Collier de la reine

Alexandre Dumas appartient, pour moi, à ces grands auteurs que j’aime retrouver régulièrement parce qu’ils m’enchantent toujours (comme Zola, Maupassant, Dickens, Zweig…). Il a cette force et ce talent de m’entraîner dans l’Histoire (même si tout n’est pas historique puisque Dumas, en 1849, ne dispose pas de tous les éléments). L’affaire du collier de la reine éclate en 1785, c’est une escroquerie éclaboussant la réputation de Marie-Antoinette et ayant pour victime le cardinal de Rohan.

Dès le prologue, Dumas fait éclater ses talents de romancier : lors d’un dîner chez Richelieu, le comte Cagliostro lance des prédictions funestes aux différents invités. On entre immédiatement dans l’Histoire avec cette galerie de personnes ayant réellement existées mais aussi dans le romanesque. Vient ensuite une fresque éblouissante de Paris gelé, des congères, de la glace, des fiacres qui dérapent, du patinage à l’étang des Suisses de Versailles pour la Cour, des traîneaux…un contraste saisissant entre ces « loisirs monarchiques » et le peuple parisien qui meurt de faim et de froid. Un Paris dans lequel on découvre la reine emmitouflée et cachée qui erre avec Andrée de Taverney, future comtesse de Charny. C’est alors qu’intervient le collier pour la première fois, cadeau du roi Louis XVI à sa femme.

« Alors, avec un sourire plein de bonté, le roi fouilla dans sa poche, en y mettant cette lenteur qui double la convoitise, cette lenteur qui fait trépigner d’impatience l’enfant pour son jouet, l’animal pour sa friandise, la femme pour son cadeau. Enfin, il finit par tirer de cette poche une boîte de maroquin rouge artistement gaufrée et rehaussée de dorures. » (p. 145)

Malgré la beauté de ce collier, la reine refuse le présent devant son luxe et face à la situation du pays, elle préfère que le roi utilise son argent (celui du royaume) autrement qu’en futilité.

« Je refuse de me pendre un million, […] et je refuse de pendre à mon cou un million et demi quand les coffres du roi sont vides, quand le roi est forcé de mesurer ses secours et de dire aux pauvres : « Je n’ai plus d’argent, Dieu vous assiste ! »  » (p. 149)

Malgré les bonnes intentions, son désir et son envie sont réels. La comtesse de La Motte l’a bien remarqué. Après différentes tractations, la comtesse persuade alors le Cardinal de Rohan de l’offrir à la reine afin d’obtenir ses faveurs. Marie-Antoinette accepte en s’engageant à le payer elle-même aux joaillers Boehmer et Bossange. Mais le roi (involontairement) et le comte Galiostro (indirectement) empêcheront la reine de solder son prêt courant ainsi à sa perte.

« La reine m’a dit qu’un vaisseau vaut mieux que des joyeux. La reine pense que si la France emprunte pour nourrir ses pauvres, nous autres riches nous devons prêter à la France. Donc, si la reine a besoin de cet argent, son mérite sera plus grand de l’attendre. » (p. 628)

Impossible de raconter les multiples intrigues de la cour et les affaires de cœur qui se jouent dans ce roman foisonnant. Chaque personnage intervient selon ses propres motivations, parfois égoïstes ou hypocrites. Dumas montre ainsi une monarchie à bout de souffle, prête à tomber où certains manœuvrent pour ternir la réputation de Marie-Antoinette et celle du roi.

Une incroyable fresque historique lue dans le cadre du Challenge Myself de  Romanza. Merci ma copine, sinon je crois que je n’aurais pas osé ouvrir ce pavé. Et j’ai déjà mon idée de Challenge pour l’an prochain !

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