Sa Majesté des Mouches

Ce roman est souvent classé dans la littérature pour la jeunesse, je ne sais pas si j’aurais davantage aimé jeune, une chose est sûre, la violence et l’agressivité m’auraient choquée. En revanche je pense qu’il est passionnant à étudier pour/avec des élèves.

Au départ le ton est plaisant, la lecture semble légère, un récit d’aventures où on retrouve quelques fondamentaux. Des enfants s’échouent sur une île déserte après la chute de leur avion pendant la guerre. Deux enfants émergent du groupe de survivants : Ralph et de Porcinet. Leurs portraits, construits en opposition, m’ont amusée : au blond, grand, débrouillard, sportif, plongeant et nageant parfaitement s’oppose un enfant souffrant de surpoids, d’asthme et de myopie qui sera vite la risée de ses camarades ; finalement ce sera lui le plus sensé (mais personne ne s’en rendra compte). Très vite les enfants décident d’adopter des règles et un chef. Ralph l’emporte de peu sur Jack, qui prend la tête des chasseurs. Quelques scènes amusantes comme celles des peintures sur le visage mais tous ses clichés prennent peu à peu une autre teinte : ainsi fardés les enfants se sentent des « sauvages » et perdent toutes notions de bien et de mal. Dans la deuxième partie du roman, le ton change. Le conflit entre le désir de vivre en paix en respectant des règles et un code moral se heurte à l’instinct d’établir sa domination personnelle. Ce qui semblait un jeu devient un affrontement violent entre deux clans qui luttent et qui font régner le chaos sur l’île. Jack se révèle violent et excessif, Ralph davantage raisonné et équilibré. Certains inventent un monstre terrorisant les petits, mais ce monstre symbolise en réalité celui qui habite en chacun de nous ; la cruauté apparaît alors sur l’île. Ce roman est donc tragiquement violent. Il ne faut pas oublier le contexte de publication : Golding le publie en 1954. Il est donc évident qu’il fait référence ici à la barbarie de la seconde guerre mondiale.

Un roman d’aventures certes mais une réflexion intéressante sur les sociétés humaines.

Un commentaire sur « Sa Majesté des Mouches, Golding »

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