Premier amour1

Premier roman de Sandor Marai, écrivain hongrois, Le Premier Amour est le journal intime d’un professeur de latin. Après vingt huit années passées dans l’enseignement, le professeur ressent le besoin d’une pause, il se sent « malade de l’âme ». C’est lors d’une cure thermale qu’il retrouve son carnet dans lequel il se confesse et livre souvenirs et réflexions. Ce professeur de latin mène une vie monotone, solitaire. Il a besoin d’aimer, d’aider, de combler un vide. Il raconte ses souvenirs et sa dernière année d’enseignement dans laquelle il est confronté à une classe mixte. Cela lui pose problème, il se sent gêné, il n’ose s’intéresser aux élèves féminines, ne sait pas comment se comporter, les évaluer… Il considère cette mixité comme néfaste. Dans son besoin d’aider, le vieil homme va se prendre d’affection pour un étudiant modeste, Madar, petit ami d’une des filles de la classe, Margit Cserey. Au fur et à mesure des confessions du professeur, celui-ci prend conscience d’une métamorphose. J’ai senti également ce changement, j’ai senti poindre un malaise progressif, celui du premier amour si violent, si interdit qui entraîne tant de jalousie et de troubles.

Premier amour2« L’amour que l’on peut éprouver envers une femme entraîne trop de complications. Je crois qu’il est impossible d’aimer une femme comme ça, simplement. Il faut donner davantage. Et le temps des amours n’est plus de mon âge. Je suis passé à côté de ce temps-là.

Qui aimer alors ? » (p. 130)

Dans une écriture qui m’a rappelé parfois Stefan Zweig, Sandor Marai explore les états d’âme d’un homme qui se cherche. Ce journal intime devient alors le témoin d’une crise, celle d’un amour impossible. J’aime la forme du journal intime, elle permet de découvrir réellement un personnage. C’est un style épuré. Pendant ma lecture, je me suis souvent demandée où Sandor Marai m’emmenait mais je me suis laissée guider, j’étais bien dans ce roman où je regrette seulement la fin un peu abrupte (mais en même temps si intense !).

Premier amour3« Cette sympathie pour elle m’occupe. Ce n’est pas du côté des élèves que je m’attendais à trouver quelqu’un envers qui j’éprouverais une telle sympathie. Timar avait raison : il faut aimer quelqu’un ; cette expression est peut-être trop forte, il suffit de trouver quelqu’un de suffisamment sympathique pour donner soudain plus de sens au quotidien. Cette sensation de vide et d’attente, si lourde, si pénible a disparu. Le matin, je me réveille de bonne humeur, je sens que la journée a un but, comme s’il avait réglé une affaire ou comme si on avait la perspective d’une visite agréable. » (p. 264)

Une lecture partagée avec mon amie Romanza, vous pouvez lire ici son très beau billet.

12 commentaires sur « Le Premier Amour, Sandor Marai »

  1. C’est un écrivain que je me promets de lire depuis longtemps, j’ai d’ailleurs un autre de ses livres dans ma PAL. Je ne connaissais pas ce titre ou du moins, le résumé ne me rappelle rien. Merci pour cette jolie invitation à la lecture…

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    1. Je viens de le terminer. Alors vite, je me précipite sur ton blog pour en lire ta critique ! J’ai aimé ce livre. La 4e de couverture et le titre te font t’imaginer qu’il s’agit d’un roman d’amour mais ce n’est, selon moi, vraiment pas cela. On attend très longtemps avant que l’histoire d’amour apparaisse et je me suis longuement demandé qui était vraiment l’objet de son amour. Effectivement, on sent le malaise poindre, le personnage bascule. J’y ai également trouvé la thématique de la folie. Et évidemment, ça rappelle de belles lectures de Zweig !

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