enfermée dans son rôle, elle aspire à une autre vie mais ne s’y résout. Au départ elle paraît capricieuse et arrogante mais elle est finalement un personnage tragique et malheureux. Elle est condamnée à être une courtisane. Dans le récit d’Armand on suit les errements du cœur, les quelques moments de bonheur mais on découvre surtout la tragique destinée de Marguerite réhabilitée par l’amour. Ce portrait est délicatement dressé par Armand, amant souffrant et endeuillé.

« Si fort que l’on aime une femme, quelque confiance que l’on ait en elle, quelque certitude sur l’avenir que vous donne son passé, on est toujours plus ou moins jaloux. Si vous avez été amoureux, sérieusement amoureux, vous avez dû éprouver ce besoin d’isoler du monde l’être dans lequel vous vouliez vivre tout entier. Il semble que, si indifférente qu’elle soit à ce qui l’entoure, la femme aimée perde de son parfum et de son unité au contact des hommes et des choses. Moi, j’éprouvais cela bien plus que tout autre. Mon amour n’était pas un amour ordinaire ; j’étais amoureux autant qu’une créature ordinaire peut l’être, mais de Marguerite Gautier, c’est-à-dire qu’à Paris, à chaque pas, je pouvais coudoyer un homme qui avait été l’amant de cette femme ou qui le serait le lendemain. »

Challenge Gé

C’était une relecture  faite dans le cadre du challenge Myself 2016 organisé par Romanza.

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5 commentaires sur « La Dame aux camélias, Alexandre Dumas fils »

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